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 L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]

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Maya Hemlë
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MessageSujet: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Mer 26 Jan - 17:12

Maya s’appuya contre un tronc d’arbre et respira un grand bol d’air frais, comme si cela lui donnerait un peu plus de courage. Son regard descendit vers le sol et inspecta le sac en toile blanc qu’elle possédait pour s’assurer que tout ce qui pourrait lui être utile s’y trouvait bien. Une bouteille de grenadine mélangée à l’eau pour ses éventuels moments de coup de blues, une boussole si jamais elle se perdait, des affaires de rechange, une petite dizaine de poignards en tout genre, un livre de recettes de poisons qu’elle devait apprendre par cœur, sa chaude cape sombre qui la garantissait contre l’hiver, le journal Zëryen hebdomadaire dont le principal sujet était l’Organisation MirrorPour changer… -, une boîte créée récemment par les Enchanteurs contenant quinze îles flottantes condensées, un onguent efficace pour de légères brûlures, un liquide jaunâtre garanti contre les maux de ventre, quelques pommes achetées dans un marché proche et plusieurs liasses de billet contenues dans une pochette en cuir noir. Un sourire étira ses lèvres : elle était parée !

Soudainement, alors qu’une idée la frappa violemment de plein fouet, la manipulatrice de l’air sursauta. Elle s’agenouilla, fouilla son sac couleur crème de fond en comble, retourna ses affaires, passa ses doigts dans de minuscules interstices improbables et se releva finalement en tripotant une mèche de ses cheveux, signe inévitable d’angoisse. Elle avait oublié de prendre un sac plastique ! Comment allait-elle faire si un accident survenait malencontreusement ? Elle essaya de relativiser les choses. Tant pis si elle allait avoir la honte de sa vie, l’étendue bleutée de la mer ferait l’affaire.

Elle soupira. Pourquoi ne pouvait-elle pas faire le voyage sur le dos de Kerberos, comme elle en avait l'habitude ? Pourquoi ne pouvait-elle pas rejoindre l’autre rive par les airs ? Pourquoi ne pouvait-elle pas une nouvelle fois parcourir le ciel, découvrir chacune de ses parcelles et s’enivrer du bonheur de voler en compagnie de sa Créature ? Il semblerait que c’était le navire sur lequel elle allait monter qui était suspect, par ses occupants ou son contenue. Elle ne connaissait pas encore tous les détails car elle avait dû partir précipitamment, mais elle était certaine qu’elle aurait plus d’informations par la suite, par l’intermédiaire d’un Ouun, sans aucun doute. C’est pourquoi elle était obligée de faire la traversée sur un bateau. Certes… Dans ce cas, pourquoi, par Mëris avait-elle accepté cette mission ? Madame avait peur de décevoir la guilde des Assassins ? Madame avait peur de décevoir Calypso Adurna ? Et bien Madame comprenait désormais qu’elle aurait mieux agit en se faisant un peu oublier. Ce travail n’était pas fait pour elle, c’était certain…

Ainsi, le début de sa mission était de rester discrète et d’observer les matelots qu’elle rencontrerait car elle ne savait qui était le véritable traître dans la bande. De toutes façons, par les temps qui couraient, il fallait se méfier de tout. Chaque personne était suspecte, quoi qu’il en soit. Des Illusionnistes, il en existait beaucoup, tel que ce Kano aux cheveux bleus. Se cacher était simple pour des Invocateurs ayant de mauvaises pensées. Cette vieille femme courbée qui achetait du pain, n’était-elle pas un imposteur ? Ce petit garçon avec une casquette rouge, n’était-il pas un imposteur ? Cet homme s’entraînant à l’épée, n’était-il pas un imposteur ? Cette fillette jouant avec des cailloux, n’était-elle pas un imposteur ? Ce vieillard avec une tête ressemblant étrangement à une pastèque, n’était-il pas un imposteur ? Cette femme habillée d’une robe extrêmement courte, n’était-elle pas un imposteur ? La manipulatrice de l’air secoua la tête de gauche à droite, se résigna. Elle était totalement perdue dans ce monde habité par la traîtrise et l’hypocrisie. Elle était peut-être complètement paranoïaque, mais elle préférait être prudente sur tous les points.

Elle entendit alors les coups de l’horloge retentir dans le village. Un. Puis deux. Elle ressentit une sensation étrange, comme si son estomac était en train de se tordre telle une éponge trempée. Angoissée. Elle était totalement terrifiée. C’était tellement ridicule… Elle descendit à pas lents les trois marches.

- Tu penses que je suis sado-masochiste ? Demanda-t-elle à son Invocation comme si celui-ci serait capable de lui répondre. Ou peut-être folle, non ? Quelle idée… A part éjecter tos les aliments qui se trouvent dans mon ventre, je ne sais pas vraiment ce que je vais faire… Si je reviens vivante de cette mortelle expédition, je m’offre des dizaines et des dizaines d’îles flottantes… Oh oui ! Mais je ne pense pas que je remettrai les pieds sur terre alors, à quoi bon ?

Elle continua à marcher en direction du Port. Mais tellement doucement qu’elle aurait pu rivaliser avec la vitesse des tortues de Jaïnisse. A côté d’elle, Kerberos semblait aussi joyeux que d’habitude, peut-être parce que, lui, avait toujours le droit de voler. Elle fit une grimace. Qu’est-ce qu’elle pouvait l’envier à cet instant présent !

Elle commençait à entendre le clapotis de l’eau. Les vagues s’écraser violement contre les pierres du Port, comme si elles voulaient les fendre en milliers de petits morceaux. Dans un bruit horriblement monstrueux et apeurant. Dangereux. Ce liquide quasiment transparent et qui remuait sans cesse était extrêmement dangereux. Et elle, Maya Hemlë, Assassin de 17 ans, manipulatrice de l'air, s'apprêtait à monter sur un rafiot qui avancerait sur... Sur cette chose!

Le navire s'étendait devant elle vers le ciel. Ses grandes voiles blanches se gonflaient sous la force incroyable du vent. Et les marins s'activaient autour de ce gigantesque monstre, courant partout, tirant des dizaines de caisses en direction du bateau qui n'attendait que de partir vers l'infini bleuté. Et le pont du violier qui s'étirait vers Maya comme s'il voulait la prendre dans ses bras. Quelques pas et elle serait sur l'embarcation, en plein milieu de la mer. Mais elle restait immobile telle une statue. Là, au centre du Port et va-et-vient des matelots, ses yeux braqués sur la monstruosité qui tenait lieu de rafiot, ses jambes tremblantes d'appréhension et son énorme sac porté sur son épaule. Mais par Mëris, que faisait-elle là?


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Sazorys L. Sölreyn
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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Jeu 27 Jan - 23:14


    Givifra. Fin de Givifra, pour être exact. Dans les îles du Vangartö, la brise était assez douce, quoiqu’un peu fraiche, mais le tout était réchauffé par l’éternel soleil de ce lieu paisible. En revanche, quand on s’approchait du continent, l’air était bien plus glacial, bien que le climat se soit réchauffé avec le temps. Non, franchement, Sazorys n’aimait pas le continent, sur tous les points. Alors pourquoi s’y rendre ? Bien bonne question. Tout simplement parce qu’il était pirate et qu’il adorait les dangers du voyage. Et le continent, pour être dangereux il l’était, sans nul doute possible. Aussi y revenait-il régulièrement.

    L’Orage Céleste avait quitté l’île des pirates quelques jours plus tôt. Comme à chaque fois, Sazorys avait eu du mal à se séparer de son roi. Ils étaient vraiment proches, cela se voyait, et les gens se questionnaient de plus en plus sur la nature de leur relation. Mais lui s’en fichait éperdument. Tout ce qui comptait, c’était le bonheur de son roi. Il n’avait pas la prétention de pouvoir lui donner ledit bonheur, mais il espérait au moins lui apporter un peu de joie. Le navire faisait donc voile vers le continent. Mais pas pour l’exploration. A vrai dire, la Foudre Noire avait prévenu ses marins : ils se ravitaillait pour ensuite partir à l’aventure. A la rencontre de leur destin. La réaction avait été unanime : une belle effusion de joie et des cris d’encouragement.

    Malheureusement, les voyages en mer sont imprévisibles et ils avaient rencontrés quelques difficultés durant la traversée. Comme, par exemple, l’assaut de ce bâtiment de petits nobliaux de Rayör, vraisemblablement. L’attaque avait été aisément repoussée, mais le capitaine de l’Orage Céleste restait profondément outré de voir qu’on osait se dresser contre lui. Il était le garant du roi des pirates, tout de même, un peu de respect ! Alors il avait décidé de s’isoler dans sa cabine, profitant d’ailleurs de cette solitude pour se reposer un peu alors que Laciena contait fleurette à la seule femme de l’équipage. Les discussions allaient d’ailleurs bon train sur ce navire de maudits pirates. Sazorys avait pu surprendre l’une d’entre elle alors qu’il se réveillait tout juste au petit matin. Le principale intéressé étant Harry.

