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 L'Education d'un Assassin. (PV : Calypso)

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Maya Hemlë
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MessageSujet: L'Education d'un Assassin. (PV : Calypso)   Sam 6 Aoû - 16:53

Mort. Elle l’avait tué. Un déplacement d’air rapide et coupant, dont la cible avait été la gorge. La puissance du coup avait sectionné net la trachée de la victime. Dans un bruit sourd parsemé d’immondes craquements d’os, le corps s’écroula sur le sol. L’assassin l’observait. Regard vide. Le visage défiguré roula sur le côté, dépourvu de vie. Les vêtements clairs dont il était vêtu virèrent au vermillon en s’imbibant du sang giclant abondamment de la plaie.

Elle venait une nouvelle fois d’ôter la vie. Combien de personnes avaient péri de ses mains ? Combien de cris agonisants avait-elle arrachés ? Combien de lèvres tordues en un rictus de souffrance avait-elle dessiné ? Combien de cadavres glacés avait-elle figé ? Combien de fois avait-elle parfumé l’atmosphère de cette odeur répugnante et métallique ?

« Les Suppôts de Satan ne méritent pas de vivre ». Murmure. Excuses.
Un geste du poignet. Une pluie de poussières recouvrant les alentours. Sans sourire, elle tourna les talons, essuya furtivement sa joue tâchée de sang, y laissa une trace à peine visible. Souillée. Lorsqu’elle bifurqua sur la gauche, il ne restait plus qu’une flaque rouge carmin à la place du massacre qui avait eu lieu dans la ruelle.

***

Royaume de Rayör, Village de Bhëjara, Quartier Général des Assassins.
Samyra 6 Aroguër, 9h37.


Maya Hemlë monta avec lassitude les marches menant à l’entrée du Café du Charognard. Mécaniquement, elle appuya sa main gauche sur la clenche et poussa la lourde porte de l’autre dans un bruit sourd. Le carillon de la petite cloche fut instantanément recouvert par les voix des Assassins discutant joyeusement autour d’un verre. En se grattant le derrière de la tête, la jeune fille s’approcha du bar et prit place sur une chaise en étouffant un bâillement de fatigue.

- Yoo, Maya, comment vas-tu ?

L’adolescente leva son regard dépourvu d’émotions en direction du propriétaire de la voix. Un barman d’une trentaine d’années avec des cheveux orangés tirant vers le rouge lui arrivant jusqu’aux tempes. D’un geste de la tête, il dégagea des mèches lui tombant devant les yeux, un sourire peint sur ses lèvres carmin.

- Un café. Bien fort. Répondit simplement la jeune fille en croisant les jambes.
- Tu as toujours autant de conversation… Remarqua l’homme d’un ton railleur en mettant en route la cafetière.
- N’es-tu pas ici pour simplement satisfaire les désirs des assassins ?
- Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi froid… Marmonna-t-il en déposant la tasse sur le bois du bar.

La manipulatrice de l’air ne répondit pas, préférant sans doute ignorer cette observation désobligeante bien qu’inévitablement vraie. Elle haussa les épaules en passant son majeur dans l’anse du mug. Pressant son pouce contre la porcelaine blanche, elle porta le liquide chaud à ses lèvres et le laissa glisser le long de sa gorge. Elle ferma les yeux et savoura cette sensation qui la réconfortait.

- Au fait, il ne faudrait peut-être pas que tu tardes à te rendre à ta prochaine mission. La tira de ses rêves la voix du barman.
- Comment ça ? S’exclama Maya en dardant son regard rouge d’aniline dans celui vert jade de son interlocuteur.
- « Comment ça » quoi ? Tu ne sais pas que le Maître a décidé de faire une mission avec toi ?
- Pardon ? Balbutia-t-elle en écarquillant les yeux de stupeur.
- Wouah, t’as l’air au courant des choses ! Se mit-il à rire. Le Maître est sur une mission dans la Capitale depuis hier je crois. Et tu es censée la rejoindre pour l’assister. Tu ne le savais pas ? Ne regardes-tu jamais dans ton casier pour t’informer des nouveaux travaux que tu dois accomplir ?
- Comment pourrai-je le savoir alors que je viens juste de rentrer ? Explosa la jeune femme. Quel genre de mission est-ce ?
- Bah qu’est-ce que j’en sais moi ? Répondit-il en haussant les épaules avant d’attraper un verre à pied et de l’essuyer avec un torchon.

