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 Un dragon sous le sable (pv le Maître)

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Maeldan Laogaï
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MessageSujet: Un dragon sous le sable (pv le Maître)   Mar 16 Aoû - 18:20

Sortir de l’ombre quand on y avait vécu si longtemps avait quelque chose d’effrayant la première fois. On pouvait connaitre le monde par cœur à force de l’avoir lu dans les pages arides des livres d’une bibliothèque, le voir et le sentir en vrai donnait une toute impression de ces lieux décris avec tant de précision. Jamais un ouvrage, aussi beau soit-il, ne pourrait capturer en ses lignes toute la beauté du paysage qui s’étendait sous ses yeux. Les dunes de sable à l’infinie, fouettées par le vent chaud du désert qui emportait avec lui des milliers de grains de sable. Et de grain de sable en grain de sable, la dune avançait. Le désert se déplaçait, comme un seul et unique être doué de vie. Tout ceci bien sûr n’était rien de plus qu’une illusion. Mais quelle beauté, quelle merveille ! Bien que par un étrange coup des esprits ce désert ci soit aussi froid que les glaces du nord. Pourtant il y avait le sable, le soleil assommant, et pas une goutte d’eau à la ronde. Le désert dans toute l’idée qu’on s’en faisait.
En cette nuit naissante, le froid se faisait plus mordant encore qu’à l’accoutumée. La lune était pleine, illuminant le désert de sa lumière blafarde. Mais dans le ciel noir couvert de nuage, pas une étoile ne perçait. On avait l’impression d’être face à un paysage surréel, un paysage de mort. Ne manquait que les tombes. Elles n’étaient pas là, mais les morts si. Enfuis sous le sable, les soldats morts lors de la guerre qui détruisit Dräshm. Quelles histoires ces âmes pouvaient avoir à raconter ! Oh si seulement il lui était donné de les questionner, sans doute aurait-il appris des tas de choses intéressantes. Si seulement il avait été présent, si il avait pu les voir de ses propres yeux.

Mais de ce temps passé, de ces glorieux guerriers, il ne restait aujourd’hui que les ruines d’une ville peu à peu mangée par le sable. Un site touristique où se pressaient chaque jour nombre de personnes venues assouvir leur cupidité. Car ici l’or dormait à même le sol. Déplorable de les voir tous agglutinés ici dans le fol espoir de piller les trésors des anciens habitants de la ville. Parmi eux, combien possédaient une âme suffisamment pure pour ne venir en ces lieux qu’afin d’assouvir leur soif de connaissance ? Le Maître avait raison, trop rares étaient les Hommes digne de comprendre leur noble dessin. Et pour cela, parce qu’ils n’étaient qu’ignorance, ils se liguaient contre lui.
Le froid traversa ses vêtements pourtant épais, venant lécher sa peau qu’il avait claire. Le jeune homme ne le ressentait pas, ce qui ne l’empêcha pas, par jeu, de faire sortir de la fumée par son nez. Assit sur les reste d’une chaumière, ses jambes se balançait dans le vide. De l’habitation il ne restait plus que les quatre murs, dont l’un, éventré, laissait passer les jambes du jeune homme lorsqu’elles se balançaient. Un petit lézard escalada la pierre effritée par le temps, hochant la tête lorsqu’il tomba sur l’étrange créature perchée dessus. L’animal s’enfuit dès que le jeune homme tendit le doigt vers lui. Il n’était pas n’importe qui ce garçon, cet enfant pourrait-on dire. Et si ce soir il se tenait bien sagement assit, c’est parce qu’il attendait.
Ce soir la lune serait témoin d’un bien étrange spectacle. L’homme le plus redouté de Zërya, se montrant doux et avenant envers un être vivant, envers un enfant. Car même si de l’adulte il possédait l’apparence et la mentalité, en présence de cet homme là, il n’était plus qu’un enfant. Un quémandeur d’attention et de tendresse, d’approbation et d’amour. Le Prince du Feu patientait depuis longtemps déjà. Depuis avant le coucher du soleil. Ses cheveux bruns aux teintes noirs tombaient sur son visage, dissimulant la cicatrice sur sa joue et ses yeux d’or. A son poignet cliquetait parfois un bracelet d’argent sur lequel, inscrit dans la langue des Esprits, on pouvait lire l’inscription suivante : « Maeldan ». Son nom, son essence, ce qu’il était. Le Prince du Feu. Le fils du seigneur incontesté de cet élément, Nërio, le Dragon. Mais de cet enfant la Flamme de toute vie ignorait l’existence. Maeldan vivait caché dans l’ombre depuis des années.

Un bruissement attira l’attention du jeune homme qui releva la tête. Toujours perché sur son mur, il fixait l’obscurité, la transperçait de ses prunelles de lumière pour y voir se découper une silhouette. Enfin il arrivait. Son maître, celui qu’il aimait par-dessus tout, l’homme pour qui brûlait sa vie, son cœur et son âme. Maeldan descendit d’un geste souple et silencieux du gravât, avança d’un pas, un sourire radieux aux lèvres. Lorsqu’il eut la certitude qu’il s’agissait là du Maître, il s’élança vers lui et l’enserra de ses bras à la force plus développée que celle d’un humain.

-Vous voilà enfin Maître ! J’ai cru que vous m’aviez oublié.

Il enfouit son visage dans les vêtements sombres. Tout ce qui c’était passé avant ce moment, cette journée, plus rien n’existait ou n’avait existé. Ce jour commençait vraiment avec l’apparition du Maître de Mirror.

-Comme vous me l’avez demandé Maître j’ai veillé toute la journée devant l’entrée du souterrain menant aux archives du désert. Personne n’y est entré encore. Vous pensez qu’on va y découvrir quelque chose ?


Le mois dernier, une équipe de Mirror postée dans le désert avait découvert que sous les ruines de Dräshm dormait une salle encore inexplorée, profondément enfouie sous terre. Protégée par des sortilèges et sans doute quelques créatures sorties d’un autre âge, le Maître avait fondé de grands espoirs sur cette découverte. Son exploration s’avérant tout naturellement dangereuse, ce fut Maeldan qu’on désigna. Seul le bébé dragon pouvait ce risquer à pareille expédition sans rien craindre.
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MessageSujet: Re: Un dragon sous le sable (pv le Maître)   Dim 21 Aoû - 12:57

Pour une fois qu’une expédition s’avérait concluante, il fallait que ce soit à Dräshm, une de ces villes détruites par Rayör, une seule parmi tant d’autre. Alsmëus, sa terre natale, était loin d’être celle qui avait été la plus épargnée par tous ces massacres puériles qui auraient pu être évités. Mais ce désir de puissance, de toujours tout posséder, mènerait un jour les hommes à leur perte, de ça le Maître en était certain. C’est pour cela qu’il devait réagir, empêcher ces royaumes de pousser leur cupidité au moins de tuer d’autres innocents dans le seul but d’assouvir leur soif de pouvoir.

Pour cette exploration plus approfondie, l’homme au masque décida de s’y rendre lui-même, ne réquisitionnant que Maeldan en guise de soutien. On ne savait pas ce qui se cachait sous ces ruines millénaires, et il ne souhaitait pas prendre le risque de mettre ses alliés en danger. Seul le jeune dragon était capable de survivre à tout, il en était persuadé. Le Maître lui avait demandé de l’attendre là-bas, le temps pour lui d’achever quelques préparations. Ils agiraient de nuit, afin d’éviter les touristes. Il ne voulait pas perdre de temps à se cacher comme un pariât.

Le mystérieux homme arriva tard sur le lieu du rendez-vous, enveloppé de son long manteau rouge et noir, chevauchant l’étrange équidé squelettique lui servant de créature. Elle faisait se mouvoir sa carcasse sombre et décharnée d’un pas lent bien que ses yeux d’un bleu presque trop clair n’étaient nullement incommodés par l’obscurité de la nuit, ses sabots marquant le sable de cet immense désert bien plus frais le soir qu’en plein jour, le rendant presque trop froid par rapport à la température à laquelle on s’attendait. En revanche son jeune protégé qu’il apercevait au loin ne semblait pas souffrir de la morsure du vent qui faisait s’envoler quelques grains dans un bref tourbillon.