    - Alors, l’Homme aux Cartes, elle te fait perdre le nord ta jolie Caldina ? Raillait Rusty.
    - Pas du tout. J’ai le droit d’apprécier les jolies pucelles quand même !
    - C’est ça, et l’autre là que t’as dragué alors que t’étais ivre … Mira, c’est ça ?
    - Ouais,
    approuva Jerry, tout en vérifiant l’état des nœuds.
    - Comme vous le dites si bien j’étais ivre ! Je me rappelle de rien.
    - Ça vaut mieux si tu veux mon avis. Car à force de te repousser, tu t’es rabattu sur un mec … Le second du raffiot d’un petit pirate amateur.
    - Quoi ?!
    - Mes amis, que cela cesse !
    Les interrompit Sazorys, magistral, pointant du doigt les trois acolytes. Je viens tout juste de me réveillé d’une nuit fortement agitée en raison des ronflements du furet de l’autre dingue, et voilà que j’entends déjà pareilles horreurs ! Soyons clairs. Harry …
    - Mais c’est pas Harry mon nom bordel !
    S’emporta le concerné.
    - Oui, enfin, l’homme aux cartes quoi, on se comprend. Harry donc, interdiction de boire du rhum à la prochaine escale.
    - Quoi ?!
    - Si mon homme de main est incapable de lire une carte à cause d’une vulgaire coucherie, où allons-nous ! D’ailleurs, revois tes fréquentations. Choisis mieux tes partenaires je te prie. J’ai la réputation de mon navire à tenir. Rusty !
    - Oui cap’taine.
    - Cesse donc de jacasser sur de telles futilités, mêles-toi de ton propre entre-jambe et de ton charisme similaire à celui d’un poulpe et va nettoyer ce fichu pont ! Est-il seulement concevable d’accueillir tel incapable à bord de mon vaisseau.
    - Mais je l’ai fais avant-hier !
    Geint-il.
    - Je ne veux rien savoir, on ne discute pas les ordres ! Jerry !
    - … Oui ?
    - Ne perds pas ton temps avec des nœuds marins que tu ne sais pas faire et retourne jouer ton rôle de vigie au nom d’Effrit ! Tu n’es pas vigie pour compter le nombre de grain de riz qu’a avalé le furet domestique de l’autre abruti.

    Et sur ce, il s’en était retourné à ses occupations habituelles. L’Orage Céleste arriva bien vite au port, en début de matinée. Sazorys, éternellement habillé de noir, ses cheveux mi-longs de la même teinte secoués au rythme du vent et ses yeux limpides, pénétrants, d’un sublime bleu cobalt, mit pied à taire et se tourna vers son équipage pour donner les autres. Il les pointa du doigt tout à tour et, faisant fi de l’agitation sur les quais, régissait ses hommes d’une main de maître.

    - L’homme aux cartes ! Vérifie l’état du navire et cherche-nous une destination intéressante pour notre grande épopée à venir.
    - Okey !
    - Jerry ! Prends ce qu’il faut dans notre butin et va acheter vivres, eau et rhum ! Fais-toi accompagner de quelques mousses.
    - Bien !
    - Lyarë … Tu superviseras le tout en mon absence.
    - Avec joie, capitaine.
    - Myrös, mon cher lieutenant, va racheter un paquet de boussoles pour remplacer celles que Rusty à cassé. RUSTY ! Tu dois avoir nettoyé tout le navire de fond en comble avant mon retour !
    - Hein, pourquoi ?
    S’indigna ledit Rusty.
    - Tu as cassé nos boussoles, tu te dois de recevoir une punition exemplaire. Heddy, j’ai froid la nuit, va me chercher une autre couverture bien chaude.
    - Encore à jouer les larbins …
    souffla-t-il à demi-voix.
    - Pas de discussions ! Allez, au boulot bande d’huîtres émasculées !

    Il tapa deux fois dans ses mains et lâcha un long soupir avant d’observer les lieux, sa belle renarde à neuf queue assise à ses côtés. Que les quais étaient fades. Du gris à perte d’horizon. Des caisses que l’on chargeait dans les bâtiments amarrés avant leur départ. Des hommes qui bougeaient dans tous les sens, exécutant leurs tâches respectives. Des femmes, des enfants, souhaitant bon voyage à ceux qui partaient quelques temps. Puis au-delà, la ville, bien plus clair et joyeuse. Depuis toujours, Sazorys avait trouvé les quais sombres, tristes, presque mélancolique.

    C’était le lieu où l’on disait au revoir, peut-être même adieu à l’être cher à notre cœur, là où chacun laissait un petit quelque chose derrière là. La frontière qui signait le début de la liberté et de la joie pour certains, et le commencement de la solitude, de l’inquiétude et de la peine pour d’autres. Les quais mêlaient travail et détente. A la fois coin de rencontres pour les marins, les pêcheurs, les pirates, les marcheurs, le tout sans distinctions ni préjugés. Cet endroit où les femmes attendaient en vain le retour de leur mari mort en mer. Des entrepôts, grisâtres, insalubres, renforçait cette impression de monotonie et d’oppression. De mélancolie, tristesse.

    - Laciena, penses-tu à ce à quoi je pense ? Lâcha d’un coup le pirate, d’une voix faible, calme, sereine, un peu triste.
    - Si tu penses à ce que je pense, alors je pense à ce que tu penses, oui. Les quais sont tristes, répondit-elle tout aussi placidement.
    - Comment sais-tu que je pense à ça ?
    - Ta voix. T’as toujours l’air amusé, de tout, mais dès que tu poses le regard sur les quais, tu deviens aussi triste et mélancolique qu’eux.
    - Ce n’est pas vraiment ça. C’est juste que j’ai de la peine pour eux.
    - Eux ?
    - Les hommes morts en mer, ces épouses qui les attendent avec espoir, ces enfants qui pleurent leur solitude, ces travailleurs qui répètent inlassablement les mêmes gestes mécaniquement … Tout m’inspire de la pitié et de la compassion à leur égard.
    - Alors quittons cet endroit.
    - Bonne idée. Mais pour aller où ?
    L’amusement revenait doucement dans sa voix et la malice pointait encore dans ses yeux.
    - Qu’est-ce que j’en sais, abruti de pirate, débrouilles-toi un peu ! C’est pas parce que t’as aucun sens de l’orientation que tu dois toujours te reposer sur les autres ! S’énerva Lacie, levant les yeux en ciel.
    - Je ne te permets pas ! Ce n’est pas ma faute si je me perds tout le temps ! Et puis, si Dorian était là, je n’aurais pas ce problème.
    - Mais oui, mais oui … Allez bouge de là !

    Sur ces mots, le pirate se mit en quête d’une destination. Il longea les quais un long moment, le regard rivé sur l’océan se tenant à quelques mètres d’eux. Libre, indomptable, sans limite, mystérieux, fascinant. Il était indéniablement amoureux de la mer, comme tous les marins. Le remous de l’eau était la plus belle des vues, le roulis de l’océan la plus tendre caresse, et le son des vagues se fracassant contre le bois, la plus douce des berceuses. Au loin, le soleil se levait à l’horizon, auréolant l’étendue aquatique de lueurs rouges-orangées sans agresser les yeux, avec des couleurs agréables, reposantes. Aucun nuage dans le ciel à l’aube, laissant peu à peu disparaître les ténèbres de la nuit pour laisser place au bleu cendré du jour. Il pouvait véritable s’estimer heureux de s’être réveillé ce matin. D’avoir pu observer encore une fois ce somptueux paysage. Et il priait pour que cela continue, encore quelques temps au moins.

    Tout comme la renarde, Sazorys restait silencieux. Il finit par s’asseoir sur une des nombreuses cargaisons et observa des enfants assis au bord de l’eau, lui faisant dos, les jambes balançant dans le vide. L’un avec de courts cheveux bruns en bataille, alors que l’autre les avait d’un roux flamboyant, très longs, nattés. Un doux sourire nostalgique aux lèvres, il écoutait leur conversation, se rappelant de cette époque où lui-même était un gamin de rues, habillé de façon toute aussi débraillée qu’eux, un peu maigre, mais si heureux.

    - Hé, hé, Märym ! Lança le premier, le brun.
    - Oui, Jör ? Répondit l’autre avec douceur.
    - Il paraît qu’il y a un navire pirate qui a fait escale ce matin !
    - Ah oui ?
    - Oui ! Celui de la Foudre Noire !
    - Ce n’est pas un vrai pirate, selon les rumeurs, il pille rarement.
    - C’est vrai … Mais ça veut dire que c’est une bonne personne ! Moi aussi je veux devenir pirate ! Un pirate comme lui, qui voyage et découvre le monde !
    - Tu rêves un peu trop.
    - Non, j’y arriverais, je le jure ! Rien ne m’arrêtera ! Je serais plus libre que n’importe qui ! Dans sa voix brillait l’émotion, cette même conviction que Sazorys possédait des années auparavant.
    - Jör, les pirates sont mal vus. Tu seras une sorte de renégat pour les habitants du continent. Et puis, les îles … Elles m’effraient.
    - Tu dis ça parce que tu as peur de l’eau, Märym. Je suis sûr que ce sont des gens extraordinaires, de l’autre côté de l’océan.
    - C’est beau, l’océan, mais c’est effrayant.
    - Mais je suis là.
    Le brun prit l’autre dans ses bras, et Sazorys pu apercevoir son sourire rayonnant de rêves et d’espoir, rassurant aussi rempli d’amitié.
    - C’est vrai. Toute la bande est là. Un jour, on partira tous ensemble sur ton voilier. Tu seras notre capitaine, et on montrera aux nobles que les orphelins sont bien plus dignes, fiers et nobles qu’eux !
    - Oui ! Promettons-le nous ! Promettons de réaliser nos rêves !

    Puis ils partirent après avoir scellé leur pacte. L’enfance … Une belle période. Sazorys avait adoré ses années passées en tant que gamin des rues. Dommage que tout cela soit terminé. Mais il était agréable de voir ces enfants, qui, au final, n’étaient pas bien différents de ce qu’il était avant.

    Sazorys reprit donc sa marche sur les quais, mais en sens inverse cette fois-ci. L’équipage devait sûrement avoir terminé les préparations pour leur petite expédition. Il prit donc le chemin de son navire, et fut assez étonné de voir autant d’agitation. Enfin, normal, c’était l’horaire pour prendre le large et les marins se pressaient de terminer les préparatifs avant le départ. Pourtant, malgré la foule et les tumultes, la Foudre Noire reconnut une certaine silhouette de dos. Assez petite, jeune, fine, cheveux argentés …

    - La jouvencelle encore pucelle !

    Suite à cette exclamation, le pirate pressa le pas et retourna la jeune fille par l’épaule, avant de lui adresser un grand sourire. Se fichant éperdument des circonstances, il se mit à lui tenir un dialogue sans queue ni tête sous les soupirs exaspérés de Laciena.

    - Quelle joie de vous revoir, très chère Maya ! C’est un honneur que vous me faites-là. Vous êtes toujours aussi ravissante. J’étais impatient de vous revoir, après tout, je vous ai promis un petit tour sur mon navire. A vrai dire, vous tombez à pic, j’allais justement partir à l’aventure sur les flots. Moi et mon équipage nous étions arrêté pour préparer cette excursion. C’est le moment importun pour tenir ma promesse. Venez !

    Et, sans lui laisser le choix, Sazorys prit la demoiselle dans ses bras pour la porter, une main dans son dos, l’autre sous ses jambes. Il la traîna ainsi jusqu’à l’Orage Céleste et, après avoir vérifié auprès de l’équipage que tout était prêt, il la fit descendre sur le pont alors que le beau navire noir faisait voile vers l’océan. Toutefois, la présence de cette inconnue intriguait tout l’équipage, aussi leur capitaine jugea bon de la présenter, une main sur son épaule.

    - Voici Maya Hemlë, jeune assassin, dix-sept ans, toujours pucelle. Jolie petite jouvencelle que j’ai rencontré il y a de cela quelques mois et à qui j’ai promis un voyage en mer. Sur ce, tous à vos postes mes amis ! Je dois discuter avec mon invitée.

    Et sans un mot de plus, prenant sa main, il la traina dans sa cabine personnelle, continuant à lui parler. L’informant notamment qu’elle dormirait ave lui vu qu’ils n’avaient plus de place ailleurs, qu’elle aurait droit à des repas dignes d’une reine et que, si elle le désirait, il lui apprendrait à dessiner une carte.

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Sazorys L. Sölreyn.
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Mélancolique.


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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Sam 12 Fév - 18:42

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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Mer 23 Fév - 10:47

[En m'excusant pour mon retard et la médiocrité de mon texte...]

Maya était assisse sur une chaise en bois, les jambes croisées. Ses yeux couleur vermillon étaient fixés sur le visage de l’homme qui se trouvait en face d’elle. Comme si la manipulatrice de l’air avait du mal à l'admettre, comme si elle avait besoin de donner du temps à son esprit pour que celui-ci comprenne. Ses longs cheveux d’un noir de jais. Ses deux iris azurs qui semblaient l’hypnotiser. Ce sourire peint sur son visage. Etait-ce possible que ça soit lui, cet homme reconnaissable parmi mille autres? Sazorys Sölreyn ? Le Pirate totalement Barge?

Durant de longues minutes, alors que ses yeux écarquillés le dévisageaient un tant soit peu impoliment, la jeune fille se contenta de rester immobile. Devant lui. Seule avec lui. A quelques mètres seulement. Dans une cabine joliment décorée. Et dans un silence parfait, tellement qu’on aurait pu entendre les battements de ses cils. Sazorys.

Elle se leva, posa sa main sur son front tellement elle avait du mal à le réaliser, regarda le jeune homme, leva les yeux au ciel, marmonna des mots inaudibles, s'assit à nouveau sur la chaise qu'elle avait quittée, croisa les jambes avant de les décroiser, souffla un grand coup, joua avec une des mèches de ses cheveux, observa encore une fois Sazorys, ouvrit la bouche pour tenter de dire quelque chose, la referma sans avoir produit le moindre son, soupira d'incompréhension, marcha à nouveau dans ce qui semblait être la cabine du pirate et attrapa la première chose que ses doigts rencontrèrent sur la table avant de le triturer inlassablement.

- P-Pirate totalement Barge? Pour être franche, je suis complètement paumée. Je suis censée être sur ce bateau pour... Enfin, pour une raison qui n'en vaut pas la peine! Et je tombe sur vous, Sazorys Sölreyn? Et bien, quand on dit que Zërya est petit, ça ne doit pas être pour rien... Bref, on est probablement en train de me jouer un mauvais tour, non? Je ne sais pas ce que je fais là, mais je ferai mieux de partir et de rejoindre ma propre Guilde.

Sur ces mots, emplis de l'incompréhension que la jeune fille ressentait à l'instant présent, elle reposa l'objet non-identifié sur le bureau et emprunta la porte pour sortir de la cabine. Mais, comme si l'action du vent sur son visage avait permis une réflexion plus rapide à son cerveau, une soudaine pensée la frappa de plein fouet. En furie, elle se retourna vers le Pirate, laissant la porte qu'elle avait ouverte claquer violemment, et pointa sur lui un doigt agressif.

- Vous! S'exclama-t-elle en le fusillant du regard. Vous rendez-vous simplement compte que vous venez de me kidnapper? Qui vous a dit que je comptais monter sur ce bateau? Un espion? Une quelconque personne vous a-t-elle instruit sur mon compte? Quelle est son identité? Enfin non, c'est impossible que vous ayez eu des renseignements à mon propos. Vous êtes simplement totalement fou, n'est-ce pas?

N'est-ce pas? Question inutile simplement destinée à rassurer la personne qui la prononce. Question inutile qui empêche juste Maya Hemlë de penser qu'elle est véritablement paranoïaque. Question inutile qu'elle pose au jeune brun tout en se rapprochant de lui, comme si ses paroles auraient plus d'impact sur lui si la distance qui les séparait était moins grande.

- Non mais attendez, comme une jeune fille respectable que je suis je... J'admirais le navire. Inventa-t-elle en détournant ses yeux de Sazorys l'espace de quelques secondes. Et là, sans avoir ne serait-ce que l'idée de me demander mon avis, vous m'enlevez? Je ne relèverai pas pour le surnom péjoratif que vous m'avez donné, parce qu'il est inutile d'aller crier sur tous les toits que je suis encore pucelle. Mais, juste comme ça, est-ce que moi je vous attribue un sobriquet désagréable?

Pirate totalement Barge... La surprise mélangée à la colère aurait-elle fait ralentir le cerveau de la jeune manipulatrice de l'air ou est-ce seulement son caractère si maladroit et étourdi qui en est la cause?

- Enfin, là n'est pas le problème, je vous autorise à m'appeler ainsi... Continua-t-elle comme si c'était à elle de décider ce genre de chose. Non, ce qui me gêne réellement c'est... La manière dont vous m'avez kidnapper... Le fait de me porter, vous voyez? Enfin non, ce n'est pas tout à fait cela. Je ne veux pas dire par là que ça ait été déplaisant. Ajouta-t-elle, une pointe de rouge colorant ses joues.

Elle recula d'un pas, comme si le fait d'être gênée lui faisait brusquement tellement peur qu'elle ressentait le besoin de s'éloigner de son interlocuteur. Comme si cela dissimulerait à Sazorys l'embarras qu'elle ressentait un tant soit peu à son égard. Futile. Insignifiant. Un brin naïf, sans doute...

- Bref, ça n'a que peu d'importance! Je vous remercie donc de votre amabilité, heureuse de vous avoir rencontré sur le quai aujourd'hui, mais je crois que je ferai mieux de descendre de cette chose. Et le plus rapidement possible serait la meilleure solution pour tout le monde... Ne sait-on jamais si je suis prise par la soudaine envie de vous lapider avec des cacahuètes! Marmonna-t-elle en essayant de blaguer et de détendre l'atmosphère avant de comprendre que ce qu'elle disait n'avait absolument rien de drôle.

Un rapide coup d'oeil balayant la pièce lui informa l'endroit où se trouvait son sac en toile blanche, chose qu'elle attrapa et balança nonchalamment sur son épaule tout en émettant un grognement. Et pour la deuxième fois, elle emprunta la porte, bien décidée à quitter ce navire. Mais lorsqu'elle sortit sur le pont, ce qu'elle comprit ne la rassura en aucun cas. D'ailleurs, c'était parfaitement le contraire...

Ce bruit incessant lui vrillant les tympans. Ce vent violent lui fouettant le visage, créant des larmes au creux de ses yeux tellement il était ardent. Ces balancements permanents. Et sa gorge se nouant irrémédiablement, bloquant un tant soit peu sa respiration. Lentement, elle mit un pied devant l'autre. Tremblante et chancelante. Son coeur commençant doucement à s'emballer au rythme de la peur qui montait. Elle ne s'occupa pas des quelques personnes qui s'affairaient sur le bateau, simplement de ce qui se trouvait , tout près. De l'eau. Une immensité de liquide bleuâtre effrayant qui semblait vouloir gober le premier être vivant qui aurait le malheur de rejoindre ses tentacules mortelles. La mer était tel un monstre terrifiant assoiffé de chair fraîche qui ne souhaitait qu'étouffer une personne dans ses énormes bras. C'était répugnant et effroyable. Elle eut un haut-le-coeur et posa in extremis sa main sur sa bouche.

Elle releva immédiatement son regard pour ne plus voir cette chose. Mais ce sur quoi elle tomba était la côte qui s'éloignait progressivement d'elle, comme si elle fuyait sa présence. Une vague de panique la submergea et elle recula lentement, totalement désespérée. Mais elle percuta quelque chose et s'étala nonchalamment sur le pont, sans grâce et bruyamment. Seul un petit aïe s'échappa de ses lèvres et elle se recroquevilla sur elle-même, frigorifiée.

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Sazorys L. Sölreyn
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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Mer 23 Fév - 19:54

Voilà qu’un épineux problème se présentait. Pourquoi diable son invité voulait-elle donc s’échapper ? Hors de question ! De toute façon, elle ne pouvait pas, ils avaient déjà pris le large, et il était totalement écarté l’idée de faire demi-tour pour les caprices d’une jeune adolescente incapable d’aligner deux phrases sans se contredire. Malgré tout, Sazorys n’était pas un tyran, aussi se rendit-il compte que quelque chose n’allait pas avec cette enfant. Une phobie, peut-être, ou bien un bête mal de mer. Dans tous les cas, il n’allait pas la laisser agoniser sur place telle une sculpture de glace en plein soleil.

Le pirate s’approcha de la petite demoiselle et la porta sans le moindre effort pour la rapatrier une fois de plus à sa cabine. Et cette fois-ci, il prit la liberté de verrouiller la porte derrière lui et de cacher les clés. Enfin, cacher était un bien grand mot. Disons que les confier à Laciena était une valeur sûre, bien que cette dernière soupirait pendant que la Foudre Noire allongeait Maya sur son lit.

- Abruti de pirate, ça t’arrives souvent de kidnapper les gens, comme ça, sans prévenir ?
- Allons très chère, ne prends pas cet air outré. Tu es la première à dire que je ne suis pas assez social, c’est faux ! La preuve cette jouvencelle a le don de me croiser régulièrement, signe d’un lien très fort entre nous.
Laciena fit une grimace dégoutée.
- Rassure-moi, tu ne penses pas ce que tu dis ?
- Bien sûr que non. Qu’est-ce que j’y peux si elle me court après
! S’offusque le corsaire.
- Pire que ce que je croyais, se lamenta la renarde en retour alors qu’elle se lovait dans un angle de la pièce pour dormir un peu.

Sazorys attendit que la jeune assassin reprenne ses esprits, et en profita pour se changer. Vu qu’ils allaient rester en mer quelques temps, il n’était pas nécessaire de garder ces vêtements qui faisaient sa réputation et permettait de le reconnaître aisément. Non, à la place, il opta pour une tenue tranchant de façon radicale avec ses aires aristocratiques. Un simple haut blanc, fait rarissime, aux manches un brin évasées, et au col un peu très large laissant légèrement voir l’une de ses épaule, accompagné d’un bas tout aussi simpliste, de bottes et de ses cheveux de jais mi-longs lâchés. Absolument pas gêné à l’idée de se changer devant une femme, il fit comme si rien n’était, et s’étira avant de porter à nouveau son attention sur son invité.

- Alors, par où commencer. Déjà, pas de panique milady. Mon navire fait parti des plus sûrs de Zërya, avec l’Elua, embarcation de mon roi, et quelques autres. Plus de quinze ans que je le connais et je n’ai jamais rencontré le moindre problème. Ce bâtiment existe depuis des siècles et il est toujours en parfait état. Je serais d’ailleurs ravi de vous parler de lui, ses légendes, ses capitaines, son histoire, ses anecdotes les plus cocasses ou les mythes à son sujet. Mais ne craignez pas, le jour où l’Orage Céleste sombrera n’est pas encore venu. Son beau regard bleu limpide s’assombrit quelques instants. A moins bien sûr que nous ne croisions un navire entièrement blanc. Je crois qu’Ashura serait ravi de me mettre en pièce. Mais je ne le permettrais pas, cela ferait de la peine à mon roi …

Et, comme si rien n’était, Sazorys reprit aussitôt ses airs joviales. Dans cette tenue bien plus décontractée, il avait l’air d’avoir revêtu une seconde jeunesse. Du fait de son statut de demi-elfe, ses trente ans ne sautaient pas aux yeux, mais là, il semblait plus frais, plus léger. Nul trace de l’homme malade qu’il était, juste un marin comme un autre qui adorait partir à l’assaut des océans. Il se leva et commença à préparer du thé pour lui et son invitée tout en parlant de son éternel ton mutin.

- Oubliez donc un peu votre guilde. C’est tellement prise de tête, ces histoires. Nous, pirates, n’avons de guilde que le nom. Contrairement aux autres, nous n’y sommes pas enchaînés. Nous sommes libres t cela nous arrange. Nous ne sommes une guilde que par notre influence. Il lâcha un petit rire en disant long sur sa pensée. Et puis, c’est surtout parce qu’ainsi, il est plus simple pour les gens du continent d’obtenir de nous quelques marchandages, traités et autres pacotilles que je lègue sans scrupule à mon roi tant c’est agaçant.

Il ramena deux tasses et e posa une sur sa table de chevet pour que Maya puisse se servir quand bon lui semblait. Sazorys s’assit à nouveau, croisant les jambes, et commença à déguster sa boisson. Après tout, quand on ne tenait pas l’alcool, en remplaçait le rhum par un liquide plus raffiné tel le thé s’accordant avec ses attitudes de seigneur se tournant en dérision.

- Ce thé est celui dont je vous ai parlé, portant votre nom. Un des meilleurs qu’il m’ai été donné de boire. C’est fou les goûts divins que nous pouvons obtenir à partir de quelques herbes. Bref. La Foudre Noire sourit amicalement à l’adolescente. Arrêtez donc de vous emporter ainsi. Dans l’absolu, ce n’est pas un kidnapping, ni un enlèvement, mais le résultat de l’invitation à faire un séjour sur mon vaisseau que je vous avait offert il y a quelques temps de cela. De plus, je ne savais nullement que vous comptiez prendre la mer. Je vous ai croisé par le plus grand des hasards. Et pour terminer, je ne suis pas fou, je suis pirate.

Forcément. Franchement, quelle impudence, la culture se perdait de nos jours. Lui, fou ? Dans ce cas, qu’était son roi ! Une créature venue d’ailleurs ? La Foudre Noire ne releva pas le reste des commentaires. Bon, maintenant qu’elle en avait terminé avec ses protestations, il était grand temps de présenter les choses autrement.

- Bon, éclaircissons quelques points si vous le permettez. « Sazorys Sölreyn », c’est trop cérémonieux. Sazorys suffira, merci bien. De deux, bien que j’ai pour habitude de vouvoyer les autres, cela risque de nuire à l’ambiance de mon navire. Mes hommes me tutoient pour la plupart en temps normal, et je les tutoie également. A vrai dire le vouvoiement ne reprend sa place que lorsque que je fais preuve d’autorité sur ce raffiot. Donc, petite Maya, je t’invite à nous tutoyer. Tu apprendras à connaître l’équipage sans soucis. Je te demanderais juste de faire attention à ne pas appeler l’homme aux cartes par son prénom, mais juste son surnom : l’homme aux cartes. Sinon, nous courrons à une grave crise de fou rire, qui, la dernière fois, a valu la vie à une boussole et un tonneau de rhum.

Et sur ces mots, Sazorys souhaita la bienvenue sur l’Orage Céleste à cette enfant.

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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Mar 8 Mar - 17:06

Elle avait l’impression de flotter. Elle avait l’impression de voler dans les airs. Elle avait l’impression d’être en lévitation dans un monde totalement parallèle à ce qu’elle connaissait. Elle avait l’impression qu’un immense nuage aussi doux qu’un pétale de rose l’entourait de ses bras rassurants et chaleureux. Elle avait l’impression de se reposer sur une gigantesque île flottante au goût délicieusement sucré qui n’attendait que d’être dégustée par ses soins. Elle avait l’impression que des milliers de petites bulles multicolores dansaient autour d’elle une valse sans fin avant de périr sur ses bras nus en répandant un parfum fleuri et agréable qui lui chatouillait les narines. Elle avait l’impression que l’exquis son de la solitude et du silence l’enivrait de tout son être.

Un rêve. Une magnifique utopie qu’elle n’aurait jamais voulu quitter mais qui disparut aussi rapidement qu’elle était venue en se dissipant tel le brouillard dans le vent. Réveil. Retour à la réalité. Maya poussa un léger grognement à peine perceptible. Machinalement, elle se frotta les yeux avec ses deux poings fermés, tentant de se réveiller. Puis, elle s’étira tel un chat, poussant sur ses bras et ses jambes comme si elle souhaitait mesurer autant que le lit sur lequel elle se trouvait. En inspirant une grande bouffée d’air, elle pensait déjà à ce qu’elle allait faire en cette journée – Car il est inutile de perdre du temps pour rien, chaque seconde est importante et ne mérite d’être vécue à ne rien faire. Comme à son habitude, elle s’étira tel un chat. Mais c’est en laissant balader sa main droite sur le matelas vide qu’elle se rendit compte que quelque chose n’allait pas : ses éventails n’étaient étonnamment pas sous son oreiller.

Avec vivacité, elle se redressa de la couche et remarqua avec surprise que ses armes étaient toujours attachées dans son dos, preuve qu’il s’était passé quelque chose d’inhabituel lorsqu’elle avait rejoint le lit. C’est à ce moment-là qu’elle commença à comprendre.

La mission confiée par la Guilde. Le magnifique bateau accosté au port. Le kidnapping par Sazorys Sölreyn. Son énervement face à lui. Et ensuite, une chute un tant soit peu.

Perdue, elle laissa vagabonder son regard dans la chambre en quête de nouvelles informations pouvant assouvir sa curiosité. Mais ses pupilles s’arrêtèrent nettes sur le pirate qui était en train de… de se déshabiller juste devant elle. Elle se sentit rougir des orteils jusqu’à la racine des cheveux. Pendant plusieurs secondes, ses yeux écarquillés restèrent fixés sur le corsaire, comme si elle était une statue de pierre. Puis, d’une façon totalement inattendue et à la manière d’une petite fille prise en faute, elle attrapa un oreiller et le plaqua tout contre son visage de façon à ne plus voir le pirate.

Elle ne savait quoi penser de lui. Etait-il réellement un psychopathe pervers aux idées tordues ou pensait-il simplement qu’elle était encore endormie et donc dans l’incapacité de l’observer. Elle pencha pour la deuxième solution – peut-être une façon pour elle de se rassurer – et décida de faire le plus de bruit possible dans le but de montrer sa présence. Mais Sazorys avait déjà dû comprendre car sa voix s’éleva avant même qu’elle n’ait eut le temps de mettre son plan à exécution.

- Navire entièrement blanc ou pas, dit-elle d’une voix étouffée par l’oreiller, on ne sait jamais ce qui peu arriver. Une collision avec un autre bateau, une tempête nous surprenant, une rencontre avec un iceberg, un violent orage, un oiseau géant choyant sur le pont, un gros poisson percutant la coque, une pénurie de nourriture. Non, sérieusement, il y a nombre de dangers auxquels, insouciant, vous ne faîtes pas attention. Vous êtes trop téméraire… Et d’ailleurs, pourrait-on connaître notre destination ? Non pas que je m’intéresse un tant soit peu au voyage, seulement, j’aimerai savoir combien de temps encore ce cauchemar va durer. En effet, je ne sais pas si vous vous en rendez compte, mais nous sommes sur l’eau là, réellement. La mer se trouve à quelques mètres seulement sous nos pieds, vous imaginez ?

En règles générales, Maya était une jeune fille assez calme qui réussissait à garder son sang-froid dans la plupart des circonstances. Mais là, être à bord d’un navire, et qui plus est en compagnie de Sazorys, c’était trop pour qu’elle se contrôle.

Le thé. Effectivement, en y repensant, elle se rappelait que la dernière fois qu’elle avait rencontré Sazorys, il lui avait parlé d’une certaine boisson. Un nom qu’elle avait facilement retenu d’ailleurs. Mayälta. En entendant le verre de la tasse se poser sur le bois de la table, la jeune fille se décontracta légèrement. La chaude odeur fruitée du thé s’insinuait de manière agréable dans son nez. Doucement, elle retira l’oreiller de son visage, le posa sur le matelas et tendit son bras vers le mug. Le contact de ses doigts sur la surface tiède lui procura un réconfort intense. Sans compter l’instant ou le liquide brûlant coula agréablement dans sa gorge.

Elle dévisagea son hôte tout le long de son discours. C’était la première fois qu’elle le trouvait aussi beau. Vêtu de telle façon, ses longs cheveux noirs descendant en cascade sur ses épaules et cet air si serein et paisible alors qu’ils naviguaient sur l’eau. Il la fascinait.

- Vous av… Tu as raison ! Se reprit-elle en faisant une grimace. J’aime beaucoup ce thé, Mayälta si je ne me trompe pas... Se trouve-t-il facilement dans le commerce ? Il est vraiment succulent… C’est drôle, sans vous mentir, c’est bien la première fois que je vois un pirate boire autre chose que de l’alcool. Même si, pour être franche, je n’en connais pas des tonnes… Ajouta-t-elle tout bas, comme si elle se parlait à elle-même. Décidément, vous n’êtes pas commun ! Enfin je veux dire : tu n’es pas commun. Rectifia-t-elle en butant maladroitement sur les mots. Enfin bref, je trouve que le goût de cette boisson se marierait à merveille avec celui des îles flottantes. D’ailleurs, j’ai acheté, il y a quelques temps de cela, un appareil contenant une dizaine de ces mets. Bon, ils ne doivent pas être fameux parce que c’était assez bon marché mais ça dépanne tout de même…

Sur ces mots, elle posa sa tasse et sauta sur ses jambes pour rejoindre son sac, endroit où se trouvait son fameux appareil. Sur le court chemin, elle s’arrêta juste devant la hublot, pour une raison totalement obscure, qui donnait sur la mer. A travers la vitre, elle pouvait apercevoir les vagues se cogner contre la coque dans des éclaboussures blanches. Violence. Elle eut un léger vertige à peine perceptible et s’appuya contre le mur avant de détourner son regard du paysage.

Pendant quelques secondes, elle inspira profondément, essayant de se calmer du mieux qu’elle le pouvait. Elle peignit un rapide sourire sur son visage devenu aussi blanc que l’écume qu’elle venait de voir, en direction de Sazorys. Dans l’intention de lui faire croire que tout allait pour le mieux. Dans l’intention de montrer qu’elle contrôlait parfaitement sa phobie - chose totalement fausse. Comme si cela avait une quelconque importance…

Ce léger incident lui fit comme perdre toute conscience. Ainsi, comme si de rien n’était, elle se retourna et se dirigea vers le lit qu’elle venait juste de quitter. Les îles flottantes lui étaient totalement passées au-dessus de la tête… Alors, elle attrapa sa tasse, avança de quelques centimètres la couche pour se rapprocher du pirate et s’assit juste en face de lui.

- Tu as parlé de l’homme aux cartes… Serait-ce un pirate très bon aux jeux dans ce cas-là ? Si ça l’est, ça devient tout de suite beaucoup plus intéressant et j’ai hâte de le rencontrer! J’adore ce genre de divertissement, surtout quand le gain rapporte de l’argent… Comment s’amuser en s’enrichissant ! Finit-elle, une leur de joie dansant dans ses yeux.

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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Mar 8 Mar - 22:34

Ah, cette enfant était bien dure à convaincre. Comment lui faire comprendre qu’elle ne risquait rien à bord de son bâtiment ? L’Orage Céleste était un navire qui, à l’origine, n’avait pas été conçu pour la vitesse ou encore la défense pure, mais bien sûr la sûreté avant tout. C’était un navire d’assaut comme de voyage, fabriqué dans un bois inconnu pour résister aux canons comme aux caprices du climat. Il avait erré sur les flots de longs siècles durant, et il n’était pas près de sombrer sous l’immensité noire des flots déchaînés.

Sazorys sirotait toujours son thé, docile et serein, prenant garde à ne pas renverser sa tasse. A vrai dire, malgré ces petits airs outrés de grands seigneurs qu’il se plaisait décidément à utiliser en toute situation, il était différent d’à « l’extérieur », lorsqu’il se montrait en dehors de sa chambre, ou en l’unique présence de son roi. Il était nettement plus calme, et adieu son aristocratie fictive. La Foudre Noire arborait un visage d’une infinie sérénité, doux et apaisé à la fois. Il fermait les yeux et écoutait les remous de l’océan en dehors, savourait le goût et la senteur de sa boisson comme la berceuse du roulis des vagues. Pour peu, il imaginait la houle au dehors. Quand il rouvrit ses paupières, il sourit simplement à la jeune femme.

- Je te l’ai dis, n’ai crainte, entama-t-il d’une voix aussi calme que lui. Il n’y aura aucune collision, mon équipage sait parfaitement naviguer en mer et un marin sait qu’il n’a pas le droit de commettre la moindre erreur, car ce serait les vies de tout le navire qu’il mettrait en danger. Contrairement à ce que l’on peut croire, être pirate n’est pas juste voguer au gré du vent et piller les navires marchands. Entretenir et diriger un bâtiment est un apprentissage, l’œuvre de toute une vie pour certains, et requièrent une maîtrise des rudiments de la marine et une concentration presque insoupçonnée chez ce genre d’homme. Les orages, nous ne les craignons pas, bien au contraire. Je suis la Foudre Noire et mon rafiot se nomme l’Orage Céleste, crois-tu réellement que quelques éclairs vont m’effrayer ? Tu as pu constater de mon pouvoir, et te rendre compte que la foudre m’apprécie beaucoup. Elle est mon amie, mon alliée, elle me protège, moi et ceux qui sont sous ma juridiction. Ne l’oublie pas, la foudre est mon amie, et par extension la tienne. Ne la crains pas.

Il reposa sa tasse et se leva avant de se diriger vers un bureau, en face d’une toute petite fenêtre, éclairant si peu la pièce que c’était sa parallèle au dessus du lit qui éclairait la pièce. Poussant quelques cartes qu’il s’évertuait à dessiner au fil de ses aventures, Sazorys fouilla au milieu de ses affaires quelques peu désordonnées, un bon gros bazar ambulant même, jusqu’à dénicher un vieil ouvrage aux allures de grimoire des anciens temps. D’un coup de main, il le dépoussiéra un peu et souffla dessus avant de retourner s’asseoir sur sa chaise. Il ouvrit le livre pour présenter quelques pages jaunies à la jeune fille, sur lesquelles étaient représentées créatures innommables et autres navires oubliés.

- Ce vieil amas de dessins se nomme « L’âge d’or de la piraterie ». Un exemplaire unique … A vrai dire, c’est un des petits trésors de l’Orage Céleste. Ce livre a été débuté avec le tout premier capitaine de ce navire, et chaque successeur a participé à son écriture. Moi aussi j’y ai laissé ma trace. Et Cynrä avant moi aussi, comme Ekzärel, Mëorn, Hÿgdrez, Drëgya, ou encore Güelnyr. Dedans sont répertoriés de nombreuses choses afin d’aider les capitaines des générations actuelles et suivantes. On y décrit des monstres marins, le moyen de les combattre, comment tenir face aux caprices de la météorologie, des cartes, des descriptions de lieux, l’indication de trésors, et même parfois des recettes de cuisine. De tout, de rien, des traces du passé, tout simplement. Personnellement, j’ai principalement dessiné des cartes. C’est ce que je sais le mieux faire. Mais j’ai également parlé des îles, du roi actuel, mais aussi … De Mirror. Son regard s’obscurcit un instant. C’est dans cet ouvrage également que j’ai pu lire la plupart des légendes concernant mon navire.

Et la Foudre Noire se mit à rire légèrement. Non, les pirates n’étaient pas que de vulgaires bandits des océans. Ils avaient leur étique, leur fierté, leurs mœurs, leurs coutumes, mais aussi leurs histoires, leurs trésors personnels, leurs connaissances et leur maîtrise de tout ce qui touche aux mes et à l’art de naviguer sur des flots déchaînés. Sazorys posa le livre sur la table de nuit, montrant par ce geste à Maya qu’il l’autorisait à le consulter à tout moment, avant de reprendre.

- Il n’y a pas beaucoup d’oiseaux en mer. Quelques mouettes vers les terres, des espèces un peu plus rares vers le large, mais c’est tout. Les traversées sont bien trop longues, et les seuls qui s’y aventurent fuient la compagnie des autres créatures comme la peste, les hommes y comprit. Et les poissons sont habitués aux voiliers, ils ne s’en approchent pas car ils savent qu’ils vont y laisser leurs écailles, de toute façon. Il n’y a pas à s’inquiéter non lus au niveau de la nourriture. Voilà des années que je navigue, je sais pertinemment comment gérer mes voyages, et je serais particulièrement blessé si quelqu’un osait mettre en doute mes capacités à préserver la vie de mes hommes. Et sache jeune fille, que la témérité et l’audace sont là des qualités nécessaires pour devenir corsaire.

Ce qui était foncièrement vrai, il ne mentait pas. Après, de là à affirmer que cela n’était que positif, d’honorables qualités, là était une toute autre histoire sur laquelle le pirate n’avait pas franchement le temps ni l’envie de s’attarder.

- Je crois comprendre que l’océan t’effraie. Ne t’inquiète pas. Ne te pose pas non plus de questions sur la durée de ce voyage. Tu verras, à la fin de cette traversée, à défaut sûrement d’aimer la mer, tu cesseras de la détester. J’en suis persuadé.

Et son regard profond et limpide comme son sourire rempli de douceur appuyait cette sûreté présomptueuse, tout comme cette main qui s’avançait pour venir ébouriffer affectueusement les cheveux de la jeune femme, frottant la haut de sa tête comme il l’aurait fait avec un petit enfant. Il venait de contrer chaque crainte énoncée de Maya, et il pouvait exposer encore de nombreux autres arguments, pourtant le sujet de conversation dériva. Sazorys soupira, comme exaspéré, laissant échapper un gémissement plaintif.

- Je sais, c’est misérable. J’adore le rhum, comme la plupart des pirates, mais mon problème, et ne te moque pas, c’est que je ne tiens absolument pas l’alcool. Un petit verre et je déraille complètement. Du coup, mes hommes m’interdisent la boisson alors qu’ils se saoulent sous mes yeux, il y a un véritable manque de discipline à bord de ce navire ! Du coup, pour combler cette absence, je me suis mis au thé. Ça, au moins, je peux en boire à volonté sans le moindre risque. Et, navré, ce thé ne se trouve que dans les îles les plus au nord du Vangartö. Mais au vu d’échanges commerciaux, Vardöm ne va pas tarder à marchander avec eux pour en obtenir. Donc cela ne devrait pas tarder à arriver au continent. Mais, à mon humble avis, la saveur d’un thé cultivé sous le soleil des îles ne sera jamais aussi délicieux sous le climat des terres.

Un nouveau petit sourire amusé, toujours serein, apaisant. Sazorys aimait la mer et cela se voyait, jamais il n’était aussi calme et détendu que lorsqu’il se trouvait sur son bâtiment. Une petite toux sans importance vint l’interrompre avant qu’il ne termine :

- Tu fais erreur, très chère. L’homme aux cartes ne sait pas jouer aux cartes, il sait lire les cartes, nuance. De même, ne te moque pas, mais mon sens de l’orientation frôle le néant, et je suis incapable de me servir d’une boussole. Donc, moi, je dessine les cartes, et l’homme aux cartes les lit et nous emmène tout droit vers notre destination. Mais si tu tiens à jouer aux cartes et à perdre à cause de dés truqués face à des joueurs expérimentés, n’hésite pas à t’adresser un Rusty. Il doit avoir sensiblement ton âge, peut-être un poil plus vieux. Il a la vilaine manie de casser nos boussoles et autres appareils de mesure, mais il n’ai pas bien méchant. De toute façon, c’est avec l’argent qu’il gagne en jouant qu’il nous dédommage pour les dégâts !

Et, prenant un air faussement outré, Sazorys se plaignit de la maladresse de son équipage avant de rire un bon coup.

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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Ven 25 Mar - 22:45

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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Lun 25 Avr - 22:32

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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Sam 30 Avr - 21:54

[Vraiment désolée pour mon retard...]

Maya resta immobile tandis que la main du corsaire passait doucement dans ses cheveux argentés. Ses yeux rouges carmin écarquillés n’osant pas le dévisager, restant figés de stupeur sur un point lointain et imaginaire. Elle ne savait comment réagir et se contenta bêtement de rester aussi raide qu’un solide manche à balais, ses mains crispées agrippant nerveusement le pauvre drap sur lequel elle était assise. Ce simple geste de Sazorys était extrêmement gênant pour elle qui n’avait pas l’habitude de ce genre de comportement affectif à son égard, son lâche de père ayant disparu avant sa naissance et son égoïste de mère l’ayant détestée tout au long de son enfance. Mais cette ordinaire caresse était pourtant tellement agréable. Plaisante. Douce. Chaleureuse. Rassurante. Amicale. Un léger sourire parfumé de tristesse et de mélancolie se peignit sur ses lèvres. Etait-ce ce sentiment indescriptible que l’on ressentait lorsqu’une personne vous témoignait sa sympathie ?

Malgré une légère déception, elle se sentit soulagée au moment où ses doigts quittèrent son crâne. Elle était plus sereine ainsi, ne dépendant de personne. Pas même d’un sympathique pirate l’invitant sur son navire.

La jeune fille se sentit totalement ridicule lorsque le corsaire lui rappela qu’il contrôlait la foudre. Quelle idiote elle était ! Il était la Foudre Noire, comment avait-elle pu l’oublier ? Elle se gratta l’arrière de la tête avant de faire jouer une de ses mèches de cheveux entre son index et son pouce, signe inexorable de perplexité. Elle espérait simplement qu’il n’ait pas mal pris cette maladresse. Parce que si quelqu’un lui avait fait une remarque similaire à propos du vent, elle l’aurait probablement fusillé du regard avant de l’envoyer promener.

- J-Je suis désolée pour mon allusion à la foudre, comme quoi elle serait dangereuse. Balbutia-t-elle en évitant soigneusement de poser ses yeux sur lui, extrêmement gênée. C’était complètement débile de ma part, parce qu’il est certain que ce bateau n’a rien à craindre de l’orage avec toi à bord. Quand j’ai dit ça toute à l’heure, ce n’était pas du tout une insulte envers toi ou ton pouvoir. Non, non, non, je ne pensais vraiment pas mal ! J’avais juste l’espace d’un instant oublié que tu étais la Foudre Noire. Enfin non, pas vraiment oublié parce que ce genre de chose ne s’oublie pas justement. Corrigea-t-elle en secouant la tête. Mais je ne sais pas pourquoi, mon cerveau a dû avoir une sorte de problème à ce moment-là, comme un ralentissement ou l’envie de ne plus réfléchir pendant quelques secondes. C’est un peu compliqué à expliquer… Bref, je suis désolée ! Finit-elle en reprenant son souffle.

Pourquoi avait-elle toujours cette manie de paraître encore plus ridicule qu’elle ne l’était déjà quand elle essayait de se justifier ?

- Tu sais, à propos de l’alcool, tu ne manques pas grand-chose… Lança-t-elle pour oublier ce malentendu et essayer de le réconforter quelque peu. Cette boisson fait tellement de ravage qu’il vaut mieux ne pas y toucher. As-tu déjà vu des personnes totalement ivres ? Tellement qu’elles ne peuvent plus tenir debout et faire trois pas sans s’étaler lamentablement sur le sol, tellement qu’elles vomissent violemment leurs entrailles, tellement qu’elles ont soudainement un comportement étrange… Et effrayant. Murmura-t-elle en se rappelant de son enfance. Le thé, c’est bien meilleur et ce n’est pas nocif ! Que demande le peuple ? Conclut-elle en souriant, comme pour effacer, l’espace d’un instant, ses souvenirs.

Elle regarda l’intérieur de sa tasse, remarqua que le liquide avait considérablement diminué depuis le moment où Sazorys la lui avait donnée – Ce qui était d’ailleurs assez logique… - et porta tout particulièrement son attention sur les résidus qui se trouvaient tout au fond. Cette poussière de feuilles de thé. Elle inclina doucement son mug de gauche à droite, essayant d’imaginer des êtres minuscules nageant avec force pour ne pas être entraîné par le courant et hurlant de terreur. Si elle se concentrait bien, elle pouvait même ressentir leur peur envers l’océan dans lequel il flottait. Elle détourna son regard et ne put qu’éprouver de la compassion pour eux. Elle secoua la tête et adressa un sourire de provocation au jeune homme.

- Très bien, je te lance donc le défi de diminuer cette aversion que j’ai pour l’eau jusqu’à la fin de ce séjour. Tous les coups sont permis, même si je pense que me jeter à la mer ne ferait qu’empirer les choses. Rit-elle fébrilement, tentant, prévenante, d’écarter cette idée de la tête de Sazorys. De mon côté, je promets de ne pas mentir : si, par chance, je n’avais plus peur, je promets de le dire. J’espère cependant que tu n’es pas mauvais joueur… Ajouta-t-elle, avec un regard amusé.

Sur ces mots, adressant maladroitement quelques excuses aux résidus qui baignaient encore dans son thé, elle porta la tasse à ses lèvres et finit entièrement sa boisson. Ne serait-il pas temps de dompter cette phobie ?

« Les légendes concernant son navire », avait-il dit quelques minutes plus tôt? A quels mythes faisait-il allusion ? Elle n’en n’avait jamais entendu parler et était même curieuse de découvrir de croustillantes histoires… En quête de connaissance et ne désirant pas déranger le corsaire, elle s’allongea sur le lit de façon à tendre son bras vers la table de chevet et de troquer sa tasse de thé contre le vieil ouvrage de Sazorys. Si elle voulait comprendre l’évocation du jeune homme, elle devait peut-être rapidement se renseigner. L’espace de quelques secondes, elle posa le livre sur ses genoux et lança un regard insistant au pirate, comme si elle essayait de lui demander la permission de le feuilleter. Puis, elle l’ouvrit avec précaution en ayant la désagréable impression que le recueil pouvait partir en miettes à chaque instant si elle n’y faisait pas attention. Une odeur de rancissement s’éleva dans les airs. Son regard parcourut la double page jaunie par le temps. Mais elle eut beau lire, s’évertuer à décoder ces schémas, tenter de décrypter ces phrases, chercher à en extraire un sens, à les interpréter : elle ne comprenait rien. Au bout d’une ou deux minutes seulement, elle soupira et abandonna son déchiffrage. Ses pupilles remontèrent lentement et elle fut surprise d’identifier une seule chose… La date. Elle passa doucement ses doigts sur les élégantes lettres finement tracées, les battements de son cœur commençant doucement à s’agiter.

- 1er Maïdara, année 341 AP C.Z. Lut-elle dans un souffle en caressant la feuille. C’est drôle… Je suis tombée sur la page écrite le jour de ma naissance… Quelle coïncidence ! S’exclama-t-elle en refermant délicatement l’ouvrage, un sourire aux lèvres. Enfin bref, comment tu auras pu le constater, je ne connais rien aux pirates et aux navires. La preuve, j’en viens à penser que l’Homme aux Cartes joue réellement aux cartes. Totalement ridicule… Alors pourquoi ne pas m’éclaircir sur les légendes de l’Orage Céleste, de façon à ce que je m’instruise un peu ? Je raffole des histoires !

Sur ces mots, elle se cala contre les oreillers, impatiente. Quelques temps plus tard, Kerberos la rejoignit paresseusement et posa sa tête sur ses jambes repliées en tailleur. Elle le chatouilla au niveau de sa tête avant de le laisser tranquille.

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Sazorys L. Sölreyn
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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Jeu 5 Mai - 14:44

Oui, il était foncièrement stupide qu’une personne présente sur ce navire craigne la foudre, ou plus généralement les orages. Au contraire, avec ce navire, ils étaient annonciateurs d’une belle traversée, et une protection contre les autres équipages qui auraient l’audace de vouloir s’en prendre à eux et les prier. Pourtant, la demoiselle ne semblait pas totalement convaincue. Dommage, elle obligeait Sazorys à utiliser les grands moyens. Sans prendre la peine de lui demander son avis ou de la prévenir, il lui prit la main, et de l’électricité se mit à crépiter autour du bras du pirate, telle une myriade d’étincelles, avant de se prolonger sur celui de la jeune fille. Il sourit doucement.

- Je ne maîtrise pas la foudre à proprement parler. Je suis incapable, par exemple, de lancer des éclairs ou de diriger la foudre sur un ennemi. En vérité, je suis capable de créer de l’électricité seulement autour de mo corps, et par extension, ce que je touche. Ce qui fait que, si je le désire, tout ce qui m’effleurera alors que j’use de mon pouvoir sera réduit en cendre. Et réciproquement, je peux l’étendre sur ce que je touche pour les protéger. Je l’ai dis, la foudre est mon amie.

Il cessa son petit tour de magie et lâcha la main de Maya, puis lui ébouriffa rapidement les cheveux une fois encore. Il fallait avouer que c’était amusant. Il la laissa parler un peu, achevant de vider sa tasse de thé, et alla reposer la coupe vide sur une table encombrée un peu plus loin. Vraiment, cette cabine méritait un gros nettoyage. Sazorys retourna à sa place initiale.

- Des hommes ivres, si j’en ai vu ? Mais petite pucelle, je suis pirate ! L’ivresse est mon pain quotidien, lança-t-il, taquin. Mon équipage est un amas d’alcooliques, et moi-même le tenant très mal, j’en ai fait les frais. A la différence que je sais encore marcher. Mon problème, c’est que je délire complètement, et que le lendemain de ma jolie cuite, je me souviens de tout. Il tira la langue ou se donnant un petit coup de poing sur la tête, se moquant de lui-même. Heureusement, un homme n’est pas ivre que lorsqu’il boit. Personnellement, je suis tout le temps ivre. Ivre de liberté, d’aventure, de découverte, de rencontres. Ivre de vivre, même si mes jours sont comptés. J’essaie de savourer au maximum.

Elle évoqua ensuite sa date de naissance. Intéressant. Le premier Maïdara, c’était dans deux jours. Cela serait amusant de fêter cet évènement, et ce serait une bonne occasion pour l’équipage de s’amuser et se détendre un peu. Se relaxer faisait toujours du bien, surtout que malgré les apparences, certains hommes trimaient comme des bêtes à bord de ce raffiot.

- Si je me souviens bien de ce petit bouquin, ce sont des mots écrits par Cynrä. J’avais douze ans à ce moment-là. Je ne la connaissais pas encore, puisqu’elle m’a récupéré quand j’en avais quatorze. Non, j’étais encore avec ma mère. Cette page décrit une grande découverte qu’elle a réalisé peu avant. Elle avait accosté sur une île minuscule, recensée sur aucune carte, qu’elle a elle-même ajouté, décrit, dessiné, avec sa faune, sa flore, sa taille, sa localisation, son climat, tout. Et si ce même jour tu es née … Que dirais-tu de fêter ton anniversaire avec nous ? Dix-huit ans, ça ne doit pas se manquer !

Enfin, lui n’accordait aucune importance à ce genre de chose, mais il savait que pour les gens du continent, les anniversaires étaient des moments particuliers, où le natif recevait un présent. Dommage, il n’avait aucune cadeau à lui offrir, il faudrait se contenter de la bonne ambiance. Et puis, il ne devait pas oublier qu’il avait un pari à tenir … Et une légende à raconter.

- Bien, commençons par la plus connue. Comme tu as pu le remarquer, mon navire est entièrement noir, la couleur naturelle du bois avec lequel il a été bâti. Un bois inconnu. Chaque génération de capitaine l’a montré à des experts, et aucun n’a pu l’identifier. La légende veut donc qu’il y a très longtemps, un vieil ébéniste reçu d’Hërya l’ordre de réaliser la plus sublime œuvre de Zërya. Pour cela, elle créa rien que pour lui un arbre sans nom, unique, possédant le bois le plus beau, le plus solide et le plus agréable à travailler qui existe. Il en fit un navire, se reconvertit un pirate et en devint le capitaine. Hërya applaudit la beauté du voilier, et le nomma « Orage Céleste » avant de faire promettre à l’ébéniste de ne jamais révéler le nom de l’arbre, et donc du bois, qui avait servi à sa construction. Et depuis, il sillonne les océans. Du coup, la seule à connaître le fin mot de cette histoire, c’est la Déesse-Mère. Généralement, quand quelqu’un me demande quel est le bois utilisé, je réponds par cette légende. Après tout, je dois entretenir le mystère, non ?

Sazorys s’autorisa un petit clin d’œil mutin, et rit sous cape, comme à son habitude.

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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Mer 1 Juin - 20:56

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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Sam 18 Juin - 22:55

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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Ven 29 Juil - 12:32

Nathaniel A. Phoeny a écrit:
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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Ven 5 Aoû - 11:13

[Gomeeeen! ><]

- Qu’est-ce que… Commença la jeune femme, étonnée qu’un homme – Ou d’une façon plus générale, qu’une personne – lui prenne spontanément la main.

En une fraction de seconde, elle sentit la paume douce du corsaire contre la sienne moite, elle se questionna sur la signification de ce geste, eut soudainement la vision de couples ridiculement amoureux se tenant en entrelaçant pitoyablement leurs doigts, se demanda par quelle farce de Finraël elle en était arrivée là et la maudit intérieurement.

Mais elle écarquilla les yeux, arrêtant brusquement de traiter le pauvre Esprit de toutes les insultes qu’elle connaissait. Devant elle, sur le bras du pirate, venaient d’apparaître des scintillements qui dansaient joyeusement une valse endiablée. Maya ouvrit la bouche pour hurler à Sazorys de faire attention parce qu’il se passait quelque chose d’étrange. Cependant, elle n’en n’eut pas le temps car une étincelle lui picota soudainement l’avant-bras en crépitant. En voyant son membre dangereusement recouvert d’éclairs-à-échelle-réduite, elle referma brutalement ses paupières, serra ses dents et, inconsciemment, crispa ses doigts en enfonçant ses ongles dans la main de la Foudre Noire. Mais s’attendant à recevoir une décharge électrique monumentale, elle fut surprise de constater que cette sensation n’avait rien de désagréable. Ce déferlement de pouvoir ne lui faisait aucun mal. C’était juste secouant et étrange. Très étrange. Elle releva son visage, surpris et apeuré, vers celui de Sazorys. D’un calme aussi flegmatique que celui d’Ahilen, il souriait. Alors qu’elle était en train de se faire bouffer le bras par des sortes d’éclairs aussi fous que l’homme qui lui tenait toujours la main, il … Souriait ! Se moquait-il d’elle ? Lui avait-il tendu un piège ? Avait-il voulu gagner sa confiance dans le seul but de…

Elle resta stupéfaite. Aussi rapidement qu’elles étaient apparues, les petites étincelles disparurent sans lui faire aucun mal. Elle desserra sa poigne et retira sa main avec hésitation en constatant que celle du pirate était maintenant rouge par sa faute.

- C’est incroyable… Dit-elle dans un souffle. Moi qui croyais que la foudre était une énergie meurtrière et difficilement contrôlable. Elle peut en fait être totalement inoffensive. Et quelle magie sublime ! Je n’avais jamais vu quelque chose d’aussi jolie et étincelant.

Se remettant lentement de ses émotions, elle inspira doucement et releva son regard sur le visage de Sazorys. Tout en le dévisageant, elle l’écouta en silence, ne pouvant s’empêcher de sourire en entendant sa définition de l’ivresse. Jamais elle n’avait vu les choses sous cet angle.

- Même si vos jours sont comptés ? Tiqua-t-elle soudainement dans un murmure.

Le visage de Maya s’assombrit. Elle eut beau essayer de décrypter ces mots pour en tirer un autre sens que celui auquel elle pensait – Peut-être était-ce une expression de la piraterie ou un jeu de mots qu’elle n’avait pas perçu -, elle en arrivait toujours à la même conclusion. Elle ouvrit la bouche, en quête de connaissance, mais elle la referma aussitôt.

Elle se souvenait soudainement du jour où elle avait vu Sazorys pour la première fois. Cela lui paraissait tellement proche et lointain en même temps. C’était à la fête de l’Ode aux Oiseaux. Elle l’avait d’abord aperçu dans la grande salle de bal, fendant la foule avec une éloquence admirable, aux côtés du Roi des Pirates. Elle se rappelait du premier regard qu’il lui avait lancé, du premier sourire qu’il lui avait adressé, du premier discours qu’il lui avait débité. Elle se rappelait avec amusement lui avoir servie d’un bouclier contre un simple chat. Puis, elle s’était réellement intéressée à lui en pénétrant dans la réunion dite secrète, regroupant toutes les personnes les plus importantes de Zërya, excepté les Esprits. C’est ici qu’elle l’avait vu pour la première fois tousser violemment en rejetant du sang. Mais ce n’était même pas le pire. Elle se rappelait désormais d’avoir vu une parcelle des souvenirs de Sazorys grâce à la agie de Finraël. Expériences de l’Organisation Mirror. Le pirate était-il sur le point de mourir ?

Elle releva son regard vers l’homme, une lueur de compassion brillant inconsciemment dans ses yeux. Avait-il peur ? Etait-il angoissé ? Souffrait-il ? Comment le vivait-il ? Depuis combien de temps était-il dans cet état ? Pourquoi avait-il été choisi par l’Organisation Mirror ? Des dizaines de questions se bousculaient dans sa tête à un rythme effréné. Mais même si elles lui brûlaient les lèvres, elle n’osait pas les poser au capitaine de ce bâteau. Ces salopards. L’Organisation Mirror était vraiment une bande de salopards insensibles et égoïstes.

- Fêter mon anniversaire ? Dit-elle en écarquillant les yeux. Mais je ne sais pas comment il faut s’y prendre, je n’ai même jamais fait une telle chose avec une personne différente de Kerberos. Enfin si… Une fois.

Une fois seulement. L’année précédente. Drystand Séïnis. Une des personnes avec qui elle était la plus proche. Elle se rappelait qu’il l’avait emmené, avec ce magnifique sourire aux lèvres, en haut de la Tour du Royaume de Rayör. Il avait acheté de parts d’îles flottantes et ils les avaient mangées en riant. Drystand Séïnis… Elle n’avait dû le voir que deux ou trois fois après cette inoubliable journée. Elle n’avait plus de nouvelles de lui depuis maintenant des mois. Tellement qu’elle se demandait à présent s’il n’avait pas été capturé par l’Organisation Mirror.

Elle secoua la tête pour sortir de ses pensées et ne pas se laisser aller à la tristesse et la nostalgie.

- Ca me plairait beaucoup de fêter mon anniversaire ici ! S’exclama-t-elle avec un sourire. Et puis, de toutes façons, ce n’est pas comme si j’avais le choix… Ajouta-t-elle avec une fausse mine de soumission avant de rire.

Elle écouta attentivement son histoire sur l’Orage Céleste. Sazorys semblait absorbé par son récit alors qu’il le racontait. Il avait ce regard pétillant qu’il arborait tout le temps. Il était effectivement d’un naturel joyeux, en tout cas c’est ce qu’elle avait remarqué, et c’en était tellement agréable.

- Ce n’est pas très sympathique de répondre à un mystère par un autre mystère… Remarqua-t-elle en feignant la déception. Regardez, c’est comme si je vous disais… Enfin te disais que les îles flottantes, par exemple, étaient cuisinées… Avec des œufs de… Non, attends, ça ne marche pas. Comprit-elle en cherchant autre chose. Ah voilà ! C’est comme si je te disais que les îles flottantes devaient être présentées avec une crème anglaise onctueuse. En fait, non, ça ne marche pas non plus… Observa-t-elle après avoir analysé sa phrase. Enfin, vous avez compris l’idée, n’est-ce pas ? Finit-elle avec un sourire gêné.

Elle se releva du lit pour marcher un peu dans la pièce et s’approcha de la fenêtre. Les rayons de lune se reflétaient sur l’eau avec des éclats de lumière magnifiques. Ils avaient parlé tellement longtemps et elle ne s’en était même pas rendu compte !

- Vous me… Tu ne me croiras pas mais il fait déjà nuit ! Lui annonça-t-elle comme si c'était la chose la plus incroyable.

Elle se retourna vers Sazorys et s’approcha de lui avec un embarras non dissimulé.

- Dîtes… Commença-t-elle en baissant son regard. Je suis désolée mais je n’arrive vraiment pas à vous tutoyer…

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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Jeu 11 Aoû - 17:56

Sazorys se permit un doux sourire en la voyant accepter sa magie. Dans le fond, ce n’était qu’un bouclier, mortel certes, mais un bouclier malgré tout. Une protection pour sa vie déjà bien écourtée. Il n’était pas le genre d’homme qui se plait à se battre ou se délecte du meurtre, un pouvoir purement offensif aurait été en désaccord avec sa nature. Mais son désir de sécurité se reflétait parfaitement dans cette barrière électrisée. Et son envie de protéger ceux dont il est proche aussi. Les murmures de la jeune fille cassèrent toutefois sa légèreté. Mais au fond, pouvait-il lui en vouloir ? Il était légitime qu’elle soit intriguée. On ne voyait pas toujours un pirate cracher ses poumons dans une marre de sang, ni parler comme si cette journée était la dernière. Ecartant une mèche de cheveu barrant son visage, il répondit dans un chuchotement un brin attristé :

- Quand on est malade, on ne sait jamais quand Mëris va venir nous chercher. Inutile de se mettre une durée en tête, on sait pertinemment que notre sort est imprévisible.

Il voulu ajouter qu’il n’était pas à plaindre, que malgré tout sa vie lui plaisait, mais il préféra se taire. A quoi bon mentir ? Sa crainte, cette atroce peur de mourir, devait probablement se lire sur son visage crispé. Être conscient qu’il pouvait disparaître demain comme dans dix ans l’empêchait parfois de dormir et cela il ne se voyait pas le cacher. Quand il vit la compassion dans les yeux de Maya, il eut envie de fuir. Il détestait ce regard-là. Mais il ne dirait rien, parce qu’il n’y avait rien à dire. Autant changer simplement de sujet, oublier cette incartade. Si elle avait des questions à lui poser, il lui répondrait, et c’est tout.

- Il n’existe pas de manuel pour fêter à anniversaire. Il suffit simplement de s’amuser, entouré de gens chaleureux et d’un bon gâteau. On fera une escale, on commandera des piles flottantes dans une taverne et on s’amusera. Qu’en penses-tu ? Tout le monde ne peut pas se vanter d’avoir fêté son anniversaire avec des pirates !

Il lui lança un clin d’œil malicieux et la laissa regarder par la fenêtre. Sa théorie des îles flottantes n’étant pas des plus compréhensibles, il réfléchit à une histoire qui pourrait amuser la jeune fille. Mais avant, il désirait sortir de cette cabine encombrée. Attrapant Maya par l’épaule, il lui demanda gentiment de la suivre et ouvrit la porte, s’engouffrant à l’extérieur. Aussitôt, l’air frais du soir vint lui mordre le visage et il ferma les yeux pour savourer cette douce sensation, mêlée au vent dans ses cheveux, à l’odeur du sel et de la mer, au goût de la liberté et le son des vagues se fracassant contre la coque.

Avançant sur le pont, la demoiselle a ses côtés, il rouvrit les paupières et scruta la lune, entourée de ses amis les étoiles. Sazorys tendit la main comme pour en attraper une, puis laissa son bras tomber le long de son corps. Souriant doucement, il soupira de bien-être.

- Voilà pourquoi j’aime naviguer. Toutes ces sensations, il n’y a qu’en mer que je les ressens. Le ciel étoilé au dessus de l’océan à perte de vue, ça un comme un goût de liberté. Tu sais Maya, ce qui me permet de ne pas sombrer malgré ma peur atroce de quitter la vie, c’est bien cette liberté. J’ai trop longtemps été enfermé, bridé, étouffé. Moi ce que je désire, c’est être libre, complètement libre.

Le pirate s’allongera alors sur le bois du pont, aussi étrange cela soit, et passa ses bras derrière sa tête, scrutant le ciel nocturne.

- Quand j’étais gamin, je vivais dans les rues. J’étais pauvre, maigre et analphabète, mais j’étais libre. Je vivais avec une bande d’orphelins comme moi, on pillait, on jouait, on survivait comme on pouvait, mais on était heureux tous ensemble. Un jour j’ai voulu plus que ce que je n’avais, plus que je n’étais en droit d’avoir, et j’ai été puni pour mon orgueil. C’est stupide, parce que si je n’avais pas été aussi faible et envieux, je n’en serais pas là aujourd’hui. Je serais avec les autres, à rêver d’aventure, et on serait partis tous ensemble, avec un radeau, puis un vrai voilier, on serait devenus des pirates et adieu la famine.

Un air empreint de nostalgie se dessina sur son visage, bien vite chassé par son regard espiègle fixé sur la lune.

(Désolée c'est pas génial)

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MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Lun 29 Aoû - 19:30

Bouche close. La jeune fille aux cheveux argentés écouta en silence les paroles de Sazorys à propos de la Mort. La Grande Faucheuse. La Flamme menant les âmes au Paradis ou aux Enfers selon son humeur. Décrite comme une femme douce à la longue chevelure aussi blanche que la neige, presque translucide. Cette entité qu’était Mëris lui paraissait si peu familière, si lointaine.
Regard perdu dans la vague. Maya ne s’était jamais vraiment posée de questions sur la façon dont ses jours prendraient fin. Certes, elle était consciente que cette étape de sa vie arriverait à un moment donné. D’autant plus qu’elle vivait depuis longtemps, comme la plupart des Zëryens, dans la crainte constante des agissements de l’Organisation Mirror - Elle ne savait d'ailleurs plus exactement quand ce cauchemar avait débuté mais cela lui paraissait être une éternité - