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 [Abandonné] Le fruit défendu (pv Elux, déconseillé - 16)

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MessageSujet: [Abandonné] Le fruit défendu (pv Elux, déconseillé - 16)   Sam 12 Mar - 19:57

Le bruit d'une fontaine située dans la cour parvenait aux oreilles de l'homme assoupit dans son lit. La nuit avait été courte, comme très souvent, mais au moins cette fois les domestiques avaient eu la présence d'esprit de le débarrasser du corps qui autrefois avait été vivant et avait partagé sa couche. La journée était pourtant bien avancée, mais Kelen paressait encore, bien trop confortablement installé dans les draps de satin rouges et noirs.
Le Démon vivait dans un imposant manoir qu'il avait fait construire, situé dans les beaux quartiers de la capitale d'Alsmëus. Protégé par un haut mur blanc, le terrain couvrait plusieurs hectare de jardins magnifiquement entretenus. Un véritable petit paradis sur Zërya, abritant nombre de plantes exotiques et d'animaux rares. Car Kelen aimait les choses rares, les objets que l'on s'arrachait. Il faisait toujours tout pour les obtenir, et les laissait à la vue de tous. Mais gare à celui qui aurait l'audace de poser le doigt sur un seul de ses trésors. Le Démon n'était pas homme à plaisanter,et de toute façon la vie n'avait que peu d'importance à ses yeux. Aussi ne se privait-il pas de la prendre à celui qui lui faisait honte u déshonneur. Voir même à celui qui le contrariait car un petit détail avait gâché sa journée. Assurément, il était cruel.

Pour en revenir aux jardins, les plantes n'en composaient pas les seuls trésors. Poissons aux couleurs chatoyantes, fontaines dignes des plus grands palais à l'eau claire, tant et si bien qu'on pouvait y boire. Plus on s'y enfonçait, plus on avait le sentiment de se perdre dans une forêt parfaitement entretenue, dépourvue de tout danger. De petits ponts de bois rouges enjambaient les ruisseaux courant sur le domaine, des sentiers de gravier blanc bordés de lanternes traçaient un chemin pour les visiteurs, les ramenant toujours au manoir. Pourtant qu'on ne s'y trompe pas, ces jardins là n'étaient pas déserts. De somptueux fauves s'y cachaient, et il n'était pas rare d'en croiser un au détour du sentier, avant qu'il ne disparaisse dans les fougères.

Spoiler:
 

Et ne parlons pas de la maison en elle même. Il y avait bien peu de porte au final, mais surtout des arches servant d'entrée et menant à la cour intérieure. Celle là au centre de laquelle trônait fièrement une imposante fontaine, encastrée dans le marbre du carrelage. Ce carré à ciel ouvert baignait dans la lumière, et jamais la pluie n'y tombait car tout le domaine était protégé par de nombreux sorts. Le manoir en lui même s'élevait sur deux étages. Le rez de chaussée comprenait les cuisines et appartements des domestiques. Le premier, les différents salons, bibliothèques et chambre des invités, ainsi que des salle d'eau et de loisir, ainsi qu'une piscine. Enfin le dernier étage abritait les appartements de Kelen. Personne ne pouvait y accéder hormis des domestiques désignés par le maître des lieux, et les rares invités autorisés à y pénétrer. Le plus souvent les conquêtes du Démon que l'on évacuait le lendemain aussi discrètement que possible.
Même à l’intérieur les plantes restaient présentes, embaumant le manoir de leurs parfums délicats. Tout ici sentait le luxe. Des épais tapis dans les salons aux fresques peintes sur les murs, des dorures incrustées dans les boiseries jusqu'aux colonnes de marbre servant de pilier au manoir, des broderies et autres tissus fins sur les lits jusqu'au bois les composant, tout, absolument tout était une incitation à la débauche. Mais là où trop de richesse étalée en devenait lourds et vulgaire, ici les choses avaient été arrangées de telles sorte que sitôt un pied posé dans l'enceinte du domaine on avait l'impression de plonger dans un autre monde. Le paradis avait-il des semblants de ce décor de rêve ? Possible. Kelen faisait les choses bien, et il savait que l'apparence comptait pour beaucoup lorsque l'on recevait. L'impression qui se dégageait de prime abord était avant tout ce sentiment d'être ailleurs, de tout oublier, de plonger dans un monde fabuleux et qu'on savait profondément dangereux. Mais comment y résister ? Même pour les plus froids, pour ceux essayant de résister à la tentation, il n'y avait qu'à rencontrer le maître des lieux pour perdre pied. Et prier pour s'en sortir vivant.

Spoiler:
 

***

Le manoir était plongé dans le calme, troublé par les bruissements des feuilles et le clapotis de l'eau des fontaines. Parfois on percevait le feulement d'un fauve, ou un chuchotement échangé entre deux domestiques qui repartaient aussi vite à leur travail. Les consignes étaient claires : rien ne devait troubler le repos du maître. On craignait sa colère si il se réveillait de mauvaise humeur. Kelen avait la lame facile. Si l'arc était son arme de prédilection, il était un excellent épéiste également.
Allongé dans son lit, les draps découvrant largement son corps, le Démon s'était assoupit et profitait d'un repos bien mérité. La fenêtre ouverte laissait filtrer un vent léger qui agitait les rideaux. Leur mouvement laissa entrer la lumière du soleil. Un gémissement mécontent s'éleva des draps, un mouvement de tête également, tandis qu'il cherchait à retenir le sommeil encore un peu.

-Tu ne voudrais pas non plus commander au soleil Kel ? Je croyais qu'il t'avait manqué.

Assise sur le bureau, une femme piochait des grains de raisins un à un et les gobait avec gourmandise. Elle avait des cheveux roses lisses lui arrivant aux épaules, des yeux sombres pétillants de malice, un visage fin, presque enfantin. Sur sa tête, deux cornes perçaient dans l'amas rose de sa chevelure, et une queue noire fourche se balançait lentement à ras du sol. Lilith se moquait de son maître, d'ailleurs elle s'était manifestée sans invitation.

-Laisses moi dormir.
-Tu roupilles depuis trop longtemps sale couleuvre. Je vais chercher des domestiques.
-Hum ...


Simple réponse du Démon. Depuis qu'il avait retrouvé sa liberté il se refusai à faire le moindre effort. Ici tout le monde était à ses petits soins, obéissait aux moindres de ses ordres, et ça lui plaisait. Si Kelen n'était pas roi, il en avait tout l'air. En tout cas, jamais personne ne s'était opposé à lui. Et quand bien même cela arriverait, fou était l'homme osant le défier.
La porte de la chambre s'ouvrit sur deux domestiques, un homme et une femme. Eydeline, la plus âgées de toute, et chef de la maintenance du domaine. Kelen ne s'en prenait pas trop à elle, même si il ne tolérait aucun manque de respect. L'autre était encore un jeune, 19 ans tout au plus. Il s'appelait Shawn, tout juste employé. Encore craintif de son maître, il n'osait pas le regarder dans les yeux. Cette hésitation n'échappa pas au Démon.

-Toi, Shawn sursauta, habilles-moi.
-Tout de suite Seigneur. Que désirez-vous porter ?
-Mon kimono.
-Bien.


Shawn s'inclina bas et fila à l'armoire qu'il ouvrit y cherchant le kimono. Un habit de soie, rouge, orné d'un dragon doré dans le dos. Il le prit et le posa délicatement sur son bras, puis alla du côté des sous vêtements. Un sourire mauvais étira les lèvres de Kelen.

-Shawn.
-Oui Seigneur ?
-Juste le kimono ai-je dis.


Le jeune homme rougit furieusement à ces mots. Il referma doucement la porte d'une main tremblante et revint près de son maître. Eydeline se contenta de lever les yeux au ciel. Elle donna même une caque sur la main de Lilith qui mettait des pépins par terre. La succube eut beau protester, Kelen ne lui prêta pas la moindre attention. Ses yeux noirs restaient fixés sur son jeune domestique, qui lui se prenait de passion pour le sol. Venait l'heure du jeu à présent.
Le Démon se leva, faisant glisser les draps qui le couvraient et dévoilait à présent tout son corps aux yeux de son jeune serviteur. Shaw oscillait entre le pâle et le rouge brique tant la situation ne lui inspirait aucune confiance. En même temps, il ne pouvait s'empêcher de dévorer le corps du Démon. Sa peau laiteuse sur laquelle tombait des cheveux d'un noir de geais plus fins que ceux d'une femme. Ces deux perles noires qui transperçaient le jeune homme de part en part. Et surtout cette sensualité que dégageaient chacun de ses gestes.

-Qu'attends-tu ? Que je prenne froid ?

La voix suave de Kelen fit sursauter son domestique. Shawn s'inclina et lui passa la kimono,, se faisant violence pour ne pas toucher sa peau. Pourtant, lorsque ses doigts entrèrent en contact avec sa nuque lorsqu'il retira les cheveux de sous le vêtement, il cru fondre. Et quand il passa devant pour nouer la ceinture, il manqua de défaillir. Le Démon connaissait bien ces sensations, cette envie qu'il lisait dans les yeux de son serviteur.
Eydeline acheva de faire le lit. D'un coup d'oeil, elle lança l'avertissement : "que personne ne repose son fessier sur ce lit !" Puis elle quitta la chambre, accompagnée de Lilith qui voyait son raisin disparaître à l'angle de la porte, avec cette femme. Laissé seul avec son maître, Shawn en vint presque à regretter le silence trop pesant. Kelen le fixait, toujours aussi amusé. Il ne le touchait pourtant pas, et n'usait pas de son pouvoir. Pas besoin de ça, sa simple prestance suffisait.

-Shawn, sois donc plus gentil avec moi.

Le jeune homme rougi furieusement. Il désirait le toucher, il désirait même plus encore. Mais lui, comme tous les autres, savait ce que cela signifiait. Et comme tous les autres, il était inutile pour lui de résister.

-Ne taches pas mon kimono.

Shawn écarta les pans du vêtement et tomba à genoux. Enfin il posa les mains sur la peau de son maître, si douce, si chaude aussi. Enfin il pouvait goûter à lui, à son corps. Les soupirs discrets du démon brisèrent le silence. L'odeur particulière du sexe ne tarda pas à lui chatouiller le nez et éveiller son envie.
Le jeune homme venait de quitter la chambre, les jambes encore tremblantes, et secoué par les mots de son maître. "Tu as besoin de t'améliorer, je m'en chargerais." Shawn n'osait pas imaginer ce que cela pouvait sous entendre. Il fila droit vers les cuisines, suivant ses pieds, mais ma,que de chance il percuta Lilith. La succube eut un sourire carnassier en le voyant. Son index essuya la coin de la bouche du serviteur, doigt qu'elle porta à ses lèvres avant de murmurer de ce sourire sadique qui lui allait si bien :

-T'en avais encore.

Le serviteur rougit furieusement et s'enfuit à toutes jambes sous le rire mesquin de Lilith. La chambre désertée par le garçon fut bien vite envahie par la succube qui s'installa sur le lit.

-Eydeline va te faire la peau si elle voit tes fesses sur le lit.
-Ça m'est égal, quelle sale garce celle là ! Vivement qu'elle meurt tient. Et toi Kel, tu t'amuses avec les nouveaux ?
-Il n'était pas très habile de sa langue
, répondit le Démon en haussant les épaules.
-Assez pour te faire jouir en attendant.
-En usant de ma magie pour le dévergonder. Il ne sera bon que pour les dix premières nuits.
-Dix seulement ?
-Non. Je vais l'user jusqu'à la moelle et ensuite le revendre à un bordel
.

Lilith éclata de rire. Son maître achevait de se brosser les cheveux, chose que personne à part lui ne pouvait faire. Il observait la succube depuis le miroir.

-Qu'est-ce que tu fais là ? Tu attends quelque chose ?
-Pitié, je ne vais pas m'imposer ta présence alors que ta personne m'est insupportable
, répliqua Lilith. Je viens juste te rappeler que tu as de la visite.
-Ah vraiment ? Qui donc ?
-Je savais que tu aurais oublié,
soupira la succube. Eluxgyä Nilyass, le maître de la guilde des chevaliers.
-Que me veut-il ?
-Aucune idée. Tu le lui demandera toi même. Et tu ferais mieux de te dépêcher, vu l'heure il ne devrait pas tarder.


Sur ces mots, elle quitta la chambre, laissant Kelen seul, à se demander ce qu'un maître de guilde lui voulait. Un maître de guilde ... Il n'avait jamais eu aucun respect pour eux, et lui même n'appartenait à aucune guilde. Officiellement il était prêtre de Nëiro, comme par le passé. Mais c'était il y a tellement longtemps ... Plus personne ne se souciait de ça aujourd'hui.
L'homme se jeta un dernier regard au miroir. Il manquait quelque chose. Ah voilà. Sur la table était posée une boite finement travaillée, ornée de coquillage. Il l'ouvrit et en sortit un bracelet d'argent qu'il passa à son poignet. Un collier vint orner son cou, simple maillon d'argent fin se posant sur sa peau, soulignant son teint clair et soyeux. Le kimono laissé légèrement ouvert laissait apercevoir la naissance du torse. Voilà, maintenant il était parfait. Son sourire carnassier laissait présager une fin de journée explosive. Si ce maître n'était pas à la hauteur de ses attentes, il restait toujours Shawn.

Le décor était planté, et le maître des lieux à présent éveillé, le manoir tout entier sortait de sa léthargie. Comme si tout le monde attendait le réveil de Kelen pour enfin se permettre de vivre. Il fallait dire aussi que l'arrivée de ce maître de guilde soulevait bien des interrogations. Que voulait cet Eluxgyä au maître ? Était-il inconscient pour se jeter ainsi dans la gueule du loup ? Ou plus exactement, dans les bras du beau Démon.
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Eluxgyä Nïlyass
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MessageSujet: Re: [Abandonné] Le fruit défendu (pv Elux, déconseillé - 16)   Mer 16 Mar - 13:34

« Intéressant…
- Intéressant, certes. Mais dangereux. Terriblement dangereux.
- Qu’importe ! Il faut que je sache. Si cet homme est à même de connaître mon passé, alors je me contre fiche qu’il soit l’égal de Luxiaëus, l’Esprit de la Luxure.
- Oh non, vous vous trompez, Eluxgyä ! Cet homme est bien plus perfide, bien plus sournois ! Luxiaëus n’a rien d’égal à la soif insatiable qu’il abreuve constamment. Kelen Lamatsu n’est certainement pas humain, il s’agit du pire démon qui puisse exister ! »

Le Maître roula des yeux en soupirant.

« Tu exagère, Erwän.
- Pas du tout ! »

Il s’était levé précipitamment du banc de pierre en fronçant les sourcils, vexé. Eluxgyä le regardait avec insistance, un petit sourire sur ses lèvres fines. Sa position décontractée faisait saillir les muscles de ses bras qui dépassaient de sa tunique bleue. Le jeune homme, assis les jambes croisées l’une sur l’autre sans pour autant revêtir ne serait-ce qu’un vague air féminin, tapotait doucement ses doigts contre ses biceps repliés sur lui-même. Il lâcha un rire cristallin avant de reprendre :

« Je vois ! C’est seulement parce que tu n’as pas bien digéré le fait que Leïolàïr te ramène, l’autre jour. Soit, je comprends. Il peut être réellement désagréable lorsqu’il s’y met, celui-là !
- Eluxgyä… je suis on ne peut plus sérieux. Et ça n’à rien avoir avec ma désagréable balade. »

Erwän fit une courte pause avant de reprendre, le ton sentencieux :

« Et puis, avec la réputation qu’on se paye en ce moment… je pense qu’il serait judicieux de cesser les entrevues avec des catins. Des hommes, en plus.
- Assez, assez, gronda le Maître en chassant de sa main quelques mesquineries extérieures. J’ai dis que j’irais, alors, j’irais. Ce n’est pas négociable, ni arrangeable, Erwän. D’accord, c’est peut-être une mauvaise idée, et avec la paperasse qui ne décroit pas, un caprice. Je le conçois parfaitement tout cela. Mais… j’ai besoin de savoir d’où je viens, et qui je suis. Si cet homme détient le pouvoir de me révéler les réponses à ces interrogations, alors je me contre fou royalement des papiers, du devoir qu’incombe ma position, ou encore d’une réputation quelconque. Ce n’est pas essentiel, après tout, ni indispensable, d’entretenir une image de vertu.
- Un peu quand même ! protesta le conseiller. Je vous signale qu’en tant que Chevalier, nous avons le devoir d’apparaître toujours prêt à faire face, quel que soit l’enjeu ou le problème. Si le peuple ne nous fait plus confiance parce qu’on est trop occupé à aller rendre des visites de courtoisies à des prostituées, nous courrons à notre perte, et à celle de Zërya.
- Pas entièrement. Il y aura toujours des Enchanteurs ou des Assassins pour s’occuper de l’Empire. »

Erwän lâcha un long soupir excédé.