Arrivé au pied de la bâtisse en ruine sur laquelle Maeldan se tenait, le Maître descendit lestement de sa monture, posant pied à terre sans lourdeur pendant que celle-ci disparaissait dans une volute de fumée nacrée, presque fantomatique, emportée au loin par une rafale de cette petite brise qui se faisait parfois un peu violente, déformant les dunes et taillant la pierre des vestiges à coup de serpe. Bien heureusement ses vêtements le protégeaient de l’air du désert de nuit bien que le mugissement du vent sifflait encore à ses oreilles et soulevait ses cheveux d’ébène venant caresser son visage impassible. Etant en présence de Maeldan et unique lui, le Maître retira son masque noir aux délicates lignes rouge sang et le rangea sous sa cape, dévoilant un doux regard carmin à son protégé.

- Pardon pour mon retard, Maeldan, entama-t-il d’une voix affectueuse. J’espère que cette longue attente ne t’a pas été trop insupportable.

Il s’approcha de lui et posa sa main sur sa tête, caressant ses cheveux en les ébouriffant légèrement. Ce petit dragon était bien le seul a pouvoir se vanter de recevoir autant d’affection de la part du Maître. Lui glissant un petit sourire amusé, il répondit asa question.

- Je l’espère Maeldan. Il serait fort dommage d’avoir fait tout ce chemin pour ne trouver que des rats morts, tu ne crois pas ? Allez, allons-y, ne perdons pas de temps, la nuit risque d’être longue.

Invitant son cadet à le suivre d’un discret geste de la main, le Maître s’aventura dans les ruines, cherchant l’entrée que ses hommes avaient trouvé quelques jours plus tôt. Selon eux, elle était repérable : une grande pierre aux étranges inscriptions se tenaient juste à côté. Avancer dans le sable était pénible, mais la chance voulue qu’arriver au cœur de ce qui fut autrefois une ville resplendissante se trouve les vestiges de vieilles tues pavés, recouvertes seulement d’une très légère couche de grains dorés. Tout en cherchant la fameuse entrée du regard, il prévint Maeldan :

- Même si nous sommes seuls et que les lieux paraissent déserts, reste sur tes gardes. Les plus grands guerriers sont parfois morts stupidement : alcool empoisonné comme flèche dans le dos.

Il fit encore quelques pas et ne tarda pas à reconnaître le monument qu’on lui avait décris, accélérant la cadence pour s’en approcher. Elle était placée sur le devant de ce qui devait être autrefois un temple et il s’agenouilla devant, passant ses doigts sur la roche glacée et sans vie pour en retirer sable et poussière. Le Maître tenta de lire la plaque de pierre, mais les rayons de la lune n’étaient pas assez forts pour chasser l’obscurité. Sans se retourner, il demanda un petit service à Maeldan.

- J’aurais besoin d’une petite flamme, si tu l’acceptes.

Bien entendu elle ne tarda pas à apparaître, illuminant l’inscription de sa faible lueur pourtant suffisante, permettant au Maître de déchiffrer l’inscription. S’il était incapable de comprendre tous les mots qui y étaient gravés, il en reconnu néanmoins quelque uns. Comme fasciné par ce qu’il voyait, il partagea ses impressions avec son protégé d’un ton qui laissait transpercer sa satisfaction.

- C’est la langue des Esprits. Cette pierre est fragile, elle s’effrite, elle semble aussi vieille que Zërya … Maeldan, je pense qu’elle date de cette époque que j’aimerai voir renaître. Dans les guides touristiques on dit d’elle que c’est un monument aux morts, mais il se trompent tous. A cette époque la mort n’était pas synonyme de larme mais de fête, ce qui était né de la terre devait retourner à la terre pour que puisse continuer le cycle de réincarnation, pourquoi dresser un monument en mémoire des disparus ? Je suis loin de tout comprendre, mais ces lignes parlent de création, de dragon et de secret. Peut-être était-elle placée à l’entrée d’une bibliothèque remplie de grimoires tous plus précieux les uns que les autres. Peut-être même parlait-elle de la genèse de Zërya … Viens Maeldan, je suis sûre que cette nuit sera enrichissante.

Le Maître sourit une fois encore au jeune homme et se dirigea vers les décombres du temple, le contournant pour se glisser à l’arrière, et après quelques recherches, tomba sur une porte dérobée dans un pan de l’édifice tenant encore debout par miracle. Il la poussa pour l’ouvrir, et invita Maeldan à passer devant, pour le laisser lui aussi s’intéresser à ce qu’il voudrait.

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[list]Il est le guerrier d'autrefois dont on narre les exploits,
Il est le barde qui a chanté dans les plus grandes soirées,
Il est le tavernier qui sert à boire au voyageur,
Il est le vandale qui ravage les étales,
Il est le tueur sans pitié,
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Maeldan Laogaï
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MessageSujet: Re: Un dragon sous le sable (pv le Maître)   Lun 22 Aoû - 13:00

Lui qui avait attendu toute la journée s’estima amplement récompensé lorsque la voix du Maître lui parvint enfin, lorsque ses doigts passèrent dans ses cheveux, lorsqu’il sentit sa chaleur l’envelopper. Auprès de lui, Maeldan n’était plus qu’un enfant innocent, un bébé dragon inoffensif dont les crocs et les griffes ne se voyaient plus, transformés en adoration sans fin pour cet homme. Pour son père. Mais gare à celui qui tendrait la main vers lui, Maeldan le réduirait en cendres. Si le Maître lui ordonnait de tuer, il tuait. Si le Maître lui ordonnait d’attendre, il attendait. Et si le Maître lui demandait de la lumière, il lui en offrait.
Il avait hoché la tête à chaque mot de son aîné. Depuis le début de la journée il s’était montré discret, il continuerait même en pleine nuit. Le Maître s’agenouilla devant ce qui semblait être une stèle. Le jeune homme tendit la main paume vers le haut et une flamme en jaillit, qui alla voleter près du Maître afin d’éclairer sa lecture.
Contrairement à beaucoup d’utilisateurs de feu, Maeldan ne faisait pas jaillir les flammes en utilisant une source de chaleur à proximité. Il pouvait faire naître le feu directement au creux de sa paume en augmentant la température.

La découverte emballa le Maître qui expliqua alors à son protégé quels étaient les liens entre la population et la mort. A cette époque on ne la craignait pas comme aujourd’hui, on la célébrait même. Lui écoutait sagement, partageant l’enthousiasme de son aîné. Si le Maître était content, Maeldan l’était aussi.
Le jeune homme lui emboîta le pas jusqu’à l’arrière du temple, où attendait une porte dérobée. Le Maître l’ouvrit, puis d’un geste invita son protégé à passer devant. Une fois de plus le feu apparut, simple roue tournoyante derrière sa tête dont les flammes allèrent se suspendre dans l’air et illuminer la pièce. La chambre d’entrée. Les lieux n’avaient jamais été visités aussi devaient-ils être encore piégés. Le jeune dragon posa le pied sur une dalle, attentif au moindre geste, au moindre bruit, le corps en alerte.
La traversée de ce sas se fit sans problème. Les murs étaient peints de fresques racontant la cérémonie faite à Mëris chaque année. Mais rien de bien intéressant en soit. Au bout se trouvait un couloir très étroit et noir que le jeune homme éclaira. L’odeur de moisissure ici semblait plus forte.

-Restez derrière moi Maître, ordonna-t-il sans hausser la voix.

Maeldan lança une gerbe de flamme qui franchit le couloir sans encombre. Pas de piège ? Étrange, il s’attendait pourtant à y avoir droit. Cela ne l’empêcha pas de rester prudent lorsqu’à son tour il traversa le couloir. Le chemin se termina sur un cul de sac. Impossible, il n’y avait pas d’autre chemin que celui qu’ils venaient d’emprunter. Le jeune homme appuya avec force contre la paroi de pierre qui pivota lentement sur elle-même. L’odeur de pourriture qui le prit un nez lui donna la nausée.
Devant eux s’étendait une fosse emplit des restes de cadavres humains ou animaux, ici depuis certainement longtemps.

-Si ils voulaient dissuader les éventuels visiteurs c’est réussit, commenta le jeune homme en remontant son haut sur son nez pour masquer l’odeur. Il doit y avoir bien des trésors ici pour qu’on cherche à le protéger comme ça.

Rien ne laissait supposer qu’ils pouvaient passer autrement qu’en traversant ce charnier. Et ne connaissant pas la profondeur il y avait tout à parier que la traversée se ferait à la nage. Bien heureusement le Maître s’avérait être un puissant magicien. Il devait bien connaître un moyen de passer sans avoir à se salir.
La porte de pierre reprit sa place initiale, manquant de faire tomber le jeune homme dans cette « piscine ». Au moment où la porte se referma dans un bruit sourd, Maeldan entendit distinctement un cliquetis, une série d’engrenages se mettre en marche. La lumière éclaira leur chemin, dévoilant l’horreur de ce qu’ils avaient sous les yeux. Il plissa le nez, se rapprochant du Maître. Alors que le silence retombait, un grondement retentit. Un cri animal surnaturel, ressemblant au hurlement d’un dragon.
Les poils se hérissèrent sur sa nuque. Cet endroit ne lui disait rien de bon, et il aurait bien aimé repartir. Non pas qu’il était froussard, loin de là. Mais tant qu’à faire si il pouvait éviter les créatures surnaturelles ce serait aussi bien.

Grâce à la magie du Maître ils purent traverser sans avoir à se salir. Mais sitôt qu’ils se posèrent de l’autre côté, le pied du jeune homme actionna un piège. Il vit fondre sur eux une dizaine de flèches, peut être plus. Par réflexe il ouvrit la bouche et cracha le feu, tel un dragon, détruisant les armes qui tombèrent en cendre sur le sol. Essoufflé, il s’essuya les lèvres d’un revers de main, sourcils froncés. Le tueur prenait peu à peu le pas sur l’enfant docile qu’il était lorsque le Maître se trouvait près de lui.

-Vous n’êtes pas blessé ? Demanda-t-il radoucit et inquiet pour son aîné.

Maeldan vit alors avec horreur une trace sanguinolente sur la main du Maître. Il avait été blessé, peut être lorsque le jeune dragon l’avait poussé pour lui éviter les flèches, sa main avait alors dû frotter contre la pierre, d’où sa blessure. Horrifié, le jeune homme la prit entre ses doigts, doucement, pour ne pas lui faire mal.

-Oh pardon Maître. Je ne voulais pas vous faire mal.

Ses yeux dorés croisèrent ceux de l’homme face à lui. Doucement il lécha le sang, sa langue passa sur la blessure, et par sa magie il soigna l’homme pour qui tout son être brûlait. La main guérie, Maeldan offrit un sourire à son tuteur avant de reprendre la marche, toujours aussi méfiant. On ne savait pas ce qui dormait dans ce temple.
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MessageSujet: Re: Un dragon sous le sable (pv le Maître)   Mer 24 Aoû - 15:46

Silencieux, le Maître suivait Maeldan sans émettre le moindre commentaire. Ce qu’ils cherchaient se trouvait sans doute dans les entrailles de ces décombres souterrains, et y accéder ne serait pas simple, preuve en était tous ces pièges que le jeune dragon réduisait en fumée. L’endroit était certes sombres, mais les flammes qu’il créait leur permettait d’avancer sans se soucier de la luminosité, facilitant leur progression. Quelque chose de dangereux ou d’important devait être caché ici pour qu’on le protège autant.

Lui aussi sentit l’odeur de la chair en décomposition et eut un rictus de dégoût face à ce spectacle bien peut ragoutant. Ces cadavres étaient ceux de malchanceux, de curieux, de personne trop faibles ou trop fermés pour sentir la magie régnant dans cet endroit. S’il n’avait l’apparence que d’un simple labyrinthe coupe-gorge truffé de pièges, la vérité était tout autre. Il était hautement probable que ces lieux existaient autrefois à la surface, puis fut recouvert par les tempêtes de sable du désert, et seul l’escalier construit par la suite permettait d’accéder à la surface. Cet endroit était ensorcelé jusqu’aux murs, et si la puissance de la magie apposée ici il y avait de cela des siècles et des siècles s’était amoindrie avec le temps, elle n’en restait pas moins présente, à peine perceptible mais tenace.

Cette fosse aussi était couverte de magie, et nul doute que les corps méconnaissables étaient ceux des hommes et femmes n’ayant rien détecté, tentant de traverser de manière classique pour finalement être les victimes des sorts jetés sur ce qui se cachait sous l’amoncellement de chair purulente. Peut-être des serpents mortels capable de détecter les présences, peut-être des carcasses ensorcelées, ou pire encore, des âmes scellées ici-même, incapable de rejoindre l’Au-delà, déchainant leur vengeance sur les intrus pour les coincer ici avec elle. Un pas de travers, et c’était la mort à tout jamais, coincé entre deux mondes, comme un fantôme enchaîné à la vie.

De sous sa cape rouge et noir, le Maître sortit une petite bourse pourpre fermée par une cordelette dorée, dont l’intérieur était séparé en quatre compartiment par un morceau de toile. Il plongea ses doigts dans l’un d’eux et en ressortit quelques petites graines grises, qu’il jeta dans la fosse avant de psalmodier quelques mots à voix basse. La langue des Esprits, probablement. Les graines bourgeonnèrent alors a une vitesse fulgurante, faisant apparaître d’épaisses racines noueuses sur lesquelles ils pouvaient poser les pieds pour traverser, les trois arbres en eux-mêmes croissant contre les murs, se voutant en raison du plafond, leurs branches offrant de magnifiques prises aux plus acrobatiques des hommes.

Le Maître invita de nouveau Maeldan à prendre les devants, empruntant cette passerelle improvisée, son ainé sur ses talents. Traverser fut simple, mais l’arrivée se montra plus mouvementée lorsque le plus jeune posa son pied sur une dalle piégée, provoquant une pluie de flèche en leur direction. Le petit dragon n’eut aucun mal à les calciner, bien qu’en repoussant le Maître pour le protéger, se dernier s’érafla le dos de la main contre un des murs. Maeldan en parut paniqué puisqu’il le soigna aussitôt, et fut gratifié d’un sourire et de remerciements.

- Ne t’inquiète pas Maeldan, je ne suis pas fait en sucre. Ce n’est rien, juste une égratignure qui n’aurait vite été qu’un vieux souvenir. Mais merci.

Ils continuèrent leur cheminement, qui cette fois-ci s’avéra plus calme. Un long couloir tortueux s’offrit à eux, et si parfois ils découvraient un squelette adossé à un mur ou un crâne fissuré déposé sur ce qui devait être une torche éteinte sentant encore l’huile sur son chiffon poussiéreux, rien de dangereux ne vint les arrêter. Quand ils arrivèrent face à un escalier, le Maître décida de prendre les devants, à juste titre. A la moitié de leur descente, il s’arrêta et suspicieux, garda le silence un moment, immobile, avant de se tourner vers Maeldan quelques marches plus haut.

- Eteint tes flammes, ne produit plus le moindre feu. Il y a du gaz en bas, la moindre étincelle ferait tout exploser et nous serions ensevelis.

Sans lumière, leur progression serait plus laborieuse, mais mieux valait le noir que la mort. Ils descendirent l’escalier à tâtons, une main sur un mur, et en bas le Maître comprit que l’odeur de gaz s’échappait d’une porte fermée, visiblement lourde, tout en métal forgée. Ils risquaient finalement moins que prévu, mais la prudence était mère de sûreté et il préférait prendre trop de précautions plutôt que d’être prit au dépourvu. Tout en marchant, le Maître cru entendre le clapotis de l’eau. Probablement une rivière souterraine issue se rejetant à la surface quelque part, peut-être au pied d’une falaise, à l’extérieur du désert. Il en prit note, cela pourrait toujours leur servir pour trouver la sortie si jamais les choses tournaient mal.

Les briques de pierre encastrées finirent par faire place à ce qui semblait être une caverne naturelle, à la roche sombre mouchetée d’éclats d’argent, et plus ils s’enfonçaient sous terre, plus leur objectif s’approchait. Mais ils furent freinés par un grondement sourd au bout du couloir, grondement que le Maître associa à un ronflement lorsqu’ils débouchèrent sur une cavité … Où sommeillait un dragon.

Sa peau de cuir était d’un rouge sombre, de la teinte des bons vins, même si griffes, crocs et quelques écailles étaient d’un noir pur. Bien que grand, il était plus petit que ses congénères. Peut-être était-ce une femelle ? Dans tous les cas cette créature était très âgée, habitant cet endroit depuis qu’on l’y avait placé pour le protéger. En sentant un courant d’air, le Maître daigna lever les yeux, découvrant un trou vers la surface au plafond. Sûrement était-ce ici que le dragon sortait pour chasser. Derrière la bête, une porte, menant à la suite de leur périple, peut-être même la fin.