En l’espace de quelques minutes, l’information fit le tour de son cerveau une dizaine de fois. Une mission avec Madame Adurna en personne ? Mais pourquoi est-ce que c’était elle qui avait été choisie ? Allait-elle être évaluée par le Maître durant cette tâche? Son cœur s’emballa rapidement, tapant avec une violence incroyable. C’était probablement cela, Madame Adurna allait la juger en pleine action. D’une main tremblante, elle vida sa tasse d’un coup et déglutit avec difficulté la boisson. Elle reposa le mug en claquant le verre contre le bois, s’attirant la mauvaise humeur du barman. Sans un regard en sa direction, elle se leva et traversa la salle jusqu’à la sortie.

Ses chaussures tapant sur le pavé humidifié par la pluie, elle lança un clin d’œil à Kerberos, sa Créature.

- Il a parlé de la Capitale, n’est-ce pas ?

L’animal émit un rugissement de plaisir. En une fraction de seconde, le lionceau se transforma en un magnifique lion aux poils auburn. Deux ailes aussi dorées que ses iris perçantes poussèrent sur son dos. Le visage de Maya s’illumina d’un sourire et, avec une agilité comparable à celle d’un chat, elle bondit sur Kerberos.

***

Royaume de Rayör, Palais Impérial, Capitale.
Samyra 6 Aroguër, 13h58.


C’est sous un ciel gris que l’animal ailé et sa maîtresse voltigèrent dans les airs, zigzaguèrent entre les nuages d’un blanc immaculé, transpercèrent le brouillard, volèrent en direction du Palais Impérial du Royaume de Rayör pendant près de quatre heures. Ils atterrirent finalement sur le coup de quatorze heures dans un terrain vague de la Capitale à côté.

- Par Mëris, je n’ai même pas demandé où Madame Adurna m’attendait ! S’exclama Maya en direction de Kerberos qui s’était transformé en lionceau et perché sur son épaule.

Durant deux heures, ils arpentèrent les rues en courant à en perdre haleine, s’attirant les regards étonnés et amusés des passants. Traversant les rues, bousculant les touristes, inspectant les échoppes des commerçants, observant la ville du haut d’un toit en en profitant pour reprendre son souffle, dévisageant chaque personne ressemblant de près ou de loin à la Maître Assassin, analysant chacune des ruelles qui se dressaient devant elle, lançant de furtifs coups d’œil dans tous les sens, regardant dans les endroits les plus improbables tel l’intérieur des bouches d’égout.

Elle trouva finalement la personne qu’elle cherchait au coin d’une rue. Des cheveux argentés aux reflets violets encadrant un visage blanc. Des yeux profonds d’un bleu très clair. Des vêtements crème et rouge habillant un corps mince et agile. La Maître de la Guilde des Assassins, Calypso Adurna.

- Madame Adurna, je vous prie d’excuser mon retard ! S’exclama la jeune fille en se prosternant légèrement devant sa supérieure, essayant de calmer sa respiration et de reprendre un rythme normal. J’ai cru comprendre que vous m’aviez demandé et je me suis donc empressée de venir vous rejoindre. Dit-elle en omettant sa course folle à travers toute la Capitale. Que dois-je faire ?

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Calypso R. Adurna
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MessageSujet: Re: L'Education d'un Assassin. (PV : Calypso)   Mar 9 Aoû - 13:53

« Evaluation annuelle ». Voilà le nom que portait le dossier d’une taille conséquente trônant en première ligne sur le bureau du Maître Assassin. Calypso tournait autour du meuble, observant la bête sous tous les angles. Assit dans le fauteuil de sa maîtresse, Nërio la regardait faire, affichant un sourire amusé et moqueur.

-C’est un sacré morceau dis donc.

Commenta l’esprit tandis que Calypso lui lança un regard meurtrier. Le mois d’aroguër était le préféré de l’esprit car il était toujours plus puissant à l’apogée de l’été. Cela ne le rendait que plus frimeur encore, et arrogant, et imbuvable, et … Et terriblement séduisant il fallait le dire. La jeune femme ne lui prêta pas plus d’attention, bien trop obnubilée par ce géant de papier posé sur son bureau. Devait-elle l’ouvrir ? A côté se trouvait un petit papier signé de la main de Eénis disant ceci : « Amuse toi bien ma fille, c’est un cadeau de ton grand père. »
Déjà en le lisant Calypso s’était méfiée. Un cadeau d’Irieis ? Rien de bon en perspective. Et cette évaluation, de quoi s’agissait-il ? Quand elle avait pris le rôle de Maître à la suite de son grand-père, Calypso ne se doutait pas du nombre de tâches ingrates qu’elle aurait à accomplir. Elle femme de terrain se retrouvait enchainée à son bureau.

-Nërio, tu ne sais pas de quoi il peut s’agir ?
-Hum ? Je suppose que tu dois évaluer la guilde. Ses membres.
-Comment je fais ça ? Avec un questionnaire,
railla la jeune femme.
-T’a qu’à aller sur le terrain.
-Avec chacun !
S’exclama-t-elle.
-Il est dur le métier de Maître. Demande à Eénis de t’aider à évaluer. Il éclata d’un rire mauvais avant de prendre un raisin sur le plat près de lui. Et Nathaniel tu le fais évaluer par toi ou la furie ? Remarque il est tellement occupé à choyer Cyal que n’importe qui peut lui passer dessus.
-Nërio !
S’écria Caly en le fixant. Ne dis pas ça, je suis la seule à lui passer dessus.
-Pardon c’est vrai. Même si Dorian a bien failli le faire aussi.
-Il l’a pris pour une femme.
-C’est compréhensible.


Elle leva les yeux au ciel. Enfin Calypso daigna ouvrir le dossier, éternuant sous le nuage de poussière qui s’en échappa, et les quelques insectes également. Ses yeux parcoururent les lignes. Un compilé des données de la guilde. Performances, revenus, nombre de missions, palmarès des membres. Calypso eut le plaisir de voir qu’elle était haut placée avant, Nathaniel également.
D’après ce qu’elle lisait, il fallait reprendre les évaluations de la guilde afin que sa réputation ne ternisse pas. Pas étonnant. Autrefois on faisait bien plus appel à elle. Maintenant on tentait de régler les problèmes par l’intervention de mages, par la discussion. Calypso pour sa part restait convaincue que le meilleur moyen de résoudre un problème était encore de le supprimer. Bon, puisqu’elle devait évaluer les membres de la guilde, autant commencer dès maintenant non ?

Une petite heure après, la liste des personnes évaluées était affichée dans la cours du château de Bhëjara. Ceux qui le seraient par Eénis, et ceux qui le seraient par le Maître en personne. Sur cette seconde moitié, le prénom de Maya figurait en tête.
Maya Hemlë, une jeune assassin, manipulatrice de l’air, qui faisait beaucoup parler d’elle par sa ressemblance avec Calypso. Pourtant elles n’avaient aucun lien de parenté, de ça la lady Adurna était certaine. De part leur caractère en plus elles étaient opposées également. Calypso possédait l’expérience, bien que peu d’années les séparaient en réalité. Elles auraient pu être sœurs.
Le message avait été transmit à Maya. Elle devait rejoindre le Maître dans la capitale de Rayör afin de subir son évaluation. Calypso avait déjà tout prévu et profitait du peu de temps libre que lui laissait l’arrivée de la jeune femme pour flâner en ville. Nërio avait repris sa forme de petite boule de feu perché sur son épaule, dévorant du regard les étales de nourriture. A cette époque de l’année, non seulement il brillait par sa puissance, mais il devenait un véritable puis sans fond. Avançant calmement, Calypso se demandait si elle n’allait pas offrir quelque chose à Cyal. De nouveaux vêtements peut être ? Sa démarche souple et féline trahissait ce qu’elle était. D’ailleurs sans mal elle se glissait parmi la foule, sans toucher personne, sans avoir à regarder où elle mettait les pieds. Une simple dague à sa ceinture que deux longues mèches argentées effleuraient lorsqu’elle se mouvait, qui aurait pu croire qu’elle était en mesure de se défendre à plusieurs contre un ? L’habit ne fait pas le moine dit-on, jamais l’expression ne fut plus vrai qu’en cet instant. Elle qui souriait en pensant à son fils, à sa famille, rien à voir avec une tueuse.

Au détour d’une rue elle tomba nez à nez avec Maya, essoufflée, qui devait l’avoir cherché dans toute la ville. La cadette s’inclina poliment et s’excusa de son regard. Et Calypso répondit sans agressivité, mais avec une pointe de surprise dans la voix :

-Pourquoi ne pas être passée par les toits ? Tu aurais eu une meilleure vue d’ensemble de la ville et tu m’aurais trouvé plus facilement. L’évaluation n’a pas commencé mais c’est un mauvais point pour toi.
-Oh Caly, t’es pas sympas
, râla Nërio sur son épaule. Toi aussi tu commets des erreurs. Et puis c’est normal, elle doit être stressée de passer la journée avec toi. Je le serais moi aussi quand on connait ta réputation.
-Toi stressé ? Laisse moi rire, les seuls moment où tu t’agite plus que de raison c’est lorsque Nëlariel disparait ou que Hërya te convoque.
-Hey la dernières fois c’était sérieux quand même !


Elle le coupa d’un signe de la main, le faisant se renfrogner. Ils n’étaient pas ici pour discuter mais pour évaluer Maya. Le Maître Assassin sortit d’un petit sac à sa ceinture un ordre de mission. Quelques lignes manuscrites sur un parchemin, signé et daté par un noble de Rayör. Une mission normale, sans grandes incidences pour l’avenir de Zërya. Calypso savait déjà où se trouvait la victime, mais en aucun cas elle ne devait aider Maya. La jeune assassin devrait espionner, connaitre les habitudes de sa victime, la débusquer et la mettre à mort.

-Bien, nous disposons de trois jours pour mener à bien cette mission. Je ne te suis d’aucun secours tu devra te débrouiller seule. Il te faudra oublier ma présence et agir comme si je n’étais pas là. Voilà ce que tu sais de la cible : c’est un homme qui se fait appeler Caméléon.

Et c’était tout. Calypso elle-même n’en avait pas su plus lorsque la mission lui fut commandée. Si elle savait qui se cachait derrière ce surnom, elle ne savait pas où il se trouvait actuellement.

-Oh trois jours ? Pile avant ton anniversaire !

S’exclama Nërio qui s’était fait oublier un court instant. Calypso leva les yeux au ciel, pas le temps pour ça. Toutefois oui,, après cette mission elle devrait faire face à Céleste et l’organisation « surprise » de son anniversaire.

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Maya Hemlë
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MessageSujet: Re: L'Education d'un Assassin. (PV : Calypso)   Jeu 11 Aoû - 22:52

« Passer par les toits ». Maya attrapa une mèche de ses cheveux argentés pour la faire jouer entre son index et son pouce. Nervosité. Elle était complètement idiote, irrémédiablement stupide, totalement abrutie et profondément sotte ! Pourquoi n’y avait-elle pas pensé lors de sa recherche? Elle avait pourtant suivi la formation des assassins et avait ainsi entrepris de se déplacer sur les toits de nombreuses fois. Elle venait tout juste de commencer son évaluation auprès du Maître qu'elle avait déjà commis une erreur. Elle baissa son regard vers le sol, comme si son intérêt s’était soudainement porté sur les pavés grisâtres de la rue. Elle ouvrit sa bouche, ses lèvres tremblant d’angoisse, en essayant de trouver une excuse valable à cette faute, mais n’en trouva aucune. C’était fini pour elle… Elle n’arriverait jamais à remplir cette mission. Que lui arriverait-il alors ? Perdrait-elle le respect de Madame Adurna ? Serait-elle considérée comme un échec ? Serait-elle reniée par les autres assassins ? Devrait-elle quitter sa Guilde ? Et en trouverait-elle une autre si sa réputation était déjà passée avant elle dans tout Zërya ? Finirait-elle mendiante dans les rues de Bhëjara? Agoniserait-elle à côté des poubelles avant de se faire dévorer par un charognard ?

Un contact chaud, rugueux et légèrement humide sur sa joue droite la ramena brusquement à la réalité. Elle tourna vivement la tête et comprit que la coupable était la vicieuse langue de sa Créature. Kerberos. Pendant quelques secondes, la jeune fille se perdit dans ses profonds yeux d’un bleu cobalt qui semblaient vouloir tout dire. Il se passait un échange étrange entre le félin et sa maîtresse. Une interactivité indescriptible et inexplicable même scientifiquement. Un dialogue silencieux et seulement perceptible par eux-mêmes. Un seul regard. La jeune fille se mordit violemment la lèvre inférieure pour se reprendre en main. Comme si Maya Hemlë allait se laisser abattre aussi facilement!

Parfois, le lionceau ressemblait plus à un humain qu'à un félin...