« Pas entièrement, je vous l’accorde ! Mais nous constituons tout de même une énorme partie de la protection rapprochée du peuple, vous ne pouvez le nier, Maître !
- Très bien, très bien. Tu as raison, voilà. Content ? Néanmoins, cela ne m’empêchera pas d’aller rencontrer ce Kelen Lamatsu.
- Mais quelle tête d’oünn, franchement ! dit-il en haussant la voix. Oh et puis, faites comme bon vous semble, puisque vous semblez tellement disposer à aller la rencontrer, votre catin !
- Oui, j’irais. Que cela te plaise ou non, Erwän. Tu ne peux pas comprendre ce que représente le fait de n’être, aux yeux de tes parents, qu’un encas pour dragon. Je veux savoir qui ils étaient. Mets-toi à ma place, vieil ami… »

L’interpelé se radoucit quelque peu puis s’installa à nouveau sur le banc. Il observa longuement la détresse infime dans les yeux du Maître, cette lueur isolée qui criait à l’abandon. Erwän ne put que capituler :

« Je suis désolé. »

Son ami lui tapota doucement l’épaule pour lui faire comprendre qu’il l’avait déjà excusé au moment où il ouvrait la bouche. Puis il enjoignit d’un geste son conseiller à le suivre. Les deux hommes se relevèrent, marchèrent tout les deux un moment à travers les jardins de la Guilde.

La végétation luxuriante n’était, ici, pas étouffante, contrairement à la forêt de Garënor. Les rayons du soleil levant traversaient sans difficulté le feuillage des arbres, créant ainsi un jeu de lumière riche embellit par la pluie nocturne. Pourtant, le sol était à peu près sec et rien de boueux ne venait salir les bottes des Chevaliers. Un petit ruisseau sillonnait entre les arbres élancés dans des arabesques élégantes, rafraîchissant pour qui venait se reposer en ce sanctuaire. Quelques fleurs aux pigments chatoyants s’enchevêtraient parmi l’écorce des bois morts ou les troncs des géants. Parfois, au détour d’un bosquet touffu, on pouvait apercevoir le bout de la queue d’un animal inoffensif, ou la peau grisâtre d’un banc de pierre. Et le concert fabuleux des oiseaux emplissait l’espace tout entier de ses divers piaillements.

Eluxgyä appréciait ces longues balades dans les jardins de la Guilde, non hostiles. Il aimait suivre le ruisseau pour arriver au petit lac qui bordait la Maison un peu plus loin. De sa fenêtre on pouvait le voir, parsemé de myriades d’étoile le soir. Le Maître se souvient de couchés de soleil incroyablement beaux.

« Et quand décidez-vous d’allez rendre visite à cet homme ? s’informa Erwän. »

L’intéressé réfléchit quelques instants.

« Demain matin, je pense. Ou bien dans la soirée. De toute façon le chemin sera sans doute assez conséquent, car je crains que les vents forcissent cette semaine. Et évidemment Almëus se trouve dans la mauvaise direction.
- Connaissant la vitesse de Leïolàïr, ce ne sera pas cela qui vous embêtera le plus. Il y a quelque chose qui vous inquiète ? »

Le conseil visait toujours juste. Il savait pertinemment lorsque le Maître Chevalier était tracassé.

« Je redoute seulement ce que je vais trouver là-bas, répondit Elux les yeux dans le vague.
- Vous n’allez peut-être rien trouver, alors ne vous inquiétez pas trop pour ça ! »

Le sourire rassurant qu’il lui adressa l’apaisa. C’est vrai, inutile de s’enflammer ! Il en avait arpenté, des pistes qui le mènerait prétendument à son passé. Pourtant aucune jusque là n’avait aboutit.

« Bien, rentrons. Du travail nous attends, nous avons à adouber quelques nouveaux Chevaliers, rappela Elux. La cérémonie va bientôt commencer.
- Vous avez raison. »

Et les pas des deux hommes suivirent bientôt un petit chemin pavé qui menait à l’Arène du domaine.

* * *

« Je suis prêt. »

Une journée s’était écoulée très rapidement. Finalement, il avait été décidé qu’Eluxgyä partirait le lendemain, car la fête qui avait suivie la cérémonie d’adoubement s’était un peu allongée et il en était ressorti épuisé. Sans compter les papiers qui continuaient toujours de s’entasser sur son bureau ; il avait du, tard le soir, continuer de les remplir. Aussi, alors que le soleil venait seulement d’éclairer la cours, le Maître était-il fatigué.
Erwän à son côté arborait une gueule de bois terrible. Lui, à l’inverse du Maître, s’était goinfré des plats qui avaient été servis et copieusement arrosé. Autant dire qu’une migraine atroce lui rongeait le crâne, sans compter qu’il devait, en plus, s’occuper de la Guilde aujourd’hui.

« Bien, grogna-t-il. J’ai annoncé votre arrivée tout à l’heure. Faites attention.
- Ne t’en fais pas, mon brave. Je reviens bientôt, préviens moi immédiatement si tu rencontre un problème, je serrais là dans les heures qui suivent. Bonne chance !
- A vous aussi, souffla Erwän. A vous aussi. »

Eluxgyä enfourcha son griffon chargé de quelques paquets sur la croupe. Aussitôt la bête s’élança dans une impulsion ample. Elle fila vers le ciel avec une vitesse vertigineuse, survolant le domaine Chevalier et le lac brillant. Le disque solaire dans son dos continuait son ascension monotone, irradiant Zërya de sa lumière.

Les battements d’ailes de Leïo s’intensifièrent à mesure qu’il prenait de l’altitude. Le vent, en haut, forcissait comme il l’avait prédit, contraignant les volatiles à descendre plus bas. Mais le griffon possédait plus de force et d’endurance, et il se jouait de l’élément comme un chat d’une pelote de laine.

L’astre plongeait désormais devant eux lorsqu’ils atterrirent dans la cours de leur destination. Une grande villa leur faisait face, montée en deux étages proportionnés. Nul ne doute que l’homme de la maison devait posséder des richesses conséquentes, car la splendeur de l’édifice prouvait à elle seule l’élaboration par les plus grands maîtres. Et par les plus grands jardiniers ; les jardins qui bordaient la demeure était plus beaux encore que ceux de la Guilde. Plus sauvages, également.

Eluxgyä resta bouche bée quelques instants avant de descendre de sa monture, qui s’ébroua. Il attendit qu’on vienne vers lui, ce qui ne dura pas très longtemps car sa venue était attendue. Une poignée de domestiques s’enquirent maladroitement de l’accueillirent, un peu secoués sans doute de rencontrer un Maître de Guilde.

« Bienvenue, Maître.
- Bonjour, il lut le nom épinglé sur la veste, Eydeline. Les jardins sont très beaux, vous devez avoir d’excellents jardiniers. »

La vieille femme ne répondit pas et s’enquit seulement de donner des ordres aux domestiques. Lorsque l’un d’eux voulu tendre la main pour saisir l’encolure du griffon, celui-ci eut un geste d’humeur et Elux s’empressa de barrer le geste d’un bras, afin d’éviter le pire.

« Il vaut mieux que je le fasse moi-même, expliqua-t-il. Leïolàïr a du mal avec les étrangers. »

Le garçon bégaya un « d’accord » confus avant de baisser la tête.

« Où se trouvent vos écuries ?
- Sui-suivez-moi, s’enquit le jeune homme. »

Le Maître lui emboita le pas, suivis de Leïo qui gardait un œil derrière lui. Il s’interposa violemment entre le box et son Invocateur, refusant d’entrer dans cet espace étriqué.

« Allons, ne fais pas de chichi, vieille bique ! sourit Elux. Ces conditions ne dureront pas, je te l’assure. Entre là et n’embête pas les personnes qui vont s’occuper de toi, ou sinon tu vas voir, quand je reviendrais. »

Puis il tourna la tête vers le garçon timide :

« Ne vous en faites pas, il est seulement un peu taquin. Où puis-je trouver monsieur Lamatsu ?
- Il faut voir ça avec Eydeline, dit doucement le jeune en pointant un doigt incertain. »

Son attitude était étrange, et soulevait un sourcil au Maître. Il semblait atrocement gêné.

« Merci, jeune homme. »

Et il suivit la trajectoire de son doigt précédemment levé. La femme l’attendait, une moue grave sur le visage.

« Suivez-moi, Maître. »

Eluxgyä emboita le pas de la vieille, pénétrant dans l’enceinte de la demeure. Et il vit pu noter que la richesse du lieu ne se résumait pas qu’à l’extérieur.

Des colonnes de marbres s’élevaient pour chaque étage, et le luxe semblait être l’essence même de la bâtisse. Pourtant, rien de transpirant ou exubérant : le maître des lieux avait bien veillé à meubler sa maison avec gout.

Eydeline l’emmena au second étage, et le fit entrer dans ce qui semblait être le salon, tout aussi accueillant que les autres pièces. Elle le pria de s’asseoir sur un canapé richement décorés d’entrelacs doré, très confortable. La femme s’éclipsa alors, apportant dans les minutes qui suivaient un service à thé qu’elle déposa sur la table basse.

« Monsieur Lamatsu va vous rejoindre dans un instant. »

Et, tout en s’inclinant légèrement devant son hôte, elle quitta la pièce en refermant soigneusement la porte derrière elle.

Eluxgyä en profita pour jeter un œil circulaire au salon. Une large baie vitrée laissait apparaître les rayons du soleil couchant, irradiant la pièce d’une chaleureuse étreinte. Les tapisseries sur les murs étaient brodées avec une main experte, et la salle était impeccablement propre. Pas une poussière ne venait tacher les meubles disposés toujours avec cette élégance raffinée.

Le jeune homme se saisit de l’anse d’une tasse posée sur le plateau. Il apporta le liquide fumant à ses lèvres qu’il souffla doucement pour le refroidir, et y trempa sa langue. Ce thé avait été préparé avec beaucoup de soin, et Elux s’extasia des saveurs qui restèrent sur son palet. Il reposait la tasse à demi pleine quand la porte s’ouvrait.

Et le Maître eut le souffle coupé lorsqu’elle laissa entrer un homme d’une beauté sauvage.

_________________
Eluxgyä Nïlyass
« La vitesse d'un aigle. La puissance d'un lion.
Alchimie Parfaite. »


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MessageSujet: Re: [Abandonné] Le fruit défendu (pv Elux, déconseillé - 16)   Mer 16 Mar - 17:57

Depuis le deuxième étage, un oeil noir pétillant de malice avait suivi l'arrivée du Maître Chevalier avec énormément d'attention. Eydelin avait parfaitement accueilli leur hôte, avec calme, patience, mais fermeté. Une maîtresse de maison de qualité. Qu'est-ce qui ne l'était pas ici ? Kelen, soigneux par nature, faisait toujours en sorte de choisir le meilleur. Rien n'entait ou ne sortait de sa demeure sans qu'il ne l'autorise, sans qu'il ne l'inspecte. Capricieux dans l'âme, ce qui ne lui plaisait pas était tout simplement détruit. Nombre de meubles avaient trouvé la mort sur le seuil de sa porte, des hommes avaient vu leur force et leur fierté réduite à néant par le seul regard de ce beau diable. Quand aux femmes ... leurs larmes avaient mainte fois détrempées le sol de la cour. Des demoiselles éplorées, naïves, s'imaginant déjà vivre le grand amour auprès du Démon. Les folles. Un libertin ne changeait pas sa nature pour les jolies courbes d'une créature féminine. D'ailleurs Kelen préférait les hommes, les femmes lui posaient bien trop de soucis.
Celle qui lorgnait sur le nouvel arrivant en tout cas tait une montagne de tracas quotidien à elle seule. Ses cheveux roses s'agitant dans son dos sous la petite brise qui s'engouffrait par la fenêtre, Lilith gloussait, cachée derrière le rideau. Dès qu'Eluxgyä fut hors de sa vue, elle quitta la pièce et alla retrouver son maître à qui elle attrapa le bras, le secouant comme une enfant.

-Il est beau ! Oh Kel laisses le moi ! S'il te plait laisses le moi !

Son ton se faisait suppliant, elle y ajouta même ce petit regard larmoyant. Il ne fallait pourtant pas s'y tromper, Lilith n'était qu'une enfant capricieuse certes, mais aussi une créature redoutable. Sous ses airs de petite garce, elle dissimulait un coeur de pierre, et une soif à l'égale de celle de son maître : insatiable.
Kelen ne se laissa pas berner, retirant son bras non sans brusquerie. Ces deux-là ne s’entendaient pas, et la demande de la succube se heurta à un mur. Le Démon achevait de se rendre présentable, et il répondit sèchement :

-Suffit Lilith, cet homme est ma proie.
-Tu pourrais partager ! Et que feras-tu si il te résiste ?
-Il ne résistera pas. Personne ne résiste à ses envies.
-J'aimerais qu'il t'envoie promener pour le seul plaisir de te voir chuter de ton piédestal
!

Kelen ne répondit pas à cette provocation. Et ce silence fit rager la succube qui brisa un vase sur le sol. Même ce geste ne fit pas ciller le maître des lieux qui se contenta de faire venir un domestique pour nettoyer. Avant de partir il ordonna à sa créature de se tenir tranquille pendant qu'il "négociait".

On avait servit à Eluxgyä le meilleur thé de la maison, pour faire honneur au chevalier, mais surtout pour lui signifier toute l'attention que lui portait Kelen. Ce n'était pas totalement faux. En vérité, la demande de cet homme à rencontrer le Démon avait suscité une forte interrogation. Que voulait-il ? Etait-il fou de se jeter ainsi dans ses bras ? Et surtout, lui résisterait-il ? En cuisine on avait déjà ouvert les paris. Malika riait en assurant que le chevalier ne passerait pas la soirée. Eydeline était moins sûre de cela, jugeant que l'homme n'était pas dépourvu de caractère et saurait bien tenir tête à Kelen. Mais devant le chevalier, on restait calme et poli. Pas la moindre trace d'inquiétude ou d'amusement.

Les pas du Démon ne résonnaient pas, absorbés par les épais tapis. Il avançait le sourire aux lèvres, impatient de rencontrer son invité. Là où d'autres auraient fait une entrée fracassante, Kelen se contenta d'ouvrir doucement la porte puis de la refermer sans un bruit avant de faire face au chevalier. Là où d'autres se seraient parés de leurs plus beaux vêtements pour impressionner et se pavaner, Kelen portait un simple kimono et quelques bijoux d'argent sur sa peau claire. Leurs regards se croisèrent, rapidement, mais cela paru interminable, chacun examinant l'autre, le jugeant, s'en faisant déjà une idée. Les iris noirs de Kelen frappant ceux, plus clairs mais tout aussi profond, de l'homme qui lui faisait face. Et déjà le Démon ne pouvait s'empêcher de sourire intérieurement : cet homme n'avait rien de celui qui connait le Vice. Une proie potentielle, une proie certaine même, qui ne se laisserait pas faire facilement. Du moins Kelen l'espérait. Un peu de résistance corse toujours la chasse et la rend plus excitante. Les domestiques présentent suivaient du regard le combat qui commençait.

Le maître des mieux sourit avec réserve, mais avec une chaleur non dissimulée à son invité. Il ouvrit la bouche, laissant alors entendre une voix douce, suave, assez basse également car il n'aimait pas à parler fort :

-Pardonnez cette attente, je viens seulement de me lever et je me rendais présentable afin de vous accueillir au mieux. Je suis Kelen Lamatsu, et serait votre hôte le temps de votre visite.