- Maeldan, murmura le Maître, nous allons tenter de passer sans le réveiller. Si jamais il ouvre un œil, nous fuyons en retournant sur nos pas, c’est comp

L’homme n’eut pas le temps de terminer sa phrase, un cri bestial lui déchirant les tympans. Le dragon avait sentit leur présence et les fixait de son regard aussi doré que celui de Maeldan. Était-ce une caractéristique des gros lézards ? La bête avachie peu auparavant se tenait à présent sur ses quatre pattes musclées, prête à leur sauter dessus. Le Maitre voulu mettre son plan à exécution, mais la créature donna un violent coup de queue contre la parois, et leur sortie de secours, trop vieille, s’effondra, en même temps que quelques pierres fissurées. Ils n’avaient plus que deux options : apprendre à voler pour s’enfuir par les airs, ou affronter l’animal furieux qui s’écarta de son nid en reculant de quelques pas, laissant apparaître sur sa couche … Deux énormes œufs.

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Maeldan Laogaï
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MessageSujet: Re: Un dragon sous le sable (pv le Maître)   Sam 10 Sep - 10:52

Par chance le Maître n’avait pas été blessé. Le jeune dragon soupira de soulagement, un fin sourire discret fleurit à ses lèvres. Son précieux Maître n’avait rien. Il décida de passer devant pour la suite de l’opération. Son expérience leur serait bien plus profitable que le caractère un peu trop brutal de Maeldan. Quand bien même ce garçon se montrait doux et dévoué envers son Maître, il pouvait devenir en quelques secondes une véritable machine de guerre. Cette décision fut la bienvenue, car une forte odeur d gaz leur prit le nez. L’utilisation de toute flamme était à présent prohibée. Avancer dans le noir fut une épreuve, privé de la vue les sens du jeune homme ne s’en trouvaient que plus aiguisés. Il marchait derrière le Maître mais le collait d’assez près pour sentir la chaleur émaner de son corps, sa respiration calme et posée, toute sa grandeur et sa force devant lesquelles il se sentait minuscule. Quelle chance d’avoir été élevé par lui. Que serait-il devenu sans lui ?
Le son à peine perceptible de l’eau lui parvint, un petit clapotis que certains trouvaient apaisant mais qui le terrorisait. Maeldan glapit discrètement en se rapprochant, réduisant encore la distance entre lui et le Maître. Mieux valait ça que de tomber à l’eau et se noyer. Elle le terrifiait, elle son ennemie naturelle.

Après plusieurs minutes d’errance dans le noir, une petite lumière se vit enfin au loin. Plus ils s’en approchaient, plus l’air abondait. Les deux hommes pénétrèrent une grotte naturelle, creusée à des kilomètres sous terre mais reliée à la surface par un puits d’où provenait la lumière. Etrange car ils étaient en pleine nuit. Maeldan n’eut pas le temps de se pencher sur ce mystère que ses yeux dorés se posèrent en même temps que ceux de son aîné sur la bête face à eux. Son cœur fit un bon dans sa poitrine en même temps qu’un sourire radieux naissait sur ses lèvres. Un dragon ! Maeldan n’en avait vu que très peu au cours de sa vie. Des dragons sauvages s’entend. Beaucoup d’invocateurs à travers Zërya se voyaient accompagnés d’un dragon. Mais ceux vivant à l’état sauvage était d’une extrême rareté. Et le spécimen devant eux surpassait en beauté beaucoup de ceux que le jeune homme avait croisé, dotés de la parole. Les vrais dragons, les véritables Princes du Feu ne parlaient pas. Ils n’étaient que puissance à l’état pure. Si beaucoup les associaient à la destruction et à la brutalité, on oubliait bien vite qu’ils étaient associés aussi à Nërio, Flamme de la Vie. Et la Vie justement, cette femelle la protégeait. Plusieurs fois centenaires, elle avait élu domicile dans cette grotte, loin de la folie des hommes pour y élever ses petits. Le mâle ne devait pas être loin, car ces créatures étaient réputés pour vivre toute leur vie auprès du même partenaire. Le dragon est un animal fidèle, dévoué à sa famille et son clan. On les imaginait solitaire, incapable de vie en communauté, pourtant Maledan savait que souvent ces créatures préféraient vivre en clan, dominé par une matriarche car ces clans souvent n’étaient composés que des descendants d’une seule famille. Et cette matriarche dormait devant eux.
Il la contemplait tout son soul, si bien qu’il entendit à peine les directives du Maître. Tout juste vit-il la porte derrière la bête. Malheureusement, la dragonne se réveilla, certainement à cause de leur odeur. Bien que petite par rapport à d’autres, elle en restait impressionnante. Maeldan vit près de la porte le nid qu’elle protégeait, et les deux œufs y reposant. Il déglutit péniblement. Une femelle protégeant ses petites était ce qu’il y avait de plus dangereux. Les deux hommes voulurent s’enfuir, mais le puissant coup de queue donné contre les parois fit s’effondrer la sortie. Restait donc la porte, ou le puits de lumière.

Maeldan fit reculer le Maître, le coinçant contre le mur, son corps faisant rempart devant l’animal. Ses ailes déployées prenaient toute la place, impossible de bouger. De sa gueule aux crocs d’onyx jaillit un cri à percer les tympans, un rugissement bestial, brutal, puissant. Maeldan se courba légèrement, ses yeux dorés plongés dans ceux, de la même teinte, du dragon. Un grondement sourd monta de sa gorge, une plainte semblable à celle d’un bébé appelant sa mère. Il ne fallait surtout pas la provoquer. Car si un combat devait avoir lieu, le jeune homme serait déchiré de devoir la blesser alors qu’elle ne faisait que protéger ses petits.
Il s’accroupit doucement, sans aucun geste brusque, le regard de la dragonne le transperçant de part en part. Sa gueule vibrait encore de sa colère, les crocs dévoilés. Maeldan avança doucement à quatre pattes, tout en grondant doucement. Il fit un pas de trop, la bête frappa à nouveau de sa queue les parois de la grotte. Il stoppa net, glapissant, pleurant comme un petit effrayé. Contrairement à ce qu’on pouvait croire, il ne s’agissait nullement d’une imitation douteuse d’un homme essayant de produire un son semblable à celui d’un dragon, mais véritablement la langue de ces sublimes créatures.

Le coup de queue avait fait s’effondrer quelques vieilles roches qui dévoilèrent toute une fresque d’anciens symboles. Une langue éteinte depuis très longtemps, dont seuls quelques érudits connaissaient encore la signification. Il ne s’agissait pas de la langue des esprits, mais d’une encore plus ancienne. Longtemps avant la création de Zërya, les esprits erraient seuls, et chacun parlait la langue qui lui était propre. Ce ne fut qu’après leur rencontre que la langue des esprits apparue, car il leur fallait communiquer de façon à être comprit de tous. La langue propre à un esprit porte le nom de l’élément essence de cet esprit. Ainsi il existe le Parler de l’Eau, le Savoir de la Terre, la Langue du Feu, le Murmure de l’Air, les Chuchotis des Ténèbres et le Chant de Lumière. Quiconque connait la langue de l’esprit dont son pouvoir provient peut se revendiquer maître de cet élément, car il en connait la langue, il peut en manipuler l’essence pure, et communiquer avec le Grand Esprit dont il dépend. Ces personnes se comptent sur les doigts d’une main à travers tout Zërya. Il ne s’agit pas de quelques mots prononcés comme ça car entendus, non, mais véritablement de la langue dans son entité. Une manipulation parfaite, un savoir complet de ce dialecte.
Cette langue inscrite à même la pierre était celle du Feu.

Cette découverte attira l’œil de Maeldan qui parvenait à la lire sans mal, à la comprendre et la parler. Il s’adressa alors au Maître, faisant part de sa découverte :

- Quiconque troublera le repos du dragon se trouvera prisonnier de son antre. La mort l’attend sitôt la porte de la sortie franchie. A toi guerrier qui comprend Sa noble Langue, fuis vers la lumière de Sa sœur. Il en faut pas passer par la porte, mais il faut monter ! La lumière de Sa sœur, c’est de Mëris dont il est question, la lumière blanche vers l’Au-delà.

Il avisa le puits de lumière, mais à ce même moment le dragon rugit, et de sa gueule jaillit un puissant jet de flammes. Maeldan bondit en arrière, paumes en avant, et les rejoignit d’un coup, frappant dans ses mains. Le feu traversa de part en part de son corps sans le toucher. La flamme brisée, scindée en deux monta vers le plafond. La chaleur venait de brusquement augmenter et de petites étincelles voletaient dans l’air autour d’eux. L’animal furieux attaqua de nouveau, crachant des flammes à la chaleur insupportable. Maeldan riposta, le feu jaillissant de sa bouche pour heurter celui projeté par le dragon. L’or de ses yeux se fit lave fondante, éblouissante. Au rugissement de son adversaire, Maeldan répondit par le même, ce qui déstabilisa un instant l’animal. Elle se dressa sur ses pattes arrière, menaçante. A son rugissement un autre fit échos, plus puissant, et plus hargneux. Celui du mâle. Le silence se fit, le temps que le jeune homme ne comprenne ce qui se passait. Puis soudain ce fut un véritable concert de hurlements tous plus furieux les uns que les autres. Des grondements sourds, des cris de guerre, des gerbes de feu crachés frappant la pierre pour la chauffer à blanc. Le jeune homme comprit, un peu tard, que le clan répondait à l’appel de sa mère.

-Il faut partir !

Il courut vers le Maître pour lui prendre le bras et le garder près de lui. Seulement la seule issue avait été fermée par l’éboulement, seul restait le puits. Alors que Maeldan réfléchissait à toute allure, le fond de la grotte vola en éclat, laissant apparaitre un autre dragon, bien plus grand que la femelle. Son corps de cette même couleur pourpre, griffes et crocs d’onyx. Ses ailes déployées firent s’effondrer la roche. La femelle couchée sur ses œufs les protégeait farouchement, ses griffes labouraient le sol. Du trou béant dans la roche, une troisième tête jaillit, tenant dans sa gueule le cadavre encore chaud d’une vache fraichement tuée.
Maeldan devait le reconnaitre, il avait peur. La situation pouvait difficilement être pire. Incapable de bouger, faisant rempart de son corps pour protéger le Maître, il se refusait à les blesser. C’était comme si son esprit disparaissait, pour ne laisser parler que l’instinct. Le jeune homme se recroquevilla, agenouillé sur le sol, glapissant tout bas comme précédemment.

-Aleshrä, aleshrä, undomieslré.

Lui-même n’aurait pu traduire ce qu’il disait, mais les dragons eux le comprirent car ils cessèrent de gronder. Lorsque Maeldan se redressa, ses mains étaient couvertes d’écailles dorées. Ses pupilles fendues en amende rétrécies pour n’être que deux fentes. Ses mains se voyaient serties de griffes d’ivoire, des crocs dépassaient de sa bouche. Dans son dos une queue frappait l’air nerveusement, son torse se voyait couvert d’écailles lui aussi tandis que deux petites cornes dépassaient de ses cheveux. Le jeune homme se redressa, poussa un rugissement plaintif. Deux grandes ailes noires apparurent dans son dos, entre les omoplates, déchirant ses vêtements pour ne laisser que des lambeaux de tissu. La plainte se fit menace. Le dragon ou l’homme avança d’un pas déterminé, crachant une épaisse fumée blanche par ses narines. Les trois créatures reculèrent lorsque de sa bouche jaillirent des mots d’un autre âge. Il fit un geste du bras qu’on pouvait interpréter comme un ordre de reculer. Acculé, Maeldan n’avait eut d’autres choix que de laisser parler le sang coulant dans ses veines. Et les trois dragons l’avaient reconnus. Le fils de Nërio, le fils du seigneur des dragons. Maeldan fit volte face, attrapa le Maître par la taille. Il lui parla, mais seulement en langue du feu. Ses ailes battirent l’air d’un coup puissant, les faisant s’élever jusqu’à la lumière.

Le jeune homme déposa son paquet délicatement au sol avant de s’effondrer, à bout de force et de reprendre forme humaine. Il ne garderait aucun souvenir de cet épisode. Ce qu’ils avaient pris pour la sortie n’en était pas une. Il s’agissait de la bibliothèque. Circulaire, elle contenait des centaines et des centaines d’ouvrages. Entièrement taillée dans le cristal, elle offrait un spectacle des plus magnifiques aux yeux. Protégée par des sorts, elle n’avait pas subit les attaques d temps. Entre deux étagères, une gigantesque statue de Nërio tenant à la main un croc de dragon : le billet vers la sortie. Il suffisait de le toucher pour se retrouver à l’extérieur.
Maeldan reprit enfin connaissance, mais ne tenait plus vraiment debout, bien trop épuisé.
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MessageSujet: Re: Un dragon sous le sable (pv le Maître)   Dim 6 Nov - 18:01

Maeldan était formidable. Encore plus brillant que tout ce que le Maître avait pu imaginer. Cet enfant faisait fièrement face à la créature légendaire, et bien que tout son corps reflète sa peur, il restait vaillant et défiait la dragonne protégeant farouchement ses petits. Toutefois un homme, bien qu’étant le fils du puissant Nërio, ne pouvait faire face bien longtemps aux maîtres incontestés des flammes, et l’arrivée des autres bêtes signa un grand tournant ; ils étaient clairement en très mauvaise posture. Cette fois encore, ce fut Maeldan qui les sauva.

Jaïnisse avait fait en sorte que l’erreur passée ne se reproduise pas, qu’un nouveau Caliodrus n’apparaisse pas, mais malgré tout, le jeune homme restait l’enfant d’un Grand Esprit et il lui était incapable de maîtriser toute cette formidable puissance. Cette métamorphose partielle en attestait. Le Maître était perplexe, et il se promit de voir quelques petites choses avec la Sirène. Toutefois, pour le moment, il devait s’occuper de Maeldan, loin d’être au meilleur de sa forme. Il observa rapidement les alentours, à la recherche d’un coin tranquille pour permettre au garçon de se reposer. Il repéra fauteuils et canapé près de grandes tables. Sûrement ces meubles furent-ils installés ici autrefois pour permettre une lecture agréable.

Le Maître prit Maeldan dans ses bras pour le porter jusqu’à son lit de fortune, puis le déposa délicatement sur un canapé pourpre. C’est qu’il pesait son poids, le petit. Il tira une chaise près des tables et s’assit aux côtés de son cadet, puis lui caressa doucement les cheveux. Bien que rien en apparence ne le montre, le Maître vérifiait à l’aide de sa magie que nul n’était présent. Il resta ainsi quelques instants, et brisa enfin le silence lorsqu’il fut assuré qu’aucun ennemi ne leur tomberait dessus.

- Tu es bien pâle, Maeldan, murmura le Maître. Repose-toi. Pardonne-moi, mais je ne sais ni guérir, ni chasser la fatigue. Mon peuple n’a pas eu le temps de m’enseigner cet art.

Il sourit à son protégé, puis se décida à l’abandonner quelques instants. Quittant son siège, le Maître prit la direction des immense étagère qu’il effleura du regard, lisant quelques titres, posant le bout de ses doigts sur une vieille reliure usée, et parcourut ainsi plusieurs rayonnages. Tous les livres présents dans cette gigantesque et lumineuses bibliothèques étaient classés par sujet, plutôt que par ordre alphabétique. Les connaissances emmagasinées dans cet espace aussi vieux que le premier de ses ancêtres allaient de « Abandon des Dieux » à « Zërya vrër bräen dryur ». Très peu d’ouvrages étaient écrits dans le Zërya d’aujourd’hui, et les vieilles langues se mêlaient à tout va dans ces ruines. Langue des Esprits, vieux dialecte d’Alsmëus, écriture sacrée des premiers prêtres du feu, expression des îles et langage propre à chaque Grand Esprit étaient présents.

Le Maître s’arrêta à « La Naissance de Tout ». Il saisit le minuscule livre à la couverture de cuir vert sombre entre ses mains et le retira de son emplacement. La poussière voleta, et l’homme masqué épousseta l’objet à l’aide de ses vêtements. Le titre étaient écrit dans la première langue employée par les habitants d’Alsmëus, celle qu’utilisaient autrefois ses ancêtres. Les caractères dorées saillait légèrement. Il ouvrit sa trouvaille, et lu les premières pages de ce qui semblait être un journal.

« Le Seigneur Nërio était rayonnant aujourd’hui, et Yaleï semblait plus belle que jamais. Ils nous ont rendu visite aujourd’hui, comme tous les Lunräs. Le Grand Esprit a soigné la brûlure d’un enfant qui n’avait pas obéit à ses parents qui le mettait pourtant en garde contre le danger des flammes. D’un seul geste, les cloques et la douleur de ce petit garçon s’envolèrent. Comme à chaque fois, toute la ville s’est réunie auprès du Seigneur Nërio, pour lui parler, échanger quelques mots, demander des nouvelles de ses frères et de ses sœurs que nous voyions bien plus rarement. Lunrä est mon jour préféré. Je sais bien que le Seigneur Nërio passe avant tout pour s’assurer que tout va bien dans le monde que lui et ses compagnons ont créé, mais cela restent des moments formidables que nous passons tous ensemble. Une fillette a eut l’effronterie de demander au Seigneur du Feu de raconter sa naissance, parce que selon elle, il avait forcément une date d’anniversaire. Bien que je trouvais cette question indiscrète, j’ai écouté : je suis un chercheur, il est important pour moi d’en savoir le plus possible. Loin de s’énerver, le Grand Esprit a souris à cette enfant, puis nous a dit à tous sur le ton de la confidence :

- Il y a bien longtemps, deux lunes vivaient côte à côte, compagnes inséparables. L’une était aussi blanche et lumineuse le jour qu’elle ne devenait noire et sombre la nuit : mes sœurs Käline et Këline étaient autrefois une seule, et rien ne doit jamais les séparer. L’autre lune était terne, grise, sans éclat. Jalouse de sa rivale, elle voulut de la surpasser : éprise du soleil, elle décida de s’en approcher autant que possible. Une goutte d’eau solitaire, furieuse de voir que quelqu’un osait s’approprier ce qu’elle estimait être sien, se posa sur la lune terne et la rongea. Coincée entre l’érosion de l’eau et la sécheresse du soleil, elle se fissura. De ses entrailles sortirent mille dragons qui vinrent se nourrir du feu intarissable du soleil. Un de ces dragons était plus beau et plus grand que les autres, et la goutte d’eau était si vexée qu’elle décida que cette créature lui appartiendrait. Bien plus tard, la lune brillante se cinda en deux. Elle était la plus vieille étoile, et vint l’heure de mourir : il ne resta d’elle que deux éclats, l’un aussi pur que le diamant et l’autre aussi ténébreux que le jais. La plus sage des étoiles, mère de toutes les autres, s’éteignit à son tour ; ce qui resta d’elle prit les fragments de la lune sous son aile. Portés par l’unique brise du Néant, ces éclats firent la rencontre de la goutte d’eau solitaire, qui, las d’errer, accepta l’idée de ces êtres étranges. Elle leur parla alors du plus beau et du plus puissant des dragons : il serait indispensable à leur création, un monde à eux pour qu’enfin ils ne cessent d’errer. Quand les six Eléments furent réunis, ils joignirent leur pouvoir, et de leur essence la plus pure naquit Zërya.

Cette histoire était fabuleuse, et l’auditoire était pendu aux lèvres du Seigneur Nër … »

Le Maître s’arrêta là, et glissa le carnet dans ses vêtements. Il pensait ne rien prendre, mais ce livre détenait bien trop d’informations intéressantes pour qu’il l’abandonne ainsi. Jugeant qu’il en avait assez vu, l’homme au masque retourna sur ses pas pour rejoindre Maeldan, qui devait sûrement l’attendre. Il regagna le paisible coin de lecture, et reprit sa place aux côtés du garçon. Puisqu’ils étaient à l’abri des dangers, autant en profiter pour parler un peu. Il adressa un grand sourire à son protégé, puis entama d’un ton relativement joyeux :

- Je ne savais pas que tu étais capable de parler la langue propre à Nërio. Ni que tu savais parler aux dragons. Me caches-tu donc d’autres talents cachés ?

Le Maître ébouriffa les cheveux du jeune. C’est qu’il aimait bien le taquiner. Il gardait en tête pourquoi Maeldan était né, mais cela n’empêchait pas qu’avec les années, il s’était rudement attaché à ce garçon. Pour peu, il s’en voudrait de l’utiliser ainsi.

- Ça va mieux Maeldan ? Je peux faire quelque chose pour toi ?

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MessageSujet: Re: Un dragon sous le sable (pv le Maître)   Mer 11 Jan - 14:13

L'utilisation aussi intense de son don l'avait laissé tellement épuisé que si le Maître n'eut été présent n'importe qui aurait pu voler sa vie. Maeldan geignit entre es bras de son protecteur, protestant contre le fait d'être déplacé alors que tout son corps le lançait. Toutefois pas un mot ne filtra de ses lèvres jusqu'à ce que son corps endolorit ne touche le tissu confortable du canapé sur lequel on le déposait avec douceur. Là seulement il souffla un "merci" à peine audible avant de fermer ses yeux dorés. La main dans ses cheveux ferait office de remède si le Maître ne pouvait chasser la fatigue. Sous la douce caresse, le Prince du Feu sombra dans un demi sommeil, n'entendant plus ce que faisait le Maître, ni même la fin de sa phrase.

Des flammes dansaient devant ses yeux clos, le forçant à les ouvrir. Le jeune homme constata qu'il n'était plus dans la bibliothèque. D'abord un peu paniqué, il comprit bien vite qu'il dormait et qu'il s'agissait là d'un rêve, rien de plus. Tout était noir autour de lui, sauf ces flammes continuant à danser. Maeldan pencha la tête sur le côté, captivé par leurs mouvements. Et puis ses yeux dorés s'écarquillèrent sous la stupeur. Les flammes se changèrent en être. De tous petits êtres dansant, un sourire fendant leur visage en un atroce rictus. Les créatures se donnèrent la main, tournoyant autour du Prince qui blêmissait à les voir ainsi. Effrayé, il tendit la main et le feu en jaillit, faisant éclater la ronde des petits êtres. Le noir l'engloutit entièrement. Alors il tendit la main et une petite flamme en jaillit, illuminant ses pas dans l'obscurité. Maeldan ne savait où aller. Peu importe l'endroit où il posait son regard, seul le noir lui répondait. Soudain, un cri déchira le silence environnant. Un cri qu'il ne reconnut que trop bien comme étant le rugissement d'un dragon. Le jeune homme avança dans la direction de cet appel d'un pas sûr. Il ne craignait pas les dragons.
Ses pas le conduisirent vers une lumière de plus en plus intense à mesure qu'il avançait. Et puis soudain, ses pieds s'enfoncèrent dans une matière molle qui fondit à sa présence. De la neige. Il sortait d'un tunnel, au coeur d'une montagne, en pleine tempête de neige. Heureusement que le froid ne l'atteignait pas, sinon il aurait gelé sur place. Hélas la tempête l'empêchait de distinguer le paysage alentour. Ce fut à nouveau ce cri qui le guida dans ce brouillard, auquel un autre répondit. Et à mesure qu'il avançait, Mealdan en entendit d'autres. Il se sentait observé. Parfois il détournait vivement la tête croyant avoir aperçu un mouvement suspect sur le côté. Mais rien.

Il marcha encore un long moment et soudain la neige cessa de tomber. Pourtant derrière lui il voyait encore ce brouillard, cette tempête. Mais là devant lui, plus rien. Le soleil ne brillait pas pour autant, dissimulé par d'épais nuages blancs. C'est alors seulement qu'il comprit qu'il se trouvait au sommet du monde. Autour de lui, de la neige, encore de la neige, quelques pics de roches et l'immense statue d'un dragon. Aux pieds de cette statue ... Un véritable dragon le fixait. Rien qu'à le voir Maeldan sut qu'il ne s'agissait pas d'un simple animal. Il mesure dans les quatre mètre de long, ses ailes repliées sur son dos aux écailles de cuivres nervurées d'azur. La bête se redressa. Maeldan recula. Il vit alors derrière lui et sur le côté d'autres dragons, plus ou moins grands, plus ou moins âgés. Celui devant lui semblait être le plus vieux, le plus sage. Il ouvrit la gueule, et en jaillirent des mots d'un autre temps faisant trembler le jeune homme. La créature s'adressait à lui en langue dragon, et il la comprenait parfaitement.

-Bienvenu jeune Prince, en cette terre qui vit naître la Vie. Car c'est sur ce sommet que le Seigneur se posa pour créer le Monde, il y a de ça des lunes et des lunes.
-Vous êtes ...
Commença le garçon dans cette même langue.
-Je suis Ashraïel l'Azuré, le plus vieux de tous, celui qui était là bien avant les humains. Je suis le Premier Né.

Maeldan s'agenouilla devant la créature ancestrale. Le premier dragon. Émerveillé de le voir, honoré d'avoir cette chance. Quel âge pouvait bien avoir ce monstre ? Quels pouvoirs étaient les siens ? Toutes ces questions et plus encore. Ce que le Maître aurait aimé être là et le voir.

-Est-ce que je rêve ? Demanda à voix basse le jeune humain.
-Oui et non. Ton corps repose dans les ruines de l'ancien peuple. Ton esprit a voyagé jusqu'ici à ma demande. Car je commande aux âmes de me rejoindre lorsque ma voix retentit dans la tempête. Mon cri t'a arraché du monde des songes pour te mener ici.
-Pourquoi ? Que voulez-vous de moi ?

-Le jour de ta naissance a surpris le monde. Le Seigneur a un fils, un fils légitime, Dragon parmi tous, mais il l'ignore. Tu a l'âme pure de ton père, mais comme lors de ton arrivée tu es perdu dans un brouillard si épais que tes yeux ne te seront d'aucun secours. Fils Dragon, tu es en grand danger. Il te faut sortir du brouillard.
-Mais de quel brouillard ...
-Tu n'es pas sur la bonne voie.
Coupa l'ancestrale créature.
-Le Maître m'aidera.
-Ce "Maître" né de l'imposture ? Coeur corrompu.


Les autres dragons se mirent à rugir, furieux, criant et pestant contre l'homme au masque. Ashraïel les fit taire avant de reprendre la parole.

-Il n'est pas un bon guide fils Dragon. Prends garde, le danger te guette. Il est temps d'ouvrir tes yeux et ton âme.

Maeldan ne put rien ajouter de plus. La tempête de neige revint, si violente qu'il dû fermer les yeux. Et lorsqu'il les rouvrit, il se trouvait dans la bibliothèque, le Maître à ses côtés visiblement inquiet de son état. D'abord perdu, le jeune homme ne sut comment réagir, que dire. Il ne fit même pas attention à ses questions, son regard doré paniqué se posa sur le visage de son bienfaiteur. Il se jeta dans ses bras, effrayé, troublé. Dans son esprit tonnait encore la voix du vieux dragon.

-Maître j'ai fais un rêve très étrange. Je crois qu'il était réel. Il y avait de la neige et .. Ses mots s'embrouillaient sous le coup de l'émotion, parfois il parlait en langue draconique. Et il y avait un dragon, et pleins d'autres, et le Premier Né, et le bout du monde, et le Seigneur s'y est posé, et ils m'ont dis que j'étais perdu, que vous étiez un coeur corrompu ! Il s'appelait ... Ashraïel.

Le jeune homme suffoquait sous cette pression soudaine.

-Notre cause est noble, hein Maître ? Vous n'êtes pas corrompu, vous m'aimez ? Dites moi que vous m'aimez Maître. Je suis perdu.

Malgré sa formidable puissance, Maeldan n'était qu'un enfant ayant besoin de se sentir rassuré. L'un des effets d'être le fils d'un Grand Esprit. Son développement prenait plus de temps, proportionnellement à son espérance de vie considérablement allongée par rapport à un humain normal.
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MessageSujet: Re: Un dragon sous le sable (pv le Maître)   Sam 21 Jan - 15:42

Maeldan se réveilla, totalement paniqué, sous le regard intrigué du Maître, qui ne comprenait pas la raison de ce trouble. Lorsque l’enfant se jeta dans ses bras, l’homme au masque, pris au dépourvu, resta hésitant un instant, puis posa sa main dans les cheveux du plus jeunes, et se mit à les caresser lentement. Ses gestes étaient doux et réguliers, visant à apaiser son protégé qui semblait en proie à de nombreux doutes. Qu’avait-il bien pu voir dans son rêve pour s’éveiller dans un tel état ? Le Maître n’aimait pas ça. Il était grand temps qu’il revoit Jaïnisse. Il y avait des choses à mettre au clair avec cette femme perfide. Malgré son aide précieuse, il n’oubliait pas qu’on ne pouvait faire confiance à une telle créature.

Le jeune dragon se mit à parler à toutes vitesse, bafouillant parfois, et certains de ses mots étaient incompréhensibles. A leur sonorité, le Maître reconnut la langue que son protégé avait employé un peu plus temps. Celle du feu. Celle employée par les dragons. Qu’avait-il pu découvrir durant son sommeil ? Zërya recelait encore nombre de mystères. Certains êtres étaient capable de communiquer dans les songes, d’extirper l’âme ou encore d’attirer un esprit hors de son corps pour quelques temps. Ces créatures, pourtant, on ne les voyait jamais, on ignorait leur nom. Sûrement vivaient-elle en dehors de ce que les hommes connaissaient, au-delà des terres inexplorées, là où d’autres peuples cohabitaient. Il y avait tant à découvrir … Tant à savoir … Tout, à porté de main, si près, et pourtant inatteignable …

Le Maître lâcha un profond soupir. Ce n’était ni de la colère, ni de l’exaspération, mais plutôt de la contrariété. Tant de questions, si peu de réponses. Si seulement tout était plus simple. Que dire à Maeldan ? La vérité ? Il lui tournerait le dos immédiatement. Avec le temps il s’était trop attaché à lui, mentir à cet enfant lui coûtait mais il n’avait pas le choix. Il était né pour le servir, et même si aujourd’hui l’idée de l’utiliser lui serrait le cœur, il devait le faire. Il devait être capable d’enfermer son sentiment de culpabilité tout au fond de son âme, le noyer au fond de tout ce mal qui le rongeait depuis bien longtemps.

Corrompu … Oui, il l’était. Il l’était tout autant que ce monde, que ces Esprits, que ces hommes qui volaient, tuaient, mentaient, qui faisaient le mal tout en se persuadant d’être au service du bien pour ne pas être étouffé par le poids du regret et de la culpabilité. Non, à la place, il seraient étouffés, étranglés par ce poison fétide qu’il respiraient un peu plus chaque jour, poison issu de ce qu’eux-mêmes semaient dans leurs pas. Terrible ironie.

- Maeldan … entame le Maître. Je ne peux te comprendre si tu ne parles pas ma langue. Tu es exceptionnel, bien plus que moi, ne l’oublie pas. Tu sais des choses que j’ignore, et que je ne peux comprendre. Mes mots ne sont pas les tiens. Le feu ne me protège pas, contrairement à toi. Moi, j’évolue dans l’ombre. La lumière ne me veut plus, et le feu est la lumière.

Il continuaient de caresser les cheveux du plus jeune, presque machinalement, effleurant parfois son visage avant de retourner jouer avec les mèches sombres.

- Notre cause est-elle noble ? Je l’ignore. Pour chaque homme, sa cause est noble. Aux yeux du monde nous sommes des parjures, et à nos yeux ce sont eux qui restent enfermés dans l’ignorance. Rayör a décimé mon peuple pour un quelconque prétexte qui leur semblait juste, et mon peuple a tué des leurs pour se défendre. Pour eux, nous sommes des monstres, et pour nous aussi, ils sont monstrueux. A ton avis Maeldan, qui a raison ?

Bien entendu, la réponse était « personne ». Personne n’avait raison ni tort. Leur point de vue était juste différent. Si tous évoluaient dans un même monde, leur mode de vie n’était pas le même. Certains étaient restés fidèles à leurs vieilles attaches, à leurs origines et aux Esprits, d’autres les avaient renié. Rayör fut le premier à s’éloigner de leur essence même. Avait-il seulement conscience de tout ce qu’ils avaient détruit en l’espace de quelques siècles, de toutes ces guerres, ces massacres ? Avaient-ils conscience de ces orphelins qui mendiaient dans les rues alors que ces chers nobles mangeaient à s’en faire vomir ?

Sans l’avoir connu, le Maître était nostalgique de cette époque où Zërya n’était que paix, quand les Esprits étaient encore les amis des hommes, avant qu’on ne cherche à s’élever à leur rang en s’accaparant le pouvoir. Quelle arrogance, quel orgueil, que de vouloir rivaliser avec les dieux ! Eux-mêmes se souvenaient-ils encore de ces jours sereins, lorsqu’ils allaient de village en village pour compter des histoires, soigner les malades et faire fleurir les champs ? De ces années où le Crépuscule n’était pas encore fermé aux hommes, loin de toute corruption ?

Se souvenaient-ils des petites querelles vite envolées pour laisser place aux rires ? De ce temps où chaque homme, chaque elfe, chaque Esprit était frère, était sœurs, s’aimait et se respectait ?

- Je ne sais pas si je suis corrompu, continua-t-il après un long silence. Je ne suis certain que d’une chose, c’est que je me bats pour un idéal en lequel je crois. Les moyens que j’emploie ne sont peut-être pas toujours justes, mais je suis humain et j’apprends de l’horreur. Chaque membre de l’Organisation a une raison d’être ici. Rejoindre Mirror n’est pas anodin. J’ai décidé de suivre les traces de mes ancêtres parce que leur rêve est le mien. Je n’étais qu’un enfant à l’époque, j’aurais pu tout abandonner, vivre une vie moins chaotique. Mais j’ai fais un choix. Et toi Maeldan, pourquoi me suis-tu ?

Le Maître adressa un doux sourire à son protégé. Il ne voulait pas l’effrayer. Il désirait simplement le calmer, répondre à ses interrogations et chasser son trouble comme on chasserait un insecte d’un geste de la main.

- Bien sûr que je t’aime, Maeldan. Quoi que l’on puisse te dire, quoi que je puisse faire, n’oublie jamais que je t’aime. Même si un jour tu te détournes de moi, je t’aimerais. Même si on te sépare de moi, si on te monte contre moi, même si tu me trahis, si tu me blesses ou que tu me tues, je t’aimerais toujours.

Et s’il devait faire quelque chose pour le lui prouvait, il le fait, mais pour l’heure, ils devaient songer à quitter cet endroit. L’homme au masque ébouriffa légèrement les cheveux de son protégé, puis quitta son siège. Toutefois, il devait se rendre à l’évidence : ils semblaient piéger. Sortir ne serait pas aisé.

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MessageSujet: Re: Un dragon sous le sable (pv le Maître)   Ven 20 Juil - 15:14

Les mots prononcés par le Maître peu à peu parvenaient à calmer son esprit tourmenté. Il buvait ses paroles comme on boit la vérité sans savoir si elle est exacte ou non. Car chacun en ce monde possède sa propre vérité. Celle de Maeldan s'avérait être la même que celle de son Maître. Il vivait pour lui, n'existait que pour lui, au delà même de ce qu'il pouvait penser. Créé sur mesure pour satisfaire aux envies de Mirror. Un tueur possédant une âme d'enfant, aussi pur et innocent que les protégés de Nëlariel. Blottit dans les bras du Maître, il écoutait attentivement, hochant parfois la tête, sans jamais répondre. La réponse était tellement évidente.

- Je vous suis parce que je vous aime Maître. Je ferais tout pour vous, absolument tout.

Si il fallait tuer il le ferait. Sans réfléchir, juste parce que cet homme le lui ordonnait. Ainsi avait été élevé Maeldan. Obéissant, docile, mais seul cet homme possédait un tel pouvoir sur lui. N’importe qui d'autre se verrait déchiqueté par les crocs et les griffes de l'enfant du Feu. N’importe qui d'autre brûlerait sous ses flammes.
A présent calmé il s'écarta de la douceur chaleur du corps de son aîné, un sourire encore timoré aux lèvres. Ce dragon s'était trompé. Le Maître était un homme bien, un homme de confiance et de parole qui combattait pour son idéal. Les autres, eux, étaient les vrais aveugles à ne pas comprendre l'importance des changements qui devaient avoir lieu. En même temps, Maeldan n'était pas la personne la plus objective qui soit. Il suivait sans réfléchir. Si demain son Maître venait à lui ordonner de voir le ciel en rouge, alors il le verrait rouge et l'affirmerait avec une conviction telle qu'on le prendrait pour fou.

Le Maître creusa un peu plus la distance entre eux, émettant alors le souhait de sortir d'ici. Ce qui serait difficile puisque la seule sortie avait été ensevelie et que des dragons attendaient plus bas. Le jeune homme regarda autour de lui, cherchant des yeux une issue. Il siffla d'agacement, puis une idée lui vint. Il invoqua Lythis, sa dragonne. Où qu'elle soit elle viendrait. Et au bout de quelques minutes la terre se mit à trembler, et le toit se fendit, éventré par les puissantes griffes de la créature. Son maître monta sur son dos, d'une main invita son aîné à faire de même et s'accrocher tandis qu'ils décollaient à nouveau.

Au dehors il faisait nuit noire. La lune irradiait, pâle astre remplaçant le soleil, découpant les ombres des trois êtres dans le ciel. Lythis gagna en altitude jusqu'à passer au dessus des nuages pour le plus grand plaisir du jeune homme. Lui ne souffrait pas du froid, ni de l'altitude. Ce qui n'était pas le cas de son Maître. Aussi usa t-il de sa magie pour le réchauffer pendant qu'ils quittaient les ruines rapidement.

- Maître, avez-vous beaucoup appris dans ces ruines ? Nous aurions peut être dû emmener les livres avec nous. Maintenant que Lythis a ouvert la bibliothèque, les pillards vont s'y précipiter.

Envoyer quelques sbires s'emparer du précieux contenu ne prendrait pas longtemps. Maeldan vit au loin se découper les petites silhouettes des montagnes séparant Alsmëus des terres inexplorées. Que pouvait-il donc y avoir là bas ? Oh comme il aimerait le savoir ! Comme il aimerait visiter Zërya. Mais ce souhait ersterait silencieux car il se devait de servir son Maître. Peut être que lorsque tout serait terminé il pourrait voyager. Et peut être que le Maître viendrait avec lui.
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MessageSujet: Re: Un dragon sous le sable (pv le Maître)   Dim 22 Juil - 13:02

Ah, l’amour … Une raison noble, mais stupide. Voilà bien le fils de Nërio. Il tenait beaucoup de son père, peut-être un peu trop. A l’instar du Grand Esprit du Feu, tous ces bons sentiments le mèneraient à sa perte au final. L’amour ne faisait que blesser, aveugler, trahir. C’était beau à n’en pas douter, temps que l’illusion restait solide et stable. Mais à la moindre fissure venait le doute, la crainte, puis le subterfuge était dévoilé au grand jour et venait le temps d’une douleur sans pareille mesure.

Maeldan ne devait cesser de se bercer de ces douces illusions. Dans ce but, le Maître continuerait de nourrir un amour fictif à son égard. Être doux, être tendre, pour manipuler cet être un peu trop sentimental. Cet enfant perdu, sans parents, sans rien à quoi s’accrocher à par cet homme qui lui tendait gentiment la main. Un menteur exécrable qui prétendait l’aimer. Ah, l’amour … Une erreur et une faute grave.

- Tu es gentil Maeldan, murmura finalement l’homme au masque. Fais attention à toi. Certaines personnes pourraient vouloir abuser de cette qualité.

Une qualité … et une faiblesse. Avoir le cœur trop tendre n’était jamais bon. Heureusement dans ce corps résidait la puissance phénoménale d’une Créateur, le pouvoir extraordinaire d’un enfant du Dragon. Et l’instinct l’accompagnant. Pour protéger ceux qu’il aime, le dragon est prêt à soulever des montagnes et à braver la fureur des éléments, à tuer, tout décimer sur son passage s’il le faut. Voilà des créatures nobles et braves.

Plus que de la gentillesse, c’était de la naïveté dont il fallait se méfier. Celle de Maeldan était terrifiante. Plus candide qu’un petit enfant, plus manipulable qu’un nouveau-né, façonné par les désirs d’un homme qui depuis toujours se servait de lui à des fins sordides. Mais c’était là quelque chose qu’il valait mieux taire. La naïveté n’exclue pas l’intelligence et Maeldan était très vif. Il serait compromettant qu’il se mette à douter de son bien-aimé protecteur.

Cette intelligence leur permit d’ailleurs de se sortir du piège qui s’était refermé sur eux. Il fit appelle à son amie, la belle dragonne que le Maître connaissait bien maintenant. C’est avec reconnaissance que l’homme masqué saisit la main de son cadet et se hissa sur le dos de la bête à la formidable musculature.

L’envol fut aussi plaisant que les autres fois où il eut l’occasion de quitter la terre ferme. Il y avait comme une sensation enivrante de liberté, une sorte de paix intérieur qui se saisissait de lui. La nuit offrait un calme appréciable, un monde endormi, secret, qu’il se plaisait à effleurer du regard, là haut dans les cieux.

- Oui Maeldan, nous avons beaucoup appris. Je ne suis pas non plus partis les mains vides. Il lui dévoila le carnet qu’il avait emporté. Quant aux pillards … Je ne suis pas certains qu’ils survivront aux dragons sous le sable. Ces derniers sont les gardiens éternels de cet endroit j’en suis persuadé. Mais nous enverrons sûrement quelques-uns de nos amis explorer d’avantage la bibliothèque. Des amis de confiance. Je suis sûr que cette tâche plairait à Aido, tu ne crois pas ?

Sur cette ultime note d’humour, il jeta un dernier regard sur les ruines. Puis scruta l’horizon. Ils rentraient chez eux, prêts à mener à bien de grands projets. Et puis il devait se pencher sur les incroyables capacités de Maeldan, et, qui sait, en tirer profit. Il était l’heure de changer les choses. Leur première victime sera la plus importante de toutes …

_________________
[list]Il est le guerrier d'autrefois dont on narre les exploits,
Il est le barde qui a chanté dans les plus grandes soirées,
Il est le tavernier qui sert à boire au voyageur,
Il est le vandale qui ravage les étales,
Il est le tueur sans pitié,
Inconnu aux mille visages, tout et rien à la fois.
[/list:u]
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