Elle mit fin au contact réconfortant qu’elle entretenait avec Kerberos et porta toute son attention sur Calyso Adurna... Et à cette autre personne qu’elle n’avait jusque-là pas remarqué, trop occupée à admirer le Maître de sa Guilde. Elle écarquilla soudainement les yeux.

En apparence, on aurait dit un simple jeune homme qui aurait sorti le bout de son nez du ventre de sa mère vingt-cinq plus tôt. Des cheveux mi-longs d’un rouge cerise contrastant avec des iris ressemblant à deux brillantes émeraudes. Un visage légèrement hâlé duquel se démarquaient deux tâches brunes qui s’étaient permis d’en habiller les joues. Des traits fins qui laissaient pourtant présager une certaine sévérité. Mais, il dégageait de cette personne une puissance bien trop surhumaine pour pouvoir être confondu avec un simple jeune homme. Oui, en apparence, on aurait dit un simple jeune homme… En apparence seulement. Etant donné que la personne lui faisant face n’était autre que…

- Nërio, le Grand Esprit du Feu. Souffla la voix de la manipulatrice de l’air, émerveillée. Excusez mon manque de respect, je… Euh… Je ne pensais pas vous voir ici ! Enfin si évidemment, après tout vous êtes l’Invocation de Madame Adurna, tout comme Kerberos est la mienne. Mais je ne vous compare pas du tout à Kerberos, se reprit-elle rapidement en évaluant ses paroles, ce n’est pas ce que je voulais dire, loin de moi cette idée. Votre différence de pouvoir est telle que ce n’est même pas comparable ! Tellement qu’il est même totalement inutile que j’y fasse ne serait-ce qu’allusion. Et je ferai mieux de me taire… Ajouta-t-elle pour elle-même en marmonnant.

Elle inspira longuement en essayant de se calmer. Elle se comportait depuis le début d’une manière ridicule. Il fallait qu’elle se reprenne… Elle regarda le papier que lui tendait Calypso et l’inspecta plusieurs secondes, comme si les lettres manuscrites allaient lui donner les réponses qu’elle cherchait. Celui qui avait fait la demande de ce meurtre était un noble, de Rayör semblait-il. Aucune importance.

- Caméléon… Murmura-t-elle pour elle-même en se demandant par où elle allait commencer pour trouver cette personne.

Elle fit quelques pas en se grattant l’arrière de la tête, pensive. Elle n’avait que trois jours, c’était relativement peu en considérant le fait qu'elle devait démasquer sa victime. Il ne fallait surtout pas perdre de temps, il aurait été malvenu de laisser sa mission déborder sur l’anniversaire de Madame Adurna.

- Euh, je… Je vais essayer de trouver la bibliothèque. Indiqua-t-elle en direction de Calypso et Nërio en pointant son index dans une direction. Je pense qu’elle se trouve près des boutiques du centre… Exposa-t-elle en baissant progressivement le ton de sa voix.

Etant donné que c’était la première fois qu’elle passait un examen de ce genre en présence du Maître, Maya n’avait aucune idée du comportement à adopter. Même si la manipulatrice du feu lui avait précisé qu’elle ne devait pas se soucier de sa présence, la jeune fille ne savait pas comment agir. Elle angoissait à l’idée que chacun de ses faits et gestes puisse être observé, jugé puis critiqué. Elle avait la cruelle impression de ne pas être aussi libre qu’à l’accoutumé.

Elle tourna les talons en essayant d’oublier l’omniprésence de Madame Adurna. A pas rapides, elle se mouva jusque la place principale. Pour elle, il était essentiel d’agir comme toute personne à cette étape d’une mission. Ainsi, elle s’obligeait à être discrète lorsqu’elle observait les lieux l’entourant et faisait mine de s’intéresser aux magasins de la rue, comme le ferait n'importe quelle jeune fille de son âge - En oubliant le fait qu'un lionceau trônait sur son épaule! - . Au bout d’un certain temps, considétant que chaque minute lui était précieuse, elle se décida à demander à un habitant de la Capitale où se trouvait la bibliothèque municipale. Elle avisa chaque individu et porta son attention sur un vieillard d’une quatre-vingtaine d’années.

Il n’était pas très grand et se tenait légèrement courbé, probablement sous le poids de l’âge. Il se promenait lentement mais sûrement dans la foule, une expression de parfaite plénitude gravée sur son visage. Ses cheveux grisonnants étaient courts et rares sur son crâne presque dégarni, laissant ses yeux bleus remplis de sagesse éclaircir son teint. Une âme charitable qui n’éveillerait pas de soupçon à son égard. Maya s’élança vers lui.