Il s'inclina légèrement, faisant glisser ses fins cheveux noirs le long du kimono dont les pans s'écartèrent quelque peu, laissant alors une vue plongeante sur le corps qu'il dissimulait. D'un geste de la main l'homme ramena ses cheveux dans son dos, laissant les mèches habituelles courir sur son visage et parfois dissimuler ses iris sombres. La première envie qui venait alors à celui qui faisait face au Démon était de tendre la main pour éloigner ces mèches qui cachaient le visage de leur propriétaire. Un premier geste signifiant que Kelen avait gagné la partie. Car celui qui le touchait perdait, à tous les coups. Mais pas de précipitation, voyons d’abord ce qui lui valait l'honneur d'une telle visite.
Prenant place sur la banquette aux épais coussin, Kelen ramena ses jambes sur les étoffes, n'aimant pas les laisser au sol. A moitié allongé, il attendit qu'on lui serve le thé. Une attitude désinvolte, paresseuse, mais qui lui allait si bien. Ses jambes furent quelque peu dévoilées, révélant leur galbe parfait qui en ferait rougir d'envie une femme. Elles semblaient douces, autant que tout son corps à vrai dire. Bien entendu, préciser qu'il était imberbe aurait été parfaitement inutile. Kelen accordait à son apparence une attention toute particulière. Lorsqu'on lui servit le thé, il grimaça après y avoir trempé les lèvres.

-Du miel. Oh et de quoi manger également, des fruits pour rouges.
-Bien Seigneur.


La domestique s'inclina et se rendit en cuisine chercher ce qu'on lui avait demandé. Ou ordonné de rapporter, car Kelen ne s'encombrait pas de la politesse. Restait Eydeline, garante de la sécurité du chevalier. Tant qu'il ne se retrouvait pas seul avec le Démon, Eluxgyä n'avait rien à craindre. Ou presque.

-J'avoue avoir été surpris d'apprendre votre venue ici. Et j'en suis aussi très curieux. Parlez, et sachez que vos secrets ne seront pas répétés.

Il sous entendait par là que les domestiques seraient muets comme il convient qu'ils le soient. La porte s'ouvrit, laissant apparaître celle que Kelen avait chargé de ramener les fruits. Une fois le plateau posé, il tendit le bras pour s'emparer d'une framboise et la porta à ses lèvres. La gourmandise un autre pêché qui ravissait le Démon. Bien vite, ses lèvres couvertes de jus devinrent rouge sang. Il les lécha du bout de la langue, sans un regard pour Eluxgyä, mais sachant très bien que l'autre n'en perdrait pas une miette.
Comment allait-il l'embêter ? C'était là la seule préoccupation du maître des lieux.

D'ailleurs que pensait le chevalier ? Ah certainement qu'il connaissait la réputation de Kelen. Certains l'assimilaient à une catin, une vulgaire traînée, prostituée de luxe abaissée à assouvir les envies les plus inavouables. Ceux là avaient tout faux. Kelen n'avait rien d'une catin. A l'image de la succube qui lui servait de créature, il était un être se nourrissant du plaisir de ses victimes. Et qu'on ne se leurre pas, ce n'était pas lui qui assouvissait les envies des autres, mais bien les autres qui se jetaient à ses pieds pour avoir ne serait-ce que le plaisir de sentir ses doigts fins sur leur peau.
Une nouvelle fois la porte s'ouvrit, sur Shawn cette fois. Le jeune garçon rougi furieusement en voyant son maître. Ses yeux se rivèrent au sol tandis qu'il s'inclinait et bafouillait d'une voix hésitante :

-Excusez-moi, je viens vous informer que votre griffon est sortit profiter du jardin. Le box ne devait pas lui convenir.

Il fit mine de repartir mais Kelen, voyant là matière à jouer, le coupa net :

-Shawn.
-Oui Seigneur ?
-Restes ici.


Le jeune domestique déglutit péniblement et alla donc s'asseoir au sol, contre le canapé. Il offrait les fruits à son maître du bout des doigts, chaque contact le faisant frissonner. Le désir se lisait sur son visage, et se contenir devant leur invité devait être bien difficile pour lui. D'ailleurs, Shawn lançait parfois au chevalier des regards noirs lui signifiant que sa présence le dérangeait. Que si il n'était pas là, à cette heure, il pourrait profiter de son maître. Kelen le rappela à l'ordre :

-Cesses de fixer mon invité de la sorte ou c'est lui que je fais asseoir près de moi.

Le sourire mesquin aux lèvres, le Démon jubilait en sentant la jalousie poindre chez son jeune domestique. Mais passons, la priorité venait à ce cher chevalier qui venait de mettre à mal sa vertu en pénétrant ici.

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Eluxgyä Nïlyass
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MessageSujet: Re: [Abandonné] Le fruit défendu (pv Elux, déconseillé - 16)   Dim 20 Mar - 11:21

La porte s’ouvrit avec douceur, laissant le pas léger d’un homme pénétrer l’intérieur de la pièce. D’une grâce féline, il fit face au Chevalier, sans esquisser la moindre animosité à son encontre. Un large kimono recouvrait son corps, qui ne devait certainement pas manquer d’attiser les convoitises. Quelques bijoux d’argent paraient sa peau exquise. De longs cheveux noirs créaient une couronne de jais tout autour de son visage doux. Ses lèvres carmin esquissèrent un sourire radieux. Mais ce qui frappa le plus Eluxgyä, ce furent ses yeux. D’une noirceur qui n’a d’égal que les abysses les plus obscurs, il n’y décela aucune agressivité, mais une convoitise enfouis, insatiable. Le sang du Maître se glaça dans ses veines. Le combat serait rude.

La bouche de l’homme s’ouvrit pour laisser entendre une voix suave dans un murmure aérien :

« Pardonnez cette attente, je viens seulement de me lever et je me rendais présentable afin de vous accueillir au mieux. Je suis Kelen Lamatsu, et serait votre hôte le temps de votre visite. »

Il s’inclina doucement. Ses longs cheveux glissèrent de ses épaules pour recouvrir une partie de son visage, et son kimono laissa entrevoir un torse laiteux, agréablement dessiné. Kelen remit en place ses cheveux d’un geste fluide, laissant toutefois quelques mèches de son plein grès. Elux réprima l’envie de se lever pour remettre en place les filaments ébène ; il ne fit que se redresser pour saluer d’une légère révérence son hôte.

L’hôte prit place sur la banquette en face, s’y installa avec beaucoup d’élégance en ramenant ses jambes au galbe parfait sur les épais coussins. Aucun poil, ni la moindre tâche venaient les enlaidir. Il attendit qu’on lui serve le thé avant d’y tremper ses lèvres pour ordonner qu’on vienne lui apporter du miel ainsi que des fruits rouges. Tandis que la domestique qu’il avait chargé de la besogne s’activait, Eydeline restait en retrait, comme pour imposer sa présence à son maître. Eluxgyä fronça imperceptiblement les sourcils, car il comprit qu’elle n’était là que dans le but de le protéger. Et cela le fit légèrement frissonner.

« J’avoue avoir été surpris d'apprendre votre venue ici. Et j'en suis aussi très curieux. Parlez, et sachez que vos secrets ne seront pas répétés. »

Le Chevalier sut immédiatement qu’il parlait du silence de ses serviteurs, et acquiesça sans un bruit. Néanmoins il prit soin de ne rien révéler pour l’instant, jugeant qu’il devrait attendre encore un peu. La jeune femme chargée d’apporter la commande de son maître réapparut alors, déposant le plateau qu’elle tenait entres ses mains. Elle s’effaça sans un mot.

Kelen tendit le bras pour s’emparer d’une grosse framboise qu’il porta à ses lèvres. Le jus rouge dégoulina le long de sa bouche, faisant ainsi miroiter la commissure de ses lèvres. Le Maître Chevalier résista à l’envie de les lécher pour en ôter le délicieux liquide, et ne bougea pas d’un pouce. A la place, il reprit la tasse qu’il avait déposée auparavant, jeta un œil à Eydeline pour se donner du courage et but d’une traite le breuvage encore chaud. Tant qu’elle restait là, il pourrait faire face et affronter Kelen.

Le garçon charger de s’occuper de sa créature apparut alors, rougissant à la vue de son maître. Il bafouilla quelques mots à l’adresse d’Eluxgyä, qui profita de ce moment pour faire le vide dans son esprit.

« Excusez-moi, je viens vous informer que votre griffon est sortit profiter du jardin. Le box ne devait pas lui convenir.
- Hum, je me doutais bien qu’il ne tiendrait pas en place. J’espère qu’il ne vous a pas posé trop de problème, jeune homme, répondit le propriétaire en lui offrant un maigre sourire. »

Le domestique hocha la tête, et tourna les talons. Mais Kelen l’interpella :

« Shawn. »

Le jeune homme se retourna, une lueur nouvelle au fond de l’œil.

« Oui Seigneur ?
- Restes ici. »

Shawn s’avança avec lenteur, une perle de sueur glissant sur sa tempe gauche. Il s’assit près de son maître, et lui donnait les fruits dans la bouche. Chaque fois que ses doigts effleuraient ses lèvres, Eluxgyä notait un frisson imperceptible le cueillir. Le visage du domestique était pleins de convoitises, il arrivait parfois qu’il jette un regard noir au Chevalier, comme une bête marquait son territoire. Kelen le menaça alors, un sourire énigmatique sur ses lèvres. Il s’amusait de la situation.

« Cesses de fixer mon invité de la sorte ou c'est lui que je fais asseoir près de moi. »

Une jalousie intense s’empara des yeux de Shawn, qui continuait son travail sans plus lancer de regard au Chevalier.

Eluxgyä jugea que le moment de lui révéler les raisons de sa venue était arrivé, ce qui lui permettrait peut-être un peu de répit.

« Si je vous rend visite aujourd’hui, c’est dans le but de recueillir des informations. On m’a dit, de sources fiables, que vous seriez peut-être à même de me les fournir, c’est pourquoi je suis là. »

Le Chevalier fit une pose, analysa le visage de son hôte pour y déceler une trace de changement. Puis il reprit, de sa voix calme et envoutante :

« Comme vous devez certainement le savoir, il est de notoriété public que j’ai été abandonné par mes géniteurs et adopter par Domnïel Nïlyass, qui me donna mon nom aujourd’hui. Selon mes sources, vous connaîtriez ma mère biologique. »

Eluxgyä savait bien que Kelen ne pouvait deviner de qui il s’agissait. Aussi ajouta-t-il les derniers éléments qu’il avait à sa connaissance.

« Lorsque Domnïel m’a recueillit, il m’a trouvé dans la Vallée du Vent, au milieu des herbes folles et en proie au Dragon qui régissait les lieux. Ma mère aurait habité le village qui borde cette Vallée. Enfin, nous n’en sommes pas aussi sur, mais cela reste une piste envisageable et plausible. J’aimerais savoir qui elle était, finit-il dans un souffle. »

Jamais il ne s’était sentit aussi près du but. Les battements de son cœur s’activèrent, et il retenait son souffle dans l’espoir que son hôte connaissait effectivement l'identité de sa mère.

_________________
Eluxgyä Nïlyass
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Alchimie Parfaite. »




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MessageSujet: Re: [Abandonné] Le fruit défendu (pv Elux, déconseillé - 16)   Lun 21 Mar - 8:41

Lassé de Shawn et sa jalousie maladive, Kelen finit par le renvoyer. Inutile de s'encombrer de cette créature qui ne passerait pas l'année. L'homme était gourmand, aussi la vie de son jeune domestique ne dépasserait pas les six mois. A moins qu'il ne se trouve une autre source de distraction, comme ce jeune chevalier tout à fait à son goût.
Sans rien dire, il écouta sagement ce qu'Eluxgyä avait à raconter. Il recherchait ses origines, et espérait peut être trouver une réponse chez le Démon. Une supposition qui s'expliquait facilement, pour des raisons connues de Kelen seulement. Quel âge avait-il après tout ? Pas loin de l'âge de Zërya elle même. L'immortalité avait du bon parfois. Pour lui, resté prisonnier de l'Au-delà pendant des siècles, c'était comme si une partie de sa vie manquait à l'appel. Il se devait de la combler. Et voilà qu'on lui demandait de combler celle des autres.
L'homme frappa dans ses mains et ordonna d'une voix qui ne laissait aucune protestation possible :

-Dehors.
-Mais Seigneur,
tenta Eydeline.
-J'ai dis dehors !
-O-oui Seigneur.


Les deux domestiques s'inclinèrent avant de quitter le salon. La femme ne manqua pas de couler un regard au jeune chevalier. Elle se voulait rassurante, mais dans ses yeux clairs, on devinait facilement l'avertissement qu'elle adressait au Maître.
Une fois seul, Kelen se leva et se dirigea vers le fond du salon. Là, le long du mur, une petite bibliothèque chargée de livre et de décoration. Il posa l'index sur la couverture du premier, longea de trois livres sur la droite, descendit de cinq, et compte deux sur la gauche, remonta de un à droite qu'il tira vers lui. Un déclic se fit entendre, et sous les yeux du chevalier, le Démon révéla l'un des passages secrets de sa demeure. La bibliothèque coulissa sur le côté, dévoilant une porte dérobée encore dissimulée par de lourds rideaux pourpres. Le Démon ne se retourna pas, mais l'ordre fusa, sans qu'il ait besoin de poser des question sur ce qu'il venait de montrer :

-Venez.

Il s'engouffra derrière le rideau. Le couloir était sombre, nullement éclairé. Kelen récita une formule, et une petite flamme jaillit de sa main, bientôt suivie par quelques sœurs qui flottèrent dans l'air pour les éclairer. Au vue de son pouvoir, tiré de Nërio, sa prédisposition aux sorts de feu s'expliquait facilement.
Kelen ne parlait pas, marchant droit devant lui. Il entraînait son invité dans les profondeurs de sa maison, et de surcroît, Eluxgyä se retrouvait seul avec lui. Un bruit sourds derrière eux les informa que le passage venait de se refermer. Ainsi le chevalier était-il prisonnier des griffes de son guide.
Le couloir déboucha enfin sur une pièce, immense, circulaire, éclairée par des fenêtres magiques qui donnaient l'illusion de voir le jardin au travers des vitres. Kelen venait de conduire le jeune Maître au cœur de sa maison : la bibliothèque. C'était une pièce totalement inaccessible pour qui ne connaissait pas les différents passages qui y menaient. Le Démon protégeait farouchement ses trésors. Chaque livre était ensorcelé, la pièce elle même reconnaissait son maître ou non. Il fallait dire que les œuvres qu'elle renfermait feraient pâlir d'envie les plus grands scientifiques et historiens de l'époque. Au fil des années, Kelen avait acquis énormément de connaissances, ainsi que des ouvrages anciens que certains pensaient perdus à jamais. Tous cachés ici. A commencer par ceux traitant de l'origine même de Zërya, et des Meÿdrunes. Mais de cela il n'était pas question ici.
L'homme guida le chevalier à travers les rayons, car il était bien facile de se perdre. Surtout qu'une fois entré, le passage se refermait, impossible de retrouver la sortie. Et l'un des premiers sorts consistait à faire se ressembler tous les livres, et en rendre les titres illisibles. De sorte que tout repère devenait impossible. Kelen s'installa sur une épaisse banquette et fit signe à son invité d'en faire de même. Après ce long silence, les explications s'imposèrent enfin.

-J'ai connu votre mère, même très bien connu, pour être celui qui a pris sa vie.

Il alla chercher un petit livre, un journal, ses mémoires sans aucun doute. Des pages entières noircies, contenant ses secrets. Lentement il en tourna les feuilles jusqu'à retrouver le passage parlant de la femme dont il était question. A nouveau un silence, seuls les yeux noirs du Démon prouvaient qu'il était en train de lire. Et au bout de quelques minutes, il reprit la parole :

-Elle s'appelait Sÿlwià Edèn, une jolie femme, très connue dans le milieu. Une prostituée de luxe comme on dit. Elle n'acceptait que la compagnie des nobles. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois, nous avons partagé le même lit également. Un sourire entendu dessina ses lèvres carmins. Elle est morte il y a un moment déjà, c'est moi qui l'ait achevé. Vous n'êtes pas sans savoir que la maladie est chose courante dans ce milieu. Elle avait attrapé le Mal d'Herasmède, ainsi nommé chez les femmes. C'est une maladie liée aux rapports sexuels avec des partenaires trop variés, traînant un peu partout. Une maladie absolument horrible, qui détruit ce qui fait une femme. Plus de fertilité, disparition des seins, perte des cheveux et des dents, pour finir le corps s'affaiblit jusqu'à n'être qu'un squelette couvert de peau. Les souffrances endurées sont à la hauteur de l'horreur de ce mal. C'est donc moi qui ai achevé son existence.

C'était là la pure vérité. Ce mal était fréquent chez les prostituées, et chez les hommes elle portait un autre nom, mais les effets restaient les mêmes. Kelen reprit, racontant l'histoire de cette femme :

-Je savais qu'elle avait eu un fils, mais jamais je n'aurais cru le rencontrer. Votre père était pirate, Nahël Yllùndïl, c'est son nom. Je ne sais si il vit encore, seul le roi des pirates pourrait vous renseigner. Elle en est tombée folle amoureuse, mais pour je ne sais quelle raison, certainement son métier, elle s'est enfuie et a rompu dès qu'elle se rendit compte porter son enfant. Vous. Elle vous a abandonné pour votre bien. Je ne sais pas si vous connaissez le sort réservé aux enfants de prostituées, mais sachez que jamais vous n'auriez terminé chevalier. Et encore moins Maître. Il rit doucement, une lueur amusée dans les yeux. Vous avez eu de la chance si l'on peut dire. De votre père je ne sais rien, je ne l'ai jamais rencontré.

Ah quelle stupidité de faire des enfants, et de tomber amoureux. Jamais Kelen ne retomberait dans ce piège, pour avoir bien trop souffert par le passé. L'amour l'avait transformé en ce qu'il était. Son amour impossible et interdit pour ... Mais inutile de ressasser les vieux souvenirs. L'homme secoua la tête pour chasser ces pensées, faisant s’agiter ses longs cheveux noirs. Reportant son attention sur le jeune chevalier, son sourire se fit plus gourmand.

-Ainsi j'ai devant moi le fils de cette chère Sÿlwià. Maintenant que je vous regarde, c'est vrai qu'il y a quelques ressemblances.

A nouveau Kelen feuilleta son journal, et cette fois le fit glisser vers Eluxgyä. Une double page, l'une comportant des annotation sur la mère de ce dernier, l'autre représentant son portait dessiné par Kelen lui même.

-Voici le visage de votre mère, murmura t-il sans cesser de le fixer.

Le Démon recula, s enfonçant sur la banquette, respectant ainsi ce moment de silence. Son appétit pour le jeune homme n'en fut que plus fort, mais ce trophée là serait difficile à obtenir il le savait. D'autant plus que Kelen se refusait à user de sa magie sur lui. Après un moment, il reprit toujours à voix basse :

-Je vous en ferais une reproduction si vous voulez, comprenez que je ne peux vous laisser l'original.

Ses doigts se refermèrent sur le livre qu'il reprit à Eluxgyä, et il alla le ranger. Maintenant qu'il lui avait rendu ce service, c'était au chevalier de le remercier. Kelen revint vers lui, le fixant de ses prunelles noires, toujours ce sourire aux lèvres. La distance entre leurs deux corps fut réduite à l'état de rien. La voix toujours aussi basse et suave, il demanda sur le ton de la taquinerie :

-J’espère que vous vous montrerez reconnaissant Maître chevalier.

Il souffla sur son cou avant d'y poser l'index. Le doigt suivit ainsi la jugulaire, jusque sous le menton, obligeant le jeune homme à relever la tête et à fixer son interlocuteur. Ainsi commençait le jeu. Kelen passa le pouce sur les lèvres du chevalier, le regard gourmand, et surtout amusé. Ses lèvres rouges sang se posèrent sur celles, plus pâles, du jeune homme qu'il fixait, les yeux légèrement entrouverts. Il en força doucement le barrage, venant goûter au fils de cette femme dont il avait pris la vie. Sa langue joua avec celle du chevalier en bref instant, avant qu'il ne se recule, sa saveur toujours imprimée sur ses lèvres qu'il se lécha lentement.

-Vous resterez bien manger ? Je serais ravi de répondre à vos questions.

Comme si de rien n'était, Kelen lui fit signe de le suivre. Le passage s'ouvrit à nouveau, les conduisant au salon. Le reste était entre les mains du chevalier. Si Kelen s’était bien débrouillé, l'autre serait suffisamment intrigué pour rester. Et peut être découvrir des envies refoulées dont il ne soupçonnait pas l'existence.
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MessageSujet: Re: [Abandonné] Le fruit défendu (pv Elux, déconseillé - 16)   Dim 27 Mar - 14:31

[HRP : je m'excuse pour le retard, j'ai été quelque peu occupé ces temps-ci... j'espère que la réponse te satisfera Smile.]


Kelen, tout d’abord, renvoya le domestique chargé de le nourrir. Shawn s’éclipsa sans un mot, la mine renfrognée et une haine palpable à l’encontre du Maître Chevalier. Néanmoins, celui-ci n’y accorda aucune attention ; tous ses sens étaient focalisés sur le démon dans l’espoir de recueillirent un geste, une attitude, une expression… n’importe quoi qui pourrait le renseigner sur ses pensées. Eluxgyä avait développé beaucoup d’aisance à décrypter ces signes éphémères qui trahissent chaque personne. Cette aptitude à décoder les messages du corps lui avait également permit d’apprendre à dissimuler les siens ; aussi ne laissait-il transparaître aucun signe qui pourrait le trahir.

Mais cette fois-ci, c’était différent. Il avait face à lui un visage parfaitement neutre, dénué du moindre petit indice. Rien. Pas même un sourcillement hâtif. Le Maître ne désespéra pas, et chercha avec plus d’attention dans le seul endroit qu’on ne pouvait maquiller. Les yeux. Le reflet de notre Âme.

Une lueur fugace s’y encrait, peut-être un peu amusée, mais reconnaissable tout de même ; c’était l’éclat de celui qui sait. De celui qui détient la réponse, et qui s’en distrait. Parce qu’il avait le pouvoir, parce qu’il détenait les clés de la situation. Dans cette pièce, il était le seul Maître.

Il frappa dans ses mains.

« Dehors. »

Son ton sans appel claqua à travers toute la pièce. Eydeline tenta de protester.

« Mais Seigneur…
- J’ai dis dehors ! »

La domestique bégaya un « oui » qu’elle ponctua d’un bref signe de tête. Elle emboita le pas à sa collègue qui quittait déjà la pièce, mais avant de passer le seuil de la porte, Eydeline adressa un regard au Maître Chevalier. Elux y lut une mise en garde évidente, et il sut qu’il devrait faire preuve de beaucoup de sang froid pour se sortir de cette situation.

En temps normaux, le Chevalier n’aurait prit aucun risque ; peu d’informations au sujet de son hôte, et les seules dont il disposait n’étaient guère rassurantes. Mais son instinct le guidait, sa détermination sans failles lui imposait d’agir à l’encontre des dangers. Sa curiosité le rongeait. Et puis, il y avait cette lumière au fond de l’œil de Kelen. La lumière de celui qui sait.

Cette même lumière qui tenait Eluxgyä Nïlyass en haleine.

Il resta assis sur le divan confortable, observant l’homme se lever avec cette grâce magnétique et se diriger au fond du salon. Une petite bibliothèque lui faisait face, sur laquelle il posa son regard ébène avant d’y faire courir son index. Du bout du doigt il caressait la tranche de livres que le Maître Chevalier ne pouvait voir, puis tira sur l’un deux. Un bref déclic retentit. Le rayonnage sur lequel se trouvait le bouquin grinça et coulissa, révélant ainsi une porte de bois masquée par de lourds rideaux parme. Sans se retourner, Kelen lui ordonna de le suivre.

Le Chevalier se leva sans piper mot sur ce à quoi il venait d’assister, et rejoignit son hôte dans le couloir sombre, où seule la lumière du salon perçait sous la toile violette. Le démon récita quelques mots qui firent jaillirent de sa main une petite flamme. Le couloir fut alors illuminé par ses semblables flottant dans les airs.

L’homme avança, Eluxgyä le suivit sans un bruit. Tous ses sens alertes lui criaient danger, mais il les ignorait, aveuglé par cette réponse qu’il désirait tant connaître. Même lorsqu’un lourd cliquetis lui informait que le passage était désormais fermé, il ne s’inquiéta pas d’avantages ; même alors que son hôte s’enfonçait de plus en plus dans ce dédale incongru de couloirs, il ne réagit pas plus que cela. Le Chevalier continuait de marcher derrière le démon.

Ils débouchèrent enfin sur une pièce ronde, immense, lumineuse. De larges fenêtres donnaient sur le jardin, et l’on se demandait d’ailleurs comment car il semblait pourtant bien que l’on se trouvait sous la maison. Néanmoins, Elux résolu le mystère sans trop de mal, interprétant l’étrange aura étincelante tout autour comme une trace de magie. Il n’eut, d’ailleurs, pas plus de mal à deviner quel était l’utilité de cette pièce.

De longs rayons sillonnaient la salle sans aucune logique, comme un labyrinthe, tous entièrement remplis de livres aux reliures anciennes et sans aucun doute précieuses. Eluxgyä resta sans voix quelques instants, s’émerveillant et n’imaginant pas même le dixième des richesses qui y reposait. La magie, palpable tout autour d’eux, semblait l’acculer d’une animosité toute particulière qui le gardait bien de faire ne serait-ce qu’un geste soupçonneux. Toute la pièce était ensorcelée, le Chevalier pouvait le sentir.

Kelen avança alors, la bibliothèque sembla tournoyer. Eluxgyä ne comprit pas bien, les tranches des livres finirent par toutes se ressembler, et il ne pouvait désormais plus reconnaître les lettres qui y figuraient. Il prit bien soin de ne pas perdre son guide, car il sentait que même doté d’un excellent sens de l’orientation, on ne sortait pas comme cela d’ici.

L’hôte s’installa sur une épaisse banquette et fit signe au Chevalier de le rejoindre. Sans broncher, celui-ci obéit servilement, attendant fébrilement les réponses qui le tenaient entièrement soumis.

La bouche du démon s’entrouvrit, Elux restait pendu à ses lèvres carmin.

« J’ai connu votre mère, même très bien connu, pour être celui qui a pris sa vie. »

La révélation poignarda le Maître Chevalier qui ne bougea pourtant pas d’un pouce. Néanmoins, si l’on s’attardait sur ses yeux, on pouvait lire une colère, une rage, un cri de désespoir naissant qui accaparait toute son iris. Pourtant, il ne la connaissait pas, et pire encore ! Il lui en voulait de l’avoir abandonner, de l’avoir délaissé à ce dragon, de n’avoir été qu’une simple friandise à ses yeux. A moins que… qu’elle ne l’est jamais abandonné ? Que l’homme qui se tenait debout face à lui, à prendre un livre aussi naturellement et innocemment qu’autrui… ne lui ait volé son enfance ? Sa vie ?

Il retint son souffle et serra le poing.

Le démon tourna les pages en silence, lisant rapidement quelques lignes de chacune d’elle jusqu’à s’attarder sur un paragraphe au milieu du livre.

« Elle s’appelait Sÿlwià Edèn… »

Sÿlwià Edèn. Eluxgyä aima immédiatement ce prénom, et il lui inventa une voix douce, claire, tendre, qui lui murmurait des berceuses dans son esprit. Un visage penché au dessus d’un poupon esquissait un sourire affectueux, le prenait dans ses bras et le serait sur son sein.

L’image ne dura qu’une fraction de secondes seulement. Un mot le rappela à la réalité, le gifla durement comme pour lui montrer que, de toute façon, son enfance n’était voué qu’à l’abomination. Prostituée. Sa mère était une prostituée. Et l’homme qui se tenait face à lui avait disposé de ses services. Un sourire mesquin étira ses lèvres, répugnant.

Eluxgyä écouta la suite de son histoire, sans broncher. En fait, Kelen ne l’avait tué que pour lui rendre service. Le Mal d’Herasmède la rongeait, dans tous les sens du terme. Il n’osa imaginer dans quel état était sa mère lorsqu’elle rejoignit l’Au Delà. Un court silence s’ensuivit, rapidement rompu par le démon qui reprenait.

« Je savais qu'elle avait eu un fils, mais jamais je n'aurais cru le rencontrer. Votre père était pirate, Nahël Yllùndïl, c'est son nom. »

Nahël Yllùndïl. Un Pirate… il comprit instantanément d’où venait son amour pour la mer. Et sa sympathie envers les Fils d’Effrit. Connaissait-il son existence, puisque sa mère l’avait quitté dès qu’elle sut porter un enfant ? Etait-il toujours en vie ? Eluxgyä préparait déjà une rencontre avec le Roi des Pirates pour lui poser plus de questions sur son père.

« Elle vous a abandonné pour votre bien, poursuivit Kelen. »

Cette phrase chamboula le Maître Chevalier. Pour son bien ? Mais savait-elle combien d’années avait-il souffert, combien d’années avait-il enduré cette interrogation qui planait au dessus de lui, inlassablement ? Il avait failli en mourir ! C’était trop facile de dire à un orphelin qui a vécut dans l’ignorance toute sa vie que cet abandon était « pour son bien ». Et de quel bien, d’ailleurs ? N’aurait-elle pas pu l’élevé ?! N’auraient-ils pas pu être heureux ?!

Puis il se souvient. Il se souvient de ce gamin, enfant de fille de joie comme lui, couvert de bleus et de blessures, encerclé par ses camarades goguenards qui riaient grassement tout en l’insultant. Ce petit garçon… il aurait pu l’être. Et il aurait été condamné à n’être, aux yeux des autres, qu’une erreur, une abominable erreur vouée à un destin identique. Jamais il ne serait devenu Maître, quand bien même il dépassa tous les autres.

Les yeux du démon le dévisagèrent avec une convoitise et un désir non dissimulés.

« Ainsi j'ai devant moi le fils de cette chère Sÿlwià. Maintenant que je vous regarde, c'est vrai qu'il y a quelques ressemblances. »

Eluxgyä toucha de sa main son visage, comme pour saisir cette ressemblance qu’il lui ventait. Son hôte feuilleta les pages de son livre, et s’arrêta à une double page où le portrait d’une femme était dessiné. Le Chevalier sut immédiatement de qui il s’agissait, et s’empara avec maladresse du manuscrit que lui tendit Kelen.

Son cœur cognait contre sa poitrine avec une force qu’il ne lui aurait soupçonnée. Il fit glisser ses doigts le long de ce visage fin, pâle, dont les traits se calquaient parfaitement sur les siens. Des traits délicats et harmonieux, qui attiraient sans doute aucun les hommes. Ses lèvres s’étiraient dans un sourire doux, identique à celui de son fils, quoi qu’un peu plus léger. Mais le plus frappant, c’était les yeux : deux billes rouges sang absolument semblables à celles qui parcouraient la page. Une tristesse diffuse y était encrée. L’unique chose qui les différenciait était leurs cheveux. Ceux de la femme dessinée étaient d’une noirceur ébène, et descendaient en larges boucles plus bas que ses épaules, alors qu’Elux les avaient blancs.

Il contempla longuement le portrait de sa mère, et se demanda à quel moment elle avait été dessinée. Le Chevalier n’entendit même pas Kelen lui proposer de lui faire une reproduction, et le laissa reprendre son livre, une pointe d’amertume non dissimulée. Il l’aurait regardé des heures durant.

Il se recroquevilla sur le canapé, enserrant ses jambes de ses bras comme le ferait un enfant contrarié, ou bien un enfant rêveur. Un frisson courrait sur son corps.
Le démon se rapprocha alors de lui, jusqu’à ce que la distance qui les sépare ne soit réduite à quelques centimètres à peine. La respiration du Maître s’accéléra, il se mit à rougir.

De sa voix suave, il taquina le Maître qui était redevenu un jeune garçon chétif :

« J’espère que vous vous montrerez reconnaissant, Maître chevalier. »

Il ne savait pas vraiment comment interpréter cette phrase, trop secoué pour y mettre un sens. Ses yeux se posèrent sur le sol, il resserrait son emprise sur ses genoux. Kelen fit glisser son index sur son coup, jusqu’à le forcer à relever son visage vers le sien. Dès que le regard d’Eluxgyä capta celui de son hôte, il comprit immédiatement –et trop tard-, ce qu’il entendait par « reconnaissance ». Cette lueur gourmande l’imprégnait tout entier. Il tenta d’échapper à son emprise, de détourner le regard. Il ne parvint qu’à fermer les yeux avec force.

Le pouce de Kelen caressa ses lèvres tremblantes qu’il retenait de se glisser sur le cou de l’homme. Son souffle chaud s’approcha de sa bouche dangereusement ; pourtant Eluxgyä avait cessé de combattre l’emprise qu’il avait sur lui, et l’aida même à réduire la distance, avide d’explorer cette partie du corps qu’il n’avait jamais connu qu’avec les yeux.

Il sentit la langue de Kelen insister doucement entre ses lèvres, qu’il ouvrit un peu maladroitement afin de la laisser pénétrer l’intérieur de sa bouche. Leur haleine se lièrent, le Chevalier s’imprégna de cette sensation chaude qui lui montait à la tête et faisait cogner son sang contre ses tempes. Trop vite à son gout, Kelen se retira.
Eluxgyä réalisa ce qu’il venait de faire quelques secondes trop tard, apportant ses doigts à ses lèvres qu’il mordillait. C’était son premier baiser.

« Vous resterez bien manger ? Je serais ravi de répondre à vos questions. »

Il hocha la tête, comme absent. De nombreuses questions tourbillonnaient dans son esprit, s’entrechoquaient sans jamais qu’il ne puisse saisir leur intitulé exacte. Il savait seulement que sa raison voulait en apprendre d’avantage sur sa mère, et que son âme bouillonnait de désirs qui lui faisaient tourner la tête.

Sans un bruit il emboita le pas à son hôte.

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Alchimie Parfaite. »




Dernière édition par Eluxgyä Nïlyass le Dim 27 Mar - 22:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Abandonné] Le fruit défendu (pv Elux, déconseillé - 16)   Dim 27 Mar - 17:24

Cette envie, cette curiosité, ce désir qui s'emparait peu à peu d'un corps pour se diffuser dans chaque fibre, jusqu'à paralyser la raison pour le plaisir bestial. Ces sentiments, Kelen ne les connaissait que trop bien. Il n'utilisait même pas son pouvoir sur lui, cela n'était pas utile. La saveur de sa langue encore sur ses lèvres, le démon souriait, mais tournant le dos au chevalier, celui-ci ne pouvait pas le voir. Il était exquis, ce goût si particulier, il le reconnaîtrait entre mille. Cette hésitation, cette peur mêlée à l'adrénaline, la curiosité de la découverte, l'appréhension de la suite. Jamais il ne l'aurait cru venant d'un Maître. Mais après tout ce n'était pas étonnant. Les chevaliers étaient connus pour leur vertu, leur droiture, mais de là à apprendre que leur Maître était vierge ... C'était à peine croyable. Et l'intérêt que portait Kelen à cet homme ne fit que croître. Pour l'heure il se devait de réprimer ses envies, surtout ne pas se laisser emporter par l'envie.

De retour dans le salon, la passage se referma, et avec lui les secrets qu'il renfermaient. Le Démon ne s'attarda pas davantage dans cette pièce, il lui fallait avertir qu'un invité restait en leur compagnie. Il se tourna vers Eluxgyä, à qui il adressa un sourire doux, et expliqua :

-Ces révélations vous ont certainement chamboulé. Je me dois de vous abandonner pour régler les modalités du repas. Ma maison est la vôtre, vous avez quartier libre. Je vous retrouverais dans mes jardins au coucher du soleil. Considérez-vous ici comme chez vous, mettez de l’ordre dans votre esprit. Mes domestiques sont à votre entière dispositions.

L'homme s'approcha, son sourire ne quittant pas ses lèvres. Pas une fois ses yeux sombres ne lâchèrent ceux, d'un rouge sang, de son invité. Ses doigts se refermèrent sur les siens. Une peau légèrement froide comparée à celle, chaude comme la braise, du Démon. D'un mouvement lent et distingué, il porta cette main fine à ses lèvres et l'effleura, son regard encré à celui du jeune chevalier. Homme ou femme, les deux aimaient cette petite attention. Un baisemain pouvait dissimuler bien des choses. Respect, bonnes ou mauvaises intentions, désir, promesse de caresses bien moins chastes pour l'avenir. Concernant Kelen, le doute planait quand à ses intentions.

-Passez un agréable moment maître Eluxgyä.

L'homme se redressa, s’inclina légèrement une dernière fois, et quitta le salon, laissant son invité seul avec ses pensées troublées. A peine la porte du salon refermée, Kelen soupira et se dirigea à grands pas vers les cuisines. Peut être que laisser Eluxgyä seul n'était pas une bonne idée. Car plus redoutable encore que Kelen, il y avait Lilith.

La succube était restée à l'écart, cloisonnée dans la chambre de son maître. Si elle approchait l'invité, Kelen lui ferait passer un sale quart d'heure. Les colères du Démon étaient redoutables, et redoutées. Tous ici le craignaient. Et tous savaient ce qui arrivaient à ceux désobéissant au maître. Elle qui avait besoin de lui pour vivre, jamais elle n'aurait couru le risque de l'énerver.
La voix étant libre, elle se risqua à quitter la chambre. Pourquoi Kelen serait-il le seul à profiter de ce maître chevalier ? Personne en vue, parfait ! La porte du salon s'ouvrit à nouveau, laissant entrer la succube. Lilith avait le physique d'une jeune femme d'environs dix neuf ans. Des cheveux roses lui tombant sur les épaules, légèrement bouclés, des yeux sombres pétillant de malice, et un corps qui n'avait rien à envier aux plus belles femmes de Zërya. Ses vêtements courts et délibérément provocateurs laissaient voir son ventre, ses cuisses, et des formes généreuses tant au niveau des hanches que de la poitrine. Les détails qui la trahissaient étaient bien entendu les cornes noires pointant de ses cheveux, et la queue fourchue qui s'agitait doucement. Quand l'envie lui prenait, la succube déployait deux longues ailes noires. Mais rarement dans la maison. Elle gloussa tout en dévisageant le chevalier.

-Alors c'est toi Eluxgyä ? Enchanté, moi c'est Lilith. Je comprend pourquoi Kelen a craqué pour toi, t'es vraiment mignon. Mais tu devrais faire attention chevalier, tu vas te faire croquer tout cru !

Elle éclata de rire et vint se pendre au bras d'Eluxgyä, le serrant doucement comme une enfant. Lilith tira pour le faire avancer, et le promener dans la maison.

-Puisque Kelen est occupé, tu passeras bien un peu de temps en ma compagnie beau chevalier ? Malheureusement je n'ai pas le droit de te toucher, mon maître a été formel. Il te veut juste pour lui. C'est un égoïste !

Elle fronça le nez, outrée. Kelen ne voulait jamais partager ses proies avec elle. En revanche, monsieur ne se privait pas de lui prendre les siennes ! La succube entraîna le chevalier hors du salon. Il faisait tellement beau dehors, autant profiter de cette après-midi.

-Je t'emmène dans le jardin, parce que si je te laisse dans la maison j'aurais bien du mal à ne pas te sauter dessus. Remarque, j'aime aussi faire l'amour dans la nature. Pas toi ?

Lilith éclata d'un rire clair, mais froid. A l'image de son maître, la succube était pour le moins dangereuse, envoûtante également, mortellement envoûtante.
Étrangement l'immense demeure restait silencieuse depuis le départ de Kelen. A croire que l'absence du maître laissait les lieux comme vides. On s'affairait en cuisine pourtant, tout devait être parfait. La moindre bavure ne serait pas pardonnée, et tout le monde le savait.

Pendant ce temps, la succube quittait la maison pour les jardins. Elle inspira une grande goulée d'air frais, le sourire aux lèvres. Le soleil commençait à décliner, inondant les jardins de ses rayons, les baignant d'or et de noir. A la fois beauté, mais aussi effroi lorsque l'on voyait les ombres danser, se découper à travers les fougères. Parfois un feulement parvenait aux oreilles de la succube sans qu'elle ne parvienne à identifier la créature qui produisait ce son.
Kelen avait voulu ces jardins sauvages, à l'image de sa personne. Et bien entendu à l'image de sa maison. La démesure, le luxe, l'excès, sans la vulgarité. Lilith ouvrit de grands yeux en voyant le griffon blanc. Elle poussa un petit cri hystérique et ria sur la manche du chevalier :

-Oh c'est ta créature ? Qu'il est beau ! A l'image de son maître.

Ses yeux sombres se posèrent sur le chevalier. Cessant de faire l'idiote, la succube vint passer les bras autour de son cou, son corps appuyant contre celui de l'homme. Même sa voix se fit plus suave, plus adulte, tandis qu'elle susurrait à l'oreille du jeune homme :

-Crois-tu qu'on me tiendra rigueur de ne pas obéir à mon mettre ?

Elle allait pour l'embrasser lorsque la voix glaciale de Kelen la fit sursauter :

-Lilith ! J'ai dis non !

La succube se décrocha de sa proie, la mine renfrognée. Elle s'éloigna du chevalier pour aller bouder plus loin.Le Démon la fusilla du regard, cependant toute colère disparue lorsqu'il s'approcha du jeune chevalier.

-Pardonnez Lilith, elle est mal élevée. Venez, le repas nous attend, nous mangerons en terrasse.

D'un sourire, Kelen l'invita à la suivre. Sur la terrasse de pierre blanche, les serviteurs s'activaient, apportant plats et boissons. Les deux hommes mangeraient en tête à tête. Lilith ne fut pas invitée à se joindre à eux, et pour faire passer sa colère, elle alla s'enfermer dans sa chambre et casser quelques vases. La succube avait ce caractère de diva qui exaspérait son maître au plus haut point. Raison pour laquelle, sans doute, ils ne s'entendaient pas.
Une fois attablés, ce fut Shawn qui leur servit viande et légume, ainsi qu'une coupe de vin. Le jeune serveur tremblait dès qu'il s'approchait de son maître. D'ailleurs celui-ci prenait un malin plaisir à le voir rougir. En réalité, pendant son absence, Kelen avait jugé bon de punir son serviteur pour son arrogance envers le chevalier. Pendant deux longues heures, il lui avait fait boire de puissants aphrodisiaques, et joué avec son envie sans la combler. A présent, le jeune serviteur brûlait de désir pour son maître, attendait un geste, n'importe quoi. Sans compter la douloureuse érection qui l'obligeait à se courber pour pouvoir avancer. Kelen les aimait totalement soumis lorsqu'ils désobéissaient. Ses doigts glissèrent entre les cuisses de Shawn qui gémit avec indécence, bien peu préoccupé par la présence d'Eluxgyä.

-Ts, Shawn, il va falloir t'apprendre la patience. Files à présent.
-Mais Seigneur !
-Suffit. Files.


Au bord de l'explosion, le serviteur obéit à contrecœur. Il fusilla le chevalier, parce que tout ceci était sa faute. Si il n'était pas là, son maître s'occuperait de lui. Kelen attendit que son invité commence à manger avant de faire de même.

-Alors, vous êtes vous remis de vos émotions ? Si vous avez d'autres question, c'est avec joie que j'y répondrais.


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MessageSujet: Re: [Abandonné] Le fruit défendu (pv Elux, déconseillé - 16)   Mer 30 Mar - 18:23

A peine furent-ils de retour au salon que le passage se refermait derrière eux, verrouillant du même coup l’immense quantité de savoir qui sommeillait dans l’antre de la maison. Kelen se tourna vers le Maître Chevalier, et lui indiqua qu’il devait s’absenter afin d’annoncer le prolongement de sa visite.

« Ma maison est la vôtre, vous avez quartier libre. Je vous retrouverais dans mes jardins au coucher du soleil. Considérez-vous ici comme chez vous, mettez de l’ordre dans votre esprit. Mes domestiques sont à votre entière disposition, termina-t-il. »

Un sourire radieux étira ses lèvres douces. Le démon s’approcha à pas légers d’Elux qui retenait son souffle, encore trop électrisé des sensations qu’il venait de vivre. Kelen lui saisit avec beaucoup de délicatesse sa main, qu’il porta à ses lèvres en y déposant un baiser volatile. Le Chevalier ne quitta pas un instant son regard de ténèbres, qui l’envoutait et l’effrayait à la fois.

Kelen lui souhaita un agréable moment dans sa demeure, avant de le saluer d’une brève révérence. Il quitta la pièce en courant d’air, aussi aérien, gracieux et insaisissable. Le Chevalier inspira longuement cet oxygène toujours imprégné de la présence et de l’odeur de son hôte. Il s’avança sans bruit vers la petite bibliothèque à laquelle il avait accès, infiniment petite et dérisoire lorsque l’on avait eut la chance d’entrevoir les merveilles dissimulés dans les entrailles de la maison.

Eluxgyä observa les tranches de chacun des livres, s’attarda sur quelques titres. Il tomba sur un petit recueil de poésie, qu’il sélectionna et feuilleta de ses doigts fins. L’écriture était manuscrite, et les enluminures en chaque début de poème prenaient beaucoup de place sur la page, décorée d’arabesques, d’entrelacs habiles et de flores riches.

Il reposa l’ouvrage dès qu’il entendit des bruits de pas s’approcher, et se retourna sur une jeune femme au sourire charmeur. Elle semblait âgée de la vingtaine, et possédait de longs cheveux roses qui bouclaient tout autour de son visage, telle une auréole crépusculaire lui offrant une touche d’innocence. Mais la vue de cornes, l’agitation d’une queue fourchue et les vêtements provocateurs qui exhibaient ainsi la courbe de ses fesses et de ses seins n’étaient certainement pas pour alimenter cette idée.

Elle laissa échapper un rire forcée avant de se présenter.

« Alors c'est toi Eluxgyä ? Enchanté, moi c'est Lilith. Je comprends pourquoi Kelen a craqué pour toi, t'es vraiment mignon. Mais tu devrais faire attention chevalier, tu vas te faire croquer tout cru ! »

Le Maître leva un sourcil suspicieux, et n’eut pas même le temps de répondre que la femme venait se percher à son bras. Elle l’entraina avec elle, se plaignant de ne pouvoir le toucher, et le Chevalier, gêné, ne trouvait pas quoi répondre à ses avances. La jeune femme soulevait parfois la tête vers lui pour battre des cils et lui offrir un sourire radieux. Lilith l’attira vers les jardins, tirant sur son bras comme une enfant capricieuse qui ne démord pas de son vœu d’obtenir un nouveau jouet.

« Je t'emmène dans le jardin, parce que si je te laisse dans la maison j'aurais bien du mal à ne pas te sauter dessus. Remarque, j'aime aussi faire l'amour dans la nature. Pas toi ? »

Elle se mit à rire, glaciale. Eluxgyä sentit ses joues s’empourprer mais fit mine de ne pas avoir écouté, une sculpture splendide l’attrayant tout à coup. Il se savait en danger ; Kelen avait l’air patient, mais cette femme, beaucoup moins. Et il ne valait mieux pas la contrarier.

Ils quittèrent la demeure pour le grand air. Les rayons du soleil couchant mouchetaient la chevelure de Lilith, créant comme une mer ondulante au grès de la lumière. Les jardins, submergés de ces touches roses, pourpres et ocre, ondoyaient eux aussi dans une litanie sauvage, indescriptible. Les ombres se cachaient derrière les arbres, pas menaçante à première vue, mais grignotant petit à petit la lumière.

Puis une bête émergea des fourrées, riant en voyant cette dinde rose pendue au bras de son Invocateur, terriblement gêné et prenant presque la teinte de ses yeux. Le griffon ébroua son pelage de plumes et de fourrures blanc, et bomba le torse lorsqu’il entendit la dinde dire qu’il était beau. Leïolàïr aimait les compliments, et s’amusaient visiblement de la situation.

« Sauve-moi je t’en pris, supplia Eluxgyä dans les pensées de sa créature. »

L’animal fit un clin d’œil à son Invocateur, et les laissa seuls tous les deux. Le griffon aimait beaucoup embêter Elux, et ne se privait pas de le faire à chaque opportunité qui se présentait ! Et puis, il savait, lui. La seule femme qu’il n’a jamais aimé, c’est cette petite Pirate, et ce sera bien la seule. Le Maître est plus sensible aux hommes qu’aux femmes. Mais ça, la créature ne le lui dirait pas ; c’était à lui de se découvrir.