- Excusez-moi Monsieur, je cherche la bibliothèque municipale. Sauriez-vous où elle se trouve oar hasard? Demanda-t-elle poliment à l’homme.
- Vous voulez faire quelques recherches ? L’interrogea-t-il après l’avoir dévisagée de ses iris azurés.
- Pas exactement… En réalité je suis une grande fan de l’écrivain Thérïs Sho et j’aimerai dévorer l’un de ses bouquins à la chaleur d’une bibliothèque. Assura-t-elle en souriant.

Thérïs Sho. En réalité, elle n’avait jamais lu un seul de ses livres ou de ses écrits. C’était simplement l’auteur préféré de Drystand Seïnis, un ami d’enfance qu’elle avait rencontré à la Guilde à son arrivée. Il était surnommé le Petit Prodige par les autres assassins, il fallait dire qu’il ne manquait pas de culture. Il était fou de littérature et avait dépouillé chacun des ouvrages de ce Thérïs cinq ou six fois. Lorsqu’ils passaient du temps ensemble, Drystand appréciait faire l’éloge de cet écrivain et de ses œuvres, affirmant que c’était là un des plus grands artistes de Zërya et que sa mort avait été une perte énorme. Il lui racontait même de nombreuses anecdotes à son sujet. Tellement qu’elle avait elle-même l’impression de le connaître. Sortir son prénom lui avait ainsi semblé tout naturel dans l’acheminement de cette discussion.

- Je ne savais pas que la jeunesse d’aujourd’hui lisait encore Thérïs Sho. Avoua avec joie le vieillard.
- Comment pourrions-nous oublier un tel écrivain ?
- Vous avez parfaitement raison. Alors, pour se rendre à la bibliothèque d’ici… Se mit à réfléchir l’homme. Comme l’Eglise est ici, il est certain que vous devez continuer à descendre cette rue. Et je crois que vous devrez tourner à droite juste après le fleuriste dont le nom est Les Merveilles d’Hërya. D’ailleurs si jamais vous vous perdez, vous pouvez aller voir la gérante : elle est d’une gentillesse infinie ! Mais je m’égare… Après ce fleuriste donc, tournez à droite. Empruntez ensuite la première rue sur votre gauche et la bibliothèque est tout au bout.
- Je vous remercie pour votre aide, Monsieur.
- Il n’y a pas de quoi, Mademoiselle. Quel homme serai-je si je vous empêchais de lire Thérïs. Passez une bonne après-midi.
- Vous de même. Répondit-elle avec un aimable sourire.

Elle salua le vieillard d'un léger signe de tête et descendit la rue, conformément aux indications qu’elle avait reçues. L’expression heureuse éclairant son visage semblait ne pas vouloir disparaître.

- Drystand serait fière de moi, tu ne crois pas ? Dit-elle joyeusement à Kerberos tout en poursuivant sa route.

Quelques minutes plus tard, elle aperçut le bâtiment qu’elle cherchait. Il était immense, s’élançant tellement haut dans le ciel qu’on avait du mal à en discerner le haut du toit. Elle gravit les cinq petites marches jusqu’à la lourde porte en bois qu’elle tira avec force. Elle pénétra dans un hall dans lequel se trouvaient seulement une machine à café et quelques chaises. Elle passa alors une deuxième porte, mais en verre cette fois-ci, et entra dans ce qui était la bibliothèque. Maya resta ébahie. Jamais elle n’avait vu une pièce aussi immense.

- Hey, vous ! Fut-elle soudainement interpellée.

Elle se retourna en direction de la voix masculine qui l'avait appelée. Un homme d’une musculature impressionnante tout de noir vêtu s’approchait d’elle d’un pas lourd. Un vigile, semblait-il.

- Oui ? Répondit-elle dans son air le plus innocent.
- Les armes ne sont pas admises dans l’enceinte de la bibliothèque. Dit-il en portant un regard insistant sur la lame luisante qu’elle portait à la ceinture.
- Pardon ? Manqua-t-elle de s’étouffer.
- Je viens de dire que les armes étaient interdites ici. Répéta-t-il en essayant de garder son calme. Je vous prierai donc de me les remettre.

La manipulatrice de l’air lança un regard incrédule au garde qui ne faisait pourtant que son travail. Qu’avait-il peur ? Qu’elle se soit déplacée jusqu’ici dans le seul but de déchirer des manuscrits ? Elle comprenait qu’avec l’Organisation Mirror, il fallait être plus prudent qu’à l’accoutumé. Mais il y avait tout de même des limites à la précaution.

- Voilà. Grommela-t-elle en tendant mollement le poignard au vigile qui s'en empara.
- J’ai dit toutes les armes. Insista-t-il en indiquant la lame coincée dans sa botte droite.
- Vous voulez aussi que j’enlève mon tee-shirt ? Se moqua-t-elle en lui remettant le couteau. Rassurez-moi, je les retrouverai en sortant?
- Evidemment. Ces deux choses-là aussi, s'il-vous-plaît. Continua-t-il en omettant soigneusement la remarque de la manipulatrice de l’air.
- Vous foutez-vous de moi ? Vous pensez que je vais faire du mal à qui avec des éventails ? Explosa subitement Maya.
- Je vous demande de les retirer.
- C’est un héritage de ma grand-mère ! Jamais je ne les enlèverai. Il ne manquerait plus que je me rase la tête pour que vous puissiez vérifier si j’y ai collé une bombe !

Sur ces mots, elle pénétra avec rage dans la bibliothèque. Sans ses poignards, elle se sentait déjà aussi nue qu’un vers. Lui confisquer de plus Kaikias et Zéphyr était inenvisageable. Quitte à mentir, elle préférait de loin les avoir sur elle. Elle lança un coup d'oeil derrière elle et constata avec soulagement que la garde s'était résigné à lui laisser ses éventails, les considérant comme inoffensifs. Erreur.

Essayant d’oublier ce contre temps désagréable, Maya observa la bibliothèque. Il devait y avoir des centaines d’étagères toutes autant garnies d’ouvrages soigneusement rangés conformément à une règle qu’elle ne connaissait pas. Les rideaux rouges étaient légèrement tirés, peut-être pour ne pas que la lumière du jour n’abîme les livres les plus anciens et fragiles. De grandes tables de travail étaient disposées sur la droite sur lesquelles travaillaient silencieusement une dizaine de personnes. Des fauteuils confortables étaient dispatchés dans un autre coin, à côté de lampadaires. Un silence parfait couvait maternellement la salle. La manipulatrice de l’air s’approcha de la réception.

- Excusez-moi, dit-elle tout bas, je fais un documentaire sur les caméléons. Pourriez-vous m’indiquer sur quels ouvrages je devrai me tourner ?

Une quinzaine de minutes plus tard, elle était assise à une table à feuilleter des livres. Elle ne savait pas ce qu’elle cherchait, mais elle cherchait !

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MessageSujet: Re: L'Education d'un Assassin. (PV : Calypso)   Dim 21 Aoû - 12:10

La jeune assassin prit la remarque bien trop au sérieux. Calypso ne l'avait pourtant pas dis méchamment, inutile d'en faire un drame. Chacun avait sa méthode, si Maya préférait flâner dans les rues le Maître Assassin n'irait pas à l'encontre de cette préférence. Nërio sur son épaule gloussa, ce qui lui valut un regard noir de la part de sa maîtresse.
Il leva les yeux au ciel avant de reprendre forme humaine dans une flopée de flammée voletant sagement de ses pieds à sa tête, dévoilant l'esprit du Feu tel qu'on le décrivait dans les livres. Quand on ne faisait pas l'éloge du Dragon. L'homme aux cheveux rouges avait croisé les bras sur son torse, ses yeux verts fixant Maya avec intérêt. Cette fille qui avait attiré l'attention d'Ahilen, et qui vouait un culte non justifié à Calypso. D'autant plus qu'elle ne l'avait pas remarqué, lui ! Il aurait pu s'en vexer si Maya ne s'était pas confondue en excuses un peu embrouillées qui le firent éclater de rire. Nërio fit un geste de la main, comme pour lui signifier d'arrêter là :

-Du calme gamine. Pas la peine de paniquer pour si peu.

Décidément les humains étaient bien tous les mêmes. Il voulut ajouter autre chose mais Calypso ne lui en laissa pas le temps. Inutile de s'étendre en politesse, ells avaient une mission qui les attendait. Ou plus exactement, Maya avait une mission, et Calypso devait l'évaluer.
Ses instructions et indices donnés,la jeune femme n'ouvrit plus la bouche, laissant Maya réfléchir seule et en tirer les conclusions qu'elle voulait. A présent le Maître Assassin était invisible, elle suivait mais ne parlait pas, telle une ombre. Maya décida de commencer ses recherches à la bibliothèque, choix qui surprit autant Nërio que sa maîtresse. Ils s'échangèrent un regard tandis que la manipulatrice de l'air partait devant.

-La bibliothèque ? s'étonna Calypso. Choix étonnant.
-Elle elle est bien plus studieuse que toi.
-On verra bien, chacun sa méthode.
-C'est sûr que tout le monde n'a pas ton tact légendaire.
-Une lame sous la gorge est bien plus efficace que toute autre méthode,
répondit la jeune femme vexée.

L'esprit ricana puis emboîta le pas à sa maîtresse qui suivait Maya à une distance respectable afin de ne pas la gêner. Nërio quand à lui s'arrêtait souvent devant les étales, se demandant si tel ou tel objet plairait à son protégé. Calypso levait les yeux au ciel et l'attrapait par le bras à chaque fois, lui rappelant qu'ils n'étaient pas ici pour faire des achats, et qu'il ferait mieux de se faire discret. Se promener en compagnie de l'esprit du feu dans les rues de la capitale était tout, sauf discret. Il obéit, bien qu'agacé.
Maya demanda son chemin à un homme dans la rue. Polie et courtoise, qui aurait pu la croire assassin ? Calypso elle même se demandait encore comment une enfant si fragile d'apparence s'était retrouvée dans la guilde. Pourtant les années lui avaient enseigné à ne jamais se fier aux apparences.

Après plus d'une heure à déambuler dans les rues, ils atteignirent enfin la bibliothèque de la ville. Calypso et Nërio levèrent les yeux sur l'imposante façade de pierre finement travaillée, le dessus de la porte aux colonnes de marbre portant les armoiries de la famille impériale. La troupe y pénétra pour tomber sur le premier obstacle, le gardien. Celui-ci, après une rude joute verbale contre Maya, parvint à lui faire abandonner nombre de ses armes. Ce fut au tour de Calypso qui lui fit son plus beau sourire. Elle laissa son poignard, ne portant rien d'autre sur elle. On aurait pu s'attendre à ce que le maître d'une guilde soit plus lourdement armé. Néanmoins on comprenait que la jeune femme aimait à voyager léger quand on savait que son arme n'était autre que Leïta. De plus, avec Nërio près d'elle, Calypso ne risquait pas grand chose. L'esprit d'ailleurs ne déposa rien devant le gardien. Ses armes de prédilections, deux chakrams, ne lui servaient que rarement puisqu'il préférait user, et de loin, de la force brute.
Cette affaire réglée, les deux compagnons allèrent s'installer à une table, parlant bas pour ne ps déranger les usagers de la bibliothèque. Ils convinrent que peut être il fallait aiguiller Maya sur une autre piste. Calypso la rejoignit donc, toussa pour attirer son attention et glissa à voix basse :

-Je ne voudrais pas t'interrompre dans tes recherches, mais je peux savoir ce que tu cherche ? Notre homme se fait appeler Caméléon, tu ne trouvera rien sur lui dans un ouvrage traitant de ces animaux.

A sa place elle se serait rendue dans les quartiers peu recommandables, les docks également, bref les endroits où elle était susceptibles d'entendre parler de cet homme. Un individu portant un nom de code ne brillait pas dans la haute société, c'était au plus bas de l'échelle que les chances de le trouver étaient les plus élevées. Le maître assassin décida de donner un petit coup de main à sa cadette.

-Si j'étais toi j'attendrais la tombée du jour pour pouvoir approcher des gens de l'ombre. Et comme noter enquête va durer plusieurs jours il faudrait songer à nous trouver un endroit où loger avant ce soir.

Autant faire les choses dans l'ordre, sinon elles se retrouveraient à dormir dehors au beau milieu de la nuit. Tant qu'à faire Calypso préférait avoir un lit pour se reposer et être en forme le lendemain. Le stress certainement devait embrouiller Maya. Pour la femme aux yeux de glace l'expérience se révélait difficile aussi. Jamais elle n'avait travaillé en équipe. La dernière fois elle les avait tous tué. Aussi cette fois-ci essayait-elle de se montrer un minimum gentille.

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