Une fois seuls, Lilith cessa de roucouler. Elle lança au Chevalier un regard avide de ses iris identiques à celle de Kelen, avant de passer ses bras autour de son cou. La jeune femme se colla contre lui, qui, embarrassé, ne pouvait bouger d’un pouce.

« Crois-tu qu'on me tiendra rigueur de ne pas obéir à mon maître ? »

Elle approcha ses lèvres pour l’embrasser. Elux se tordit le cou pour échapper, mais n’en eut pas besoin.

« Lilith ! J'ai dis non ! »

Le Chevalier fut bien heureux d’entendre l’ordre de Kelen fuser, faisant fuir Lilith qui arborait une mine furieuse. Elle partit en courant, pour le plus grand soulagement du Maître décidément malmené aujourd’hui. L’homme lui annonça, les traits radoucis, sa voix à nouveau calme, que le repas était près. D’un hochement de tête Eluxgyä le suivit jusqu’à la terrasse où se tiendrait le dîner.

Ils s’attablèrent à table, les narines du Chevalier humant cette délicieuse odeur qui traversait la porte de l’entrée. On leur apporta des plats, servant une viande disposée avec beaucoup de minutie sur l’assiette. Quant aux légumes, n’en parlons même pas ; des bouquets harmonieux qui ne donnaient même pas envie d’y toucher. Néanmoins, le Maître avait faim, et après qu’il ait admiré la présentation culinaire, il s’attaqua au plat sans tarder. Il fit un effort de bienséance, se servant de ses couverts –lui qui avait l’habitude de ses doigts-, et essayant de tenir son port de tête bien droit. Mais bien entendu, les mauvaises habitudes ne se perdent pas si facilement, et il avait du jus qui lui dégoulinait pleins la bouche –on se demandait même par quel sortilège il parvenait à n’en mettre aucune sur ses habits. Sans compter son coude négligemment posé sur la table, et le demi-verre de vin qu’il voulu boire d’une traite pour étancher sa soif.

Mauvaise idée. Eluxgyä ne buvait jamais d’alcool et n’y était pas habitué. Il trouva le gout trop fort, faillit recracher la gorgée qu’il avait prise, et s’étrangla presque en jetant un œil à la bouteille. Il avala avec beaucoup de peine le millésime de grand crue qu’on lui avait servit, avant de déposer le verre au quart plein.

« Vous savez, dit-il, vous n’étiez pas obligé de prendre un vin si raffiné… »

Il piqua dans le bouquet déjà déchiqueté, et avala un légume dont il ne connaissait même pas le nom. Ce n’est qu’à ce moment qu’il remarqua l’attitude bien étrange du serveur qu’il reconnut pour être Shawn. Le jeune homme se tenait courber, ne faisait même pas attention à lui et dévorait du regard son maître qui semblait visiblement s’amuser. Eluxgyä vit très bien Kelen glisser sa main entres les cuisses du domestique qui gémit de désir. Le Maître s’empourpra, finit d’une traite le breuvage qu’il avait laissé pour masquer son malaise.

« Ts, Shawn, il va falloir t'apprendre la patience. Files à présent.
- Mais Seigneur !
- Suffit. Files.
»

Le domestique lança un regard plein de haine au Chevalier qui ne le remarqua même pas, bien trop occupé à retirer ce gout âpre de sa bouche en mastiquant un gros morceau de viande.

« Alors, vous êtes vous remis de vos émotions ? Si vous avez d'autres questions, c'est avec joie que j'y répondrais. »

Eluxgyä avala vite sa bouchée, se nettoya toutes la sauce qu’il avait autour de la bouche.

« Et bien… hésita-t-il. J’aimerais savoir… comment était-elle ? Je veux dire, quel genre de personne était-elle ? Et comment l’avez-vous connu, qu’est-ce qui vous liaient ? Et puis… ce portrait… quel âge avait-elle lorsque vous l’avez fait ? Etais-je déjà né ? »

Le Chevalier attendit les réponses, assistant au même coup à l’illumination des lampions. La lumière du soleil ne suffisait plus pour éclairer la terrasse, on avait besoin des bougies. Des ombres dansaient sur le visage d’Eluxgyä qui scrutait son hôte avec un œil avide. Mais il n’était pas avide sexuellement, non, loin de là. Il était seulement avide d’en savoir d’avantage sur cette femme pour qui il commençait à éprouver des sentiments étrange, intimes, fragiles.

L’orphelin, quel qu’il soit, ressent toujours un peu d’amour pour les personnes qui lui donnèrent la vie autrefois…

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Dernière édition par Eluxgyä Nïlyass le Jeu 31 Mar - 23:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Abandonné] Le fruit défendu (pv Elux, déconseillé - 16)   Jeu 31 Mar - 15:21

Son comportement choquait, gênait le Maître Chevalier, et cela plaisait à Kelen qui souriait doucement. Il écouta ses questions, mais ne répondit pas immédiatement. Avant cela il savoura sa viande. Fondante, saignante, comme il la préférait. Le Démon était un véritable carnivore, tant à table que dans la vie. D'ailleurs sa proie, il la couvait du regard, savourait les rougeurs de ses joues. Le fait que son invité ne soit pas des plus familiers de la bienséance à table ne lui posait aucun problème. Pire encore, il profita largement de la situation. Un large sourire se dessina sur ses lèvres. Et de sa voix doucereuse, il demanda comme un enfant quémandant une faveur :

-Je vais vous répondre, mais à une condition. Venez donc vous assoir près de moi.

Il savait qu'Eluxgyä le ferait, car il désirait en apprendre plus sur sa mère. Le Démon suivait de ses yeux sombres chaque gestes du chevalier. Et quand celui-ci fit mine de s'asseoir près de lui, il se saisit de son poignet et le fit venir surs ses genoux. Une main passa le long de sa taille pour le maintenir, afin d'éviter de le voir tomber. Sans la moindre explication, Kelen raconta ce qu'il savait de cette femme :

-Nous nous sommes rencontrés dans un bordel, j'étais de passage dans la ville. Elle était la préférée des clients, et bien entendu on me l'a proposé pour la nuit. Une soirée formidable, une femme d'expérience, et très belle. Je suis resté dans cette ville un petit moment, et chaque soir je revenais la voir. Elle avait 27 ans lorsque j'ai fais ce protrait que vous avez vu.

Il piqua un bout de viande de sa fourchette et le présenta aux lèvres du chevalier. Une fois sur deux il mangeait, et nourrissait son invité. La sauce coulait parfois sur le visage du chevalier, suivant les lignes du menton. Kelen y passa la langue, remontant jusqu'à la commissure des lèvres. Était-ce la cœur du chevalier qui battait à ce rythme ?

-Elle a été ma maîtresse pendant quelques mois. Je doute cependant que vous soyez déjà né. Je suis partis ensuite, reprendre ma route. Ce n'est que douze ans plus tard que je l'ai revu, et que j'ai abrégé sa vie.

L'homme trempa ses doigts dans son verre de vin et alla caresser les lèvres douces de son invité. Il ne supportait pas le vin, en démontrait sa remarque sur la qualité du vin. Pourtant il n'était pas si fort que ça ce breuvage. Et un invité de la marque d'Eluxgyä méritait le meilleur des vins.
Kelen respira longuement l'odeur de la peau blanche. Elle avait l'air douce, et il aurait bien aimé la toucher. Autrement que par dessus la tunique trop serré à son goût.
Les serviteurs débarrassèrent la table sans se soucier de la position du chevalier. Mais en cuisine, les paris reprenaient. Et tous s'accordaient à dire que le jeune homme ne passerait pas la nuit. Le dessert fut apporté, une île flottante, une des gourmandise préférée du Démon. Pendant un instant il délaissa son invité, trop occupé à savourer la crème fraiche qui ravissait ses papilles.
L'avait-il fait exprès ou non, toujours est-il qu'un peu de crème tomba sur la tunique du chevalier. Kelen l'épongea lui même, pressant la serviette sur sa cuisse. Sa voix se fit murmure envoutant qui allait fondre directement à l'oreille du jeune homme.

-Il faudra vous changer, et vous laver. Ma salle de bain est à voter disposition. Et avec tout ce que vous avez bu, peut être devriez-vous rester dormir. J'ai de nombreuses chambres à votre disposition.

Dont la sienne. Surtout la sienne à vrai dire. Une fois que les deux hommes eurent finis de manger, les serviteurs vinrent tout nettoyer. Kelen se leva, s'assurant que son invité tienne de bout. Il le guida à l'intérieur de la maison, toujours cordial et souriant. Eydeline fut appelé. Kelen lui ordonna de faire préparer les bains, des vêtements propres, ainsi qu'une chambre pour le Maître Chevalier.
La salle de bain n'était pas vraiment une salle de bain à vrai dire. Il s'agissait d'une salle d'eau. Le sol de marbre incrusté de mosaïque était d'un blanc cassé, parfois nervuré de noir. L'argent était présent, encadrant d'immense miroir, ou les robinet du bain fumant qui les attendait. Une odeur de fleur flottait dans l'air, rappelant les jardins entourant la demeure. Les domestiques avaient même préparé deux grandes serviettes qui chauffaient devant un petit feu. La salle de beau ne donnait pas sur l'extérieur, totalement isolée, elle faisait presque penser à une piscine par sa taille. Mais le luxe, une fois de plus, restait trop présent pour l'assimiler à une simple pataugeoire.
La porte fut refermée, laissant Eluxgyä seul en compagnie du Démon. Oh il ne profiterait pas de l'état d'ivresse du chevalier, ce n'était pas son genre. L'immense bassin dont l'eau fumait les invitait silencieusement à s'y plonger. Il était fait en pierre, ces pierres naturelles qui emprisonnaient la chaleur et la diffusait, celles que l'on trouvait aux sources chaude. De prime abord il semblait profond, et l'était. Mais la matière sculptée permettait de s'asseoir, et bien plus encore.

Kelen vérifia que tout soit parfait, il ne tolérait aucun manquement à l'hospitalité dont il faisait preuve envers le chevalier, aussi fausse soit-elle. N'oublions pas que cet être ne respectait pas les maîtres de guilde. Cet homme, il s'était mit en tête de le charmer, de partager sa nuit, de s'abreuver de ses désirs. Tel était le Démon de la Luxure.

-Si vous avez d'autres questions j'y répondrais volontiers. Mais si nous parlions de choses ... plus personnelles ? Lilith s'est montrée très impolie envers vous, j'en suis navré. Elle est intenable.

Kelen s'était rapproché, ses mains au niveau du ventre d'Eluxgyä. Il s'empara de la ceinture et la desserra. Ses prunelles sombres accrochées à celles du plus jeune, le Démon commençait à le dévêtir, sans demander l'autorisation.

-Un bain vous fera le plus grand bien.

Sa main passa doucement sur le ventre dévoilé par les vêtements, lentement, savourant la finesse de la musculature, la chaleur et la douceur de la peau claire. Kelen souriait, penché sur le plus jeune. Car si d'apparence on lui donnait la trentaine, le Démon avait bien plus. Aussi vieux que Zërya elle même. il appartenait à cette ancienne race. Pour l'heure, nul besoin de penser à cela. Tout ce qu'il voyait était la rougeur des joues du chevalier, ses yeux brillant, son cœur battant.

-Avez-vous peur Eluxgyä, de ce que je pourrais vous faire ?

Sa langue passa pour la première fois sur la gorge du maître. Sa peau l'électrisait, piquait sa langue et éveillait son désir. Oh il devait s'en douter. Se jeter dans les bras du beau démon n'était pas la meilleure idée qu'il soit. La réputation sulfureuse de Kelen le précédait. Et de toute façon, il avait jeté son dévolu sur cet homme depuis qu'il avait posé les pieds dans sa demeure.

-Ne craignez rien, il ne s’agit que d’un bain. Je ne vous ferais rien. Mis à part peut être contenter vos désirs.

Les lèvres soyeuses caressèrent celles du chevalier imprégnées par le vin. De simple effleurement, le jeu devint plus sensuel quand la langue vint gouter à la chair rosée. Kelen mordilla la lèvre inférieure sans faire mal, juste pour pousser, taquiner, faire découvrir. Cette saveur, celle de la virginité, il pouvait la reconnaitre entre toute. Lentement ses lèvres se posèrent sur celles du plus jeune, sa langue s’immisça entre elles, fit danser sa partenaire. Si le premier baiser qu’il lui avait donné était doux, celui-ci suintait la Luxure, la chaleur, il était bien plus torride et excitant, bien plus long et intense. Le chevalier devait se montrer reconnaissant après tout, Kelen le lui avait dis.
La main chaude du Démon se promenait en toute impunité sur le ventre d’Eluxgyä, découvrant peu à peu un corps certainement jamais touché. Admiré, envié, mais pas exploré comme il le faisait là. Du moins, pas d’après ce qu’il sentait là. Les abdominaux se contractaient à son passage, ce qui n’en était que plus plaisant encore. L’index alla taquiner le nombril, remonter le long du torse pour dessiner les pectoraux, et enfin juste effleurer une bille de chair avant de s’éloigner.
Aussi rapidement qu’il était venu le titiller, effleurer son corps et dévorer ses lèvres, Kelen s’éloigna. Un rire léger lui échappa tandis qu’une lueur mauvaise, mais en même temps joueuse animait ses prunelles noires. Il fit un geste de la main, à interpréter comme on le voulait. Sous les yeux du chevalier, il retira son kimono, confirmant par là même qu’il en portait rien sous le vêtement. Le tissu fin tomba sans bruit sur le sol, dévoilant la peau claire dépourvue de la moindre imperfection. Ses longs cheveux ébènes tombaient en cascade dans son dos, tranchant terriblement avec son teint opaline. Un corps fin, parfait, sculpté à la force du temps, digne d’un prêtre de Nërio. Comme cet esprit qu’il avait vénéré, Kelen était une flamme, désirée, dangereuses, mortelle, envoutante. Il jeta un coup d’œil en arrière, ce sourire mutin collé à ses lèvres.

-Dois-je vous déshabiller moi-même ? N’avez-vous jamais vu d’hommes nus pour être aussi gêné ?

Cette hypothèse devait être la bonne. Kelen se retourna, exposant son corps sans la moindre honte, ni censure. Il fixait sans ciller son invité, une langue avide passant sur ses lèvres. Ses intentions étaient claires, et son envie pour le Maître Chevalier n’allait pas tarder à se voir si le Démon continuait à se faire languir de la sorte. Ne pas user de son pouvoir était un supplice pour lui. Mais si il devait s’y plier pour savourer sa proie, alors il attendrait encore. Surtout si l’homme lui offrait un effeuillage digne de ce nom. Alors là oui, il pourrait dire que le jeu en vaut la chandelle.
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Eluxgyä Nïlyass
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MessageSujet: Re: [Abandonné] Le fruit défendu (pv Elux, déconseillé - 16)   Mar 23 Aoû - 19:04

Le Maitre Chevalier avait reposé ses couverts. Il attendait, pendu aux lèvres de Kelen, la réponse à une infime partie de toutes les interrogations qu’ils se posaient. Il avait la désagréable impression que son hôte faisait exprès de déguster sa viande à une lenteur affligeante… Qu’il faisait exprès de soulever si doucement sa fourchette… Tiens, n’était-ce d’ailleurs pas là un sourire coupable !? Eluxgyä bouillonnait d’impatience. Le Démon finit par prendre –enfin- la parole de sa voix enchanteresse.

« Je vais vous répondre, mais à une condition. »

Le Chevalier n’aimait pas ça. Non, il n’aimait pas ça du tout… cette condition puait le coup tordu à trois kilomètre à la ronde. Et encore. Eluxgyä fronça les sourcils.

« Venez donc vous assoir près de moi.
- Cela n’annonce rien de bon Elux, c’est une mauvaise idée… ne t’assois pas là, c’est une très, très mauvaise idée… clamait la raison du Maître. »

Néanmoins, il se jeta dans la gueule du loup puisqu’il fallait bien qu’il s’y lance pour obtenir ses réponses. Avec beaucoup de précautions, le jeune homme décala sa chaise près de son hôte et s’y installa en faisant un geste large de la main, comme pour dire que les conditions étaient remplies et qu’il pouvait se mettre à l’eau. Mais pour Kelen, elles ne devaient pas l’être entièrement puisqu’il se saisit de son poignet et le força à s’assoir sur ses genoux.

Eluxgyä se sentit rougir intensément ; son hôte devait bien s’en douter parce qu’il sembla prendre un malin plaisir à passer son bras autour de sa taille. Seulement lorsque le Chevalier fut bien installer, Kelen se mit à raconter :

« Nous nous sommes rencontrés dans un bordel, j'étais de passage dans la ville. Elle était la préférée des clients, et bien entendu on me l'a proposé pour la nuit. Une soirée formidable, une femme d'expérience, et très belle. Je suis resté dans cette ville un petit moment, et chaque soir je revenais la voir. Elle avait 27 ans lorsque j'ai fais ce portrait que vous avez vu. »

Les poings du jeune homme se contractèrent immanquablement sur ses cuisses. Il n’osait imaginer la femme qu’il avait vu sur le livre, cette femme si belle et si pur d’apparence, coucher avec un démon comme Kelen. Mais après tout… son métier n’était-il pas de satisfaire n’importe qui ?

Le Chevalier avala sans mâcher la bouchée que lui présenta son hôte. Il ne réagit même pas lorsque celui-ci lécha la commissure de ses lèvres pour en retirer le jus qui y dégoulinait. Il sentait seulement une sorte de colère le prendre ; mais pourtant il ne bougeait pas, il gardait le contrôle de son corps. Seul son cœur battait à tout rompre.

Kelen continua de raconter ce qu’il savait, expliquant que Sÿlwià avait été sa maîtresse pendant quelques mois. Elux n’était pas encore né à cette époque –il ne saurait dire pourquoi mais cela le rassura. C’est seulement douze en plus tard qu’elle mourut, à l’âge de 39 ans, sous la lame du démon. Le Chevalier se demandait quel âge il pouvait bien avoir à cette époque… Ce devait être encore un enfant. Il imagina le visage de sa mère, rongé par la maladie d’Hérasmède, les souffrances qu’elle avait du enduré avant que la mort n’y suffisent. Un frisson le parcouru.

Perdu dans le court de ses pensées, Eluxgyä n’en sortit qu’en goutant au gout amer du vin sur les doigts de Kelen. Qu’il avait en horreur cette boisson ! Mais un millésime de cette qualité… il ne pouvait décemment pas faire le difficile. Et puis, après avoir survécu aux mets carbonisés de Lyä, il pouvait bien survivre à cela !

Toujours est-il que, lorsqu’arriva le dessert, le Chevalier s’y jeta presque dessus pour oublier le gout âpre du pinard. D’ailleurs celui-ci n’était plus qu’un lointain souvenir au moment où la crème se posait sur sa langue ; quel délice ! Il fallait qu’il fasse faire un stage à Lyä dans les cuisines de Kelen, cela l’aiderait peut-être à réussir la cuisson d’un œuf ! Quoi que…

C’est seulement en sentant que l’on pressait une main sur sa cuisse qu’Eluxgyä remarqua la belle tâche qu’avait fait Kelen. Il était certain de sa culpabilité dans l’affaire… une excuse pour le caresser de cette façon ? Eponger n’étant certainement pas le terme approprié au geste volatil que faisait ses doigts sur lui.

Son sang se glaça de surprise au moment ou le démon se mit à lui souffler dans l’oreille. Ses paroles, mots doux et sensuels à la fois, se lovèrent lentement à son oreille, à son tympan, transportant la chaleur de l’haleine.

Un bain, ainsi qu’une chambre ? Les pulsations de son cœur s’accélérèrent plus encore. Son regard se fit hésitant ; tout son esprit lui lançait le signal d’alerte. « Danger, danger ! », semblait-il dire au rythme des cognements dans sa poitrine. Et pourtant, il lui emboitait le pas. A vrai dire, il n’avait pas le choix ; Kelen était déterminé à l’emmener avec lui. Parfois il se retournait pour lui offrir un chaleureux sourire et lui expliquer un peu les choix de sa décoration d’intérieur. Cela en chargeant évidement Eydeline de faire couler l’eau et de préparer de quoi se vêtir en sortant ; tout devait être parfait pour son invité. Invité qui n’en menait pas large… il se serait contenter bien volontiers de quoi essuyer la tâche, et de partir au plus vite.

Les deux hommes pénétrèrent l’intérieur d’une salle, qui contenait un immense bassin d’eau fumante. Une agréable odeur de fleurs flottait dans l’air. Le sol de marbre ondulait sous leur pas, et à mesure qu’Eluxgyä avançait, il se rendait compte d’une chose : il n’y avait qu’un unique bain, et deux individus. Le Chevalier avait beau calculer et recalculer cette équation, il trouvait toujours le même résultat. Un résultat que n’était pas pour le rassurer !

La porte se referma doucement derrière eux. Le Maître Chevalier resta planté sans bouger, observant les gestes de vérifications qu’employait son hôte afin de contrôler que tout allait pour le mieux. Puis il se tourna vers lui.

« Si vous avez d'autres questions j'y répondrais volontiers. Mais si nous parlions de choses ... plus personnelles ? Lilith s'est montrée très impolie envers vous, j'en suis navré. Elle est intenable, déclara-t-il en s’approchant dangereusement. »

Elux ne comprit d’abord pas ce qu’il voulait dire par « parler de choses plus personnelles ». Aussi fronça-t-il seulement imperceptiblement des sourcils. Mais lorsqu’il devina ce que souhaitait faire le démon, il se mit à rougir de plus belle et tenta une vaine esquive pathétique. Trop tard ; Kelen dénouait déjà la boucle de sa ceinture. Il ne détacha pas son regard du Chevalier, qui faisait bien tout pour y échapper.

« Un bain vous fera le plus grand bien, assura-t-il tout en présentant son ventre finement sculpté à l’air libre. »

Le contact de sa main froide sur son corps bouillonnant le fit frémir. Il sentit son cœur bondir à l’intérieur de sa poitrine. Le Chevalier ne saurait d’ailleurs donner une comparaison au rouge de son visage ; plutôt carmin ? Vermillon ? Ou bien pourpre ? Qu’importe, c’était tout de même un rouge bien trop voyant.

« Avez-vous peur Eluxgyä, de ce que je pourrais vous faire ? »

Le Chevalier ne bougeait pas d’un millimètre. Et même s’il l’avait voulu, il n’aurait pu faire le moindre geste… il était totalement paralysé, sous l’emprise du démon. A peine réussit-il à fermer les yeux lorsque sa langue vint lécher la base de son cou et remonter jusqu’au lobe de l’oreille. Une sensation étrange l’envahit tout entier ; il avait la sensation de recevoir comme une décharge électrique qui s’insinuait dans chaque partie de son corps… jusque dans ses orteils.

« Ne craignez rien, il ne s’agit que d’un bain. Je ne vous ferais rien. Mis à part peut être contenter vos désirs, ajouta-t-il dans un murmure. »

Eluxgyä se savait dans une situation des plus dangereuses… mais l’attraction envers cet homme était si forte qu’il ne pouvait si soustraire. A peine tenta-t-il une brève feinte pour échapper à ses lèvres.

Pour la deuxième fois de la journée, le Chevalier se laissait embrasser par le démon. Cette fois-ci toutefois, les sensations qu’il ressentit étaient bien plus intenses, bien plus profondes. Kelen lui mordillait doucement la lèvre inférieure, en faisant naître le désir chez son partenaire. Puis il finit par introduire sa langue entres ses lèvres ; Elux n’y teint plus. Il attrapa la nuque de l’homme et plaqua son corps contre le sien. Ses doigts jouaient avec les cheveux longs et soyeux, tandis qu’il s’imprégnait du parfum délicat de son haleine en jouant de sa langue avec hardiesse. Plus sauvage qu’il ne l’avait jamais été, le Maître Chevalier se laissait transporter dans le tourbillon ardent d’émotions que lui offrait ce baiser.

Trop vite à son gout, Kelen se retira de son emprise. Il se mit à rire étrangement… un rire qui rappelait celui d’une hyène, mais en beaucoup plus harmonieux. Eluxgyä se sentit plus que gêné de son geste, et n’osait pas le regardé dans les yeux. L’une de ses mains vint couvrir sa bouche, comme pour démontrer qu’il avait totalement perdu le contrôle durant ce baiser. Il s’éloigna de quelques pas en chancelant.

C’est seulement lorsqu’il releva les yeux sur le démon qu’il constata avec effroi sa nudité. Sans s’attarder sur le corps parfait qu’il avait devant lui, le Chevalier pivotait en s’empourprant de plus belle. Il ne se risqua pas à regarder derrière son épaule tant l’embarras le saisissait.

« Dois-je vous déshabiller moi-même ? N’avez-vous jamais vu d’hommes nus pour être aussi gêné ? »

Non, c’était effectivement la première fois. Enfin, sans compter ce fameux jour avec ce cher Assassin ; mais rien de comparable.

Eluxgyä hésita quelques secondes avant de défaire lentement le reste de sa tunique. Il se dissimula comme il le pu, s’immergea dans l’eau bouillante avec ses vêtements comme barrage au regard de Kelen. On eut dit une biche, tant la grâce avec laquelle il trempa le bout de ses orteils ressemblait à cet animal. Il n’eut d’autres choix que de se poser sur le rebord du bassin, où l’eau lui arrivait au dessus des abdos. Là, il supplia intérieurement sa bonne étoile de le garder de toutes autres tentatives qui pourraient lui conduire à sa perte…

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MessageSujet: Re: [Abandonné] Le fruit défendu (pv Elux, déconseillé - 16)   Dim 28 Aoû - 16:07

/!\ NC -16ans /!\


Ainsi le chevalier cédait peu à peu à ses envies les plus inavouables. Kelen le sentit sitôt leurs lèvres scellées, plus encore lorsque son cadet se pressa contre lui. Il n’en fallut pas plus au démon pour s’embraser. Le feu se diffusait dans chaque fibre de son être, en même temps que celui qui s’allumait chez le jeune chevalier. L’échange fut aussi bref que puissant, et le démon alla s’immerger sans plus s’intéresser à son invité. Le trouble l’habitait bien assez sans qu’il n’ait besoin d’en rajouter. Pourtant il la sentait cette peur émanant du corps du chevalier, en même temps que son désir.
L’eau se troubla quand Elux entra dans le bassin. Sans le regarder, il écoutait juste. Le plus jeune alla s’asseoir sur l’une des pierre. Kelen lui fit enfin face, constatant non sans sourire qu’il se cachait derrière des vêtements. Cette pudeur, cette retenue, lui trouvait ça charmant, et appétissant. Sans la moindre hésitation il s’avança vers le chevalier, l’eau couvrant à peine ce que la censure exigeait. Ses cheveux noirs flottait à la surface lisse et fumante. Doucement il approcha du chevalier, prit son menton entre ses doigts et porta ses lèvres aux siennes.
D’autres demandaient la permission, hésitaient, faisaient comprendre leurs intentions, pas Kelen. Il l’avait une fois, et à partir du moment où il recevait une réponse la chose était considérée comme entendue. Dès à présent il s’autorisait le droit de l’embrasser quand bon lui semblait, selon son envie. Et là il s’appropriait ouvertement les lèvres du jeune chevalier, laissant ses mains se poser sur les hanches du jeune homme et le faire descendre de son siège pour l’attirer à lui.

-Venez.

Un mot laissant tout sous entendre. Qu’il vienne dans ce monde de plaisir et de douceur faisant perdre la tête, qu’il s’abandonne aux mains de Kelen. Oh il ne lui ferait rien, pas encore. Il fallait jouer avec cette proie, attiser son désir encore et encore jusqu’à ce que le moment de la dévorer n’arrive enfin.
Le démon s’assit à son tour sur la pierre, et il fit venir son jeune invité entre ses jambes. Son torse se colla à son dos, son bras passa autour de sa taille fine, juste au niveau du nombril alors que seuls les pieds du chevalier étaient encore dans l’eau. Parfaitement calme, il posa la tête sur l’épaule d’Elux, ses yeux restant délibérément posés sur le haut de son corps alors qu’il lui suffisait de baisser quelque peu le regard pour voir ce que le Maître refusait de montrer tant la pudeur le retenait.
Kelen tendit le bras pour s’emparer d’un flacon d’huile de bain. Il en versa abondamment dans sa main, elle sentait les fruits rouges, main qu’il posa sur la nuque de son cadet. Le liquide dévala son dos, entre les omoplates, suivant les contours des muscles dorsaux. Kelen frottait doucement, l’huile faisant naitre de la mousse en quantité sur la peau du chevalier. Ses gestes se firent massage, et de massage ils passèrent à de lentes caresses jusque dans le creux des reins.
Ces gestes anodins pour Kelen ne le laissaient pas indifférent bien au contraire. Son souffle s’était fait plus chaud, un peu plus rapide également à mesure que l’envie le gagnait. Toutefois il se calma bien vite et reprit le contrôle sur son désir. On ne s’emporte pas ainsi. Un long soupir échappa à ses lèvres pour aller mourir sur la nuque du chevalier.
Maintenant qu’il avait fini le dos, ses mains remontèrent, serpents avides de posséder entièrement ce corps pur, pour passer sur son cou. D’une simple pression il invita Eluxgyä à venir plus près de lui, son torse épousant les courbes de son dos, son envie loin d’être dissimulée en bas des reins du jeune chevalier.

Jugeant que la mousse faisait défaut, il versa à nouveau de cette huile au creux de sa main. Cette fois il descendit sur les clavicules et la naissance du buste. Elles passèrent, les vicieuses, sur le torse qu’elles caressèrent sans fin, jusqu’à ce que Kelen puisse le voir rien qu’en fermant les yeux. Le jeune homme n’était pas désagréable, ni à la vue ni au toucher. A vrai dire le muscle, sans être trop conséquent, restait délicieux sous les doigts, donnant à ce corps des formes alléchantes. Les lèvres carmines se perdirent dans le cou d’Eluxgyä sur lequel elles parsemèrent baisers sur baisers. Et plus elles remontaient, plus ses mains descendaient. A présent posées sur le venter brûlant de son invité, Kelen les laissa glisser nonchalamment vers les hanches, puis les cuisses. Et plus il explorait le corps de son cadet, plus ce dernier brûlait sous ses doigts.
Il vint quémander un baiser, obligeant le chevalier à tourner la tête vers lui, à s’exposer plus encore à sa vue, à adopter une position plus indécente encore car son aîné l’obligeait à se cambrer et venait onduler son bassin au sien. Une nouvelle fois sa langue franchit ses lèvres, chercha sa jumelle, et ce baiser l’enflamma, lui qui ne savait pas résister à ses désirs. Un baiser vite rompu. Kelen resta néanmoins proche de ces lèvres tentatrices, parlant tout contre elle, ses yeux noirs accrochant deux de son cadet.

-Quel est donc le secret de ce tatouage sur votre bras ? Je me posais la question depuis un moment déjà.

Un sourire amusé, quoique doux, ourla ses lèvres de démon. Kelen se montrait rassurant, faisant bien comprendre qu’Eluxgyä n’avait pas à craindre pour sa virginité.

-Attention, je vais être un peu plus osé …

Taquin jusqu’au bout, au moins on ne pourrait pas dire qu’il n’avait pas prévenu. Sa main quitta les cuisses du chevalier, et avec une langueur presque offensante, il effleura l’objet du vice. Ses lèvres se plaquèrent à nouveau sur celle de son cadet tandis que sa main, plus assurée, lui offrait la plus indécente des caresses. Un contact éphémère qui s’arrêta lorsque Kelen jugea son invité propre. Alors seulement il le fit retourner dans l’eau chaude et le rinça. Lui avait déjà pris un bain avant qu’Eluxgyä n’arrive. Une main laissée sur la hanche de son cadet, l’autre caressant en douceur le bas de son dos, il taquinait ses lèvres, jouaient avec elles, mais jamais ne l’embrassait vraiment. A présent c’était au tour du chevalier de venir vers lui et de demander ce qu’il désirait. De continuer le jeu, ou de l’arrêter.
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MessageSujet: Re: [Abandonné] Le fruit défendu (pv Elux, déconseillé - 16)   Mar 25 Oct - 18:04

[HRP : voili voilou ! ^^]


On ne pouvait vraiment pas dire que le jeune Eluxgyä Nïlyass se trouvait dans la meilleure des situations qui fussent. Non, vraiment pas. Et il avait beau réfléchir à s’en péter la cervelle, il ne trouvait décemment pas d’échappatoires à son « léger problème ».

En vérité, il était surtout bien incapable de réfléchir dans une position pareille –prenez le au sens qui vous fera le plus plaisir… Le Maître Chevalier présentait un corps dépourvu du moindre morceau d’étoffe à son hôte, tout aussi allégé en vêtements qu’il ne l’était. De plus, ils partageaient tous deux le même bain, dans lequel ils étaient plongés et dont la transparence de l’eau laissait peu de place à l’imagination. Sans compter le rapprochement dangereux de Kelen, du mouvement si gracieux qu’il fit pour se saisir de son menton… La surface du bassin n’eut pas même le temps de se troubler que ses lèvres fondaient déjà sur un Eluxgyä désabusé. Troisième fois dans la journée.
Le démon le prit par les hanches afin de mieux l’approcher. Sa voix enchanteresse retentit alors, ne laissant pas le loisir au Chevalier d’élaborer la moindre résistance :

« Venez. »

Ce simple mot réussit à le faire frissonner, et ce même si la température de l’eau était bien trop supérieur pour permettre ce genre de réactions. Elux devinait que sa connotation ne s’étendait pas qu’au premier sens ; c’est cela qui le faisait réagir ainsi, et non la voix délicieuse qui l’avait prononcé.

Sans opposer aucune rébellion, le Chevalier se laissa sortir du bain et asseoir entre les jambes de Kelen. Seuls ses pieds trempaient encore dans le bassin chaud, et cette fois-ci, le frémissement qui le parcourut était propagé par le froid. Il se sentit rougir –était-il seulement nécessaire de l’indiquer, puisque le teint d’Elux n’avait pas une fois retrouvé ses pigments naturels depuis qu’il était entré dans cette salle ?- de plus bel ; tous ses muscles se contractèrent. Le jeune homme était plus que jamais sur ses gardes. Et pourtant… cette main aux odeurs fruitées, qui glissait le long de son cou, le long de ses omoplates, de son torse… n’était-elle pas bienfaitrice ? Pourquoi s’en méfiait-il tant… alors qu’elle lui apportait plaisirs et satisfactions ?

Sa raison chassa bien vite les persiflages de son désir. Un frisson glacé le parcouru. Il sentait le danger, ou plutôt, le ressentait. Celui-ci prenait forme là, dans son dos, tout en bas de son dos… et proportionnellement, le danger augmentait avec cette pression au creux de ses reins.

Eluxgyä se demandait si la température de son corps était supérieure à celle de l’eau. Il fallait dire aussi que plus les mains baladeuses le visitait, du torse en passant par le ventre, des cuisses en passant par les hanches, plus il se sentait bouillonner. Les lèvres du démon ne cessaient de déposer sur sa nuque un millier de baisers, pareil à l’effleurement des ailes d’un papillon. Le Chevalier se laissa faire docilement lorsque Kelen vint à chercher sa bouche, et il dut même se contorsionner dans une position inconfortable afin de le satisfaire.

Il était certain d’une chose : mieux valait ne pas le contrarier. Il devait absolument se sortir de là, par tous les moyens qu’il pourrait utiliser, mais il savait que si le démon se mettait à user de son pouvoir, il serait perdu. Oh, Elux ne connaissait pas l’étendu ni la nature exact de son talent, à vrai dire la collecte d’informations qu’il avait à ce sujet était bien mince, quoi que peu rassurante ; mais il devinait aisément sur quoi la chose devait porter. Il savait donc que sa seule chance d’échapper à Kelen, c’était que celui n’utilise surtout pas ses pouvoirs.

Or le démon était un chasseur, certes subtil, mais loin d’être des plus patients. Le Maître Chevalier avait incontestablement l’avantage sur ce point ; cependant, il doutait que cela suffise à sauver sa peau. Le chasseur ne laisserait certainement pas sa proie lui filer tranquillement sous le nez. Et, pour couronner le tout, il était largement handicapé par la méconnaissance trouble de son propre pouvoir… Il n’avait pas encore percé tous les secrets de l’Espace, cette Dimension dans laquelle il pouvait s’immerger partiellement.

Son raisonnement n’avait pas même duré quelques infimes secondes. A peine le temps que les lèvres avides se retirent des siennes, et que le regard de ténèbres s’empare de lui. Kelen ouvrit la bouche doucement, son souffle glissant jusqu’au visage tendu du Chevalier.

« Quel est donc le secret de ce tatouage sur votre bras ? Je me posais la question depuis un moment déjà. »

Eluxgyä observa sans mot dire la marque de naissance que désignaient les paroles de son hôte. La curieuse rosas circulaire, ourlée d’arabesques et d’entrelacs étranges qui semblaient la supporter, luisait d’un étrange tintement bleu, discret. Seul le langage des Esprits pouvait percer les mystères de sa signification ; mais cela, le Maître n’en savait rien. Et cette signification, nébuleuse, reflétait plus l’apparence d’une énigme que d’un indice. Son tatouage était intimement lié à la compréhension de son pouvoir…

Mais cela, le Chevalier ne s’en souciait guère. A vrai dire, le sourire qu’arborait Kelen l’inquiétait davantage. Il sentait l’entourloupe dans ses traits qui se voulaient, pourtant, rassurants. Et il ne tarda pas à être fixé :

« Attention, je vais être un peu plus osé… »

Eluxgyä se raidit comme jamais lorsqu’il vit la main du démon remonter avec une lenteur affligeante le long de sa cuisse. Un nouveau baiser l’enveloppa, et le jeune homme ne put se soustraire à la vicieuse caresse. De toute sa vie, il n’avait du être aussi rouge et brûlant. Plus encore que le jour où il avait récolté une fièvre si intense qu’il s’en était retourné l’estomac.

Désemparé ; tel était l’état d’Eluxgyä. Cela dura une longue minute, durant laquelle Kelen terminait de le nettoyer. Lorsqu’enfin sa main se retira de son entre-jambe, le Chevalier se laissa plonger dans l’eau sans la moindre résistance. Là, le démon entreprit de le rincer, tout en lui volant de volatils baisers, mais jamais avec plus d’insistance.

Le jeune puceau comprit sans mal les significations de ce jeu ; allait-il continuer sur cette lancée, où bien en rester là ? Il savait que dans l’une comme dans l’autre, il était compromit. La première lui serait fatal, indubitablement, mais la seconde risquait de frustrer Kelen –et, ne souhait-il pas l’avouer, le frustrerait peut-être un peu aussi, dans une moindre mesure… Tout cela méritait réflexion.

Finalement, en réfléchissant avec cette vitesse qui était propre aux fins stratèges, Eluxgyä se retourna, agrippa le bord du bassin et d’une puissante traction, se hissa en dehors du bassin fumant. L’eau ruisselait le long de son corps finement sculpté, et l’air, froid en comparaison de l’environnement qu’il venait de quitté, ne tarda pas à le faire frissonner. Il chercha des yeux les serviettes qu’avaient laissées les domestiques, s’y enroulant autant qu’il le put. Puis, en faisant mine de ne pas prêter attention à Kelen, il enfila les vêtements propres et soigneusement pliés qui l’attendait. Comme de par hasard, il s’agissait d’un long kimono, beaucoup moins richement décoré certes que celui qu’avait porté précédemment son hôte, mais il sentait son parfum sur les fibres du tissu. Il devina sans mal que celui-ci devait lui appartenir, et à en juger par son extravagance, ne fut pas surprit.

« Toute la Guilde rirait si elle me voyait ainsi vêtu… pensa-t-il en faisant bien tout pour ne pas songer à ce qui s’était passé dans le bain. »

Et en effet, il n’était pas habituel de voir le Maître fagoté de la sorte. Il n’avait pas du tout la même élégance naturelle que Kelen dans de tels accoutrements. Et ce rose… ça ne lui allait décidément pas ! Il aurait donné cher pour s’en débarrasser et remettre son éternelle tunique bleue, tâchée ou pas.

En vérité, il n’avait pas l’air si grotesque dans cette tenue, mais celle-ci l’incommodait fortement de par ses facultés à l’efféminé si facilement. Il avait perdu toute once de virilité, et on eut dit ces pauvres chats martyrs que les fillettes habillaient parfois et promenait dans leur landau pour poupée. Il ne lui manquait plus que le nœud dans les cheveux et le maquillage pour l’appeler Princesse Eluxgyëtte !

La culpabilité de Kelen dans l’affaire ne devait pas être innocente ; mais Elux n’en tint pas compte et, lorsqu’il fut parfaitement habillé, il se retourna vers lui.

« Merci beaucoup pour cette baignade, c’est très agréable de se sentir propre après un voyage si intense… ses iris rougeoyaient en se posant sur l’hôte. Mais, je me sens fatigué… je vais rejoindre la chambre que vous m’avez si gentiment offerte pour la nuit. Je vous remercie pour tout, je trouverais bien le chemin seul ; vos domestiques sauront me l’indiquer. Bonne soirée. »

Et il se s’empressa de diriger ses pas vers la porte sans attendre de réponses. En la refermant soigneusement derrière lui, il ne put s’empêcher de lâcher un long soupir… Ouf, sauvé. Pour l’instant.

Eluxgyä devinait que la seule raison pour laquelle Kelen n’avait pas encore usé de ses pouvoirs, c’est tout simplement parce qu’il ne souhaitait pas obtenir ce qu’il désirait si facilement. Aussi, tant qu’il serait sous son toit, le Chevalier jugeait que le démon tenterait par tous les moyens de le faire plier volontairement à lui, mais sans l’utilisation d’artifices ; il allait donc devoir redoubler de prudence. Certes, il devait absolument quitter les lieux, mais cela n’était pas si aisé. Le démon ne l’autorisera pas à quitter sa demeure sans être satisfait…

Quoi qu’il en soit, il avait su se contrôler pour cette fois. Mais… il n’aurait pas cette chance éternellement… Eluxgyä secoua doucement la tête. Il fronça ses sourcils, comme il en avait toujours l’habitude –geste comique dans son déguisement rose-, et entreprit de s’éloigner. Il n’eut aucun mal à dénicher un domestique –ceux-ci grouillaient près de la pièce qu’il venait de quitter, sans nul doute pour tenter d’interpréter le moindre son qui ferait remporter, ou non, les paris lancés en cuisine. L’homme arborait une moue un peu déçu et surprise de voir l’invité si vite sorti, mais demeura serviable.

« J’aimerais que vous m’indiquiez où se trouve la chambre dans laquelle je pourrais me reposer ce soir, s’il-vous-plait, commença le Chevalier, embarrassé, n’ayant pas vraiment l’habitude de se faire servir.
- Suivez-moi, se contenta de répondre le serviteur. »

Et il lui tourna le dos, en l’entrainant dans des dédales de couloirs et de pièces. Ils finirent par gravir un escalier, traverser une énième salle, avant de s’arrêter devant une porte richement décorée. Là, le domestique la désigna d’un geste fluide, en annonçant :

« C’est ici. Monsieur désire autre chose ?
- Non, merci, répondit Elux en tournant la poignée. »

Il pénétra l’intérieur de la pièce, non sans ignorer la discrétion soudaine de l’homme qui avait fait mine de partir. En vérité, Il collait son oreille contre le battant de la porte et écoutait ce qui se passait dans la pièce. Le Maître Chevalier verrouilla la chambre en pivotant la clé dans la serrure, puis observa l’ameublement avec la seule source lumineuse dont il disposait ; l’astre nocturne. La lune diffusait ses rayons par l’encadrement de la large fenêtre, noyant ainsi les lieux d’un scintillement argenté qui embellissait chaque chose. Comme dans toutes les autres pièces, l’élégance et le raffinement de la décoration suffisait pour toute description…

Il se dirigea vers l’immense lit qui trônait au fond, en remontant légèrement son kimono pour ne pas marcher dessus. Là, il s’assit en tailleur sur le matelas, et regarda par la vitre les jardins bordant la demeure. Il ne fut pas étonné par le confort qu’apportait le support, ni surpris en se disant que ce devait être le lit le plus confortable dans lequel il n’est jamais été. Ses pensées étaient bien ailleurs…

« Et maintenant ? murmura-t-il pour lui-même. »

Il avait réussit à sortir –presque- indemne de ce bain, mais, il en était certain, le pire restait à venir… Kelen n’avait pas dit son dernier mot, et Elux n’osait imaginer la frustration qu’il avait du ressentir. Aucun doute là-dessus : le démon reviendrait à la charge. Et il sera plus dur de résister…

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Eluxgyä Nïlyass
« La vitesse d'un aigle. La puissance d'un lion.
Alchimie Parfaite. »


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MessageSujet: Re: [Abandonné] Le fruit défendu (pv Elux, déconseillé - 16)   Ven 25 Nov - 13:30

Sa proie préféra la fuite. Soit. Qu’elle parte, lui courir après n’en serait que plus distrayant. Kelen n’avait cessé de le fixer, son regard brûlant suivant les courbes gracieuses du corps du jeune chevalier. Quand ce dernier eut passé la porte, le démon se laissa aller contre le rebord du bassin, soupirant et de frustration, et de joie. Enfin un match intéressant. Une proie qui ne lui tombait pas entre les mains sans opposer de résistance. Un bruit caractéristique lu ifit dresser l’oreille. A côté de lui venait d’apparaitre la succube. Lilith, assise sur le rebord du bassin, s’amusait avec l’eau du bout de sa queue fourchue. Un sourire narquois ourla les lèvres de la créature.

-Il t’a échappé. Tu perds la main Kelen.
-Tais-toi Lilith. Ce n’est que partie remise
, répondit le démon dans un souffle, les yeux fermés
-Là il s’attend à ce que tu aille le rejoindre dans son lit. Et tu sais quoi ? Il en crève d’envie ! Ce gosse continue à rester enchainé à sa raison. Une petite dose de ton pouvoir et …
-Non,
coupa l’homme d’un ton net et catégorique.
-Non ?
-Je veux qu’il cède à son envie, que le désir supplante la raison et l’embrase tout entier. C’est comme ça qu’on goûte à une vierge ma chère. Je n’userais pas de mon pouvoir, même si je dois attendre des mois qu’il flanche, je le ferais. En attendant, mon seul soucis est que personne d’autre que moi ne mette la main sur lui. Sa virginité m’appartiens.
-Et tu lui a dis ça ?
-Il le sait. Il ne veut pas l’avouer, mais il le sait.
-Alors tu va faire quoi ? Aller le retrouver ?
-Non. Je vais faire pire que ça.


La succube stoppa ses jeux, dardant sur son maître un regard teinté de curiosité.

-Quel est ton plan ?

Kelen lui fit signe d’approcher, ce à quoi elle se plia avant de ronronner lorsque son maître lui caressa la nuque. Lilith n’était rien d’autre qu’un gros chat quand on regardait bien.

-Tu voulais bouger un peu non ? Et si nous allions faire un tour au quartier général des chevaliers ?
-Oh vraiment ? On va y aller ! Oh chic, chic, chic !
Elle tapa dans ses mains comme une enfant.
-Le meilleur moyen de chasser une proie est de la mettre en confiance. Pour cela j’ai besoin d’accéder à son territoire. Ici elle est trop tendu. Sur ses terres le chevalier sera plus en confiance. Il rentrera demain.

Lilith éclata d’un rire cristallin. Et puisque le démon souffrait de la frustration laissée par le chevalier, il permit à la succube devenir le soulager de ce qui brûlait son ventre.

***

Le lendemain, Kelen ne se présenta qu’au moment du départ de son invité. Il le salua comme il se devait, s’excusant encore de ne pas avoir pu l’aider davantage. Elux ne pouvait savoir, alors que sa créature fendait le ciel, qu’il reverrait le démon plus tôt que ce qu’il pensait.




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[Abandonné] Le fruit défendu (pv Elux, déconseillé - 16)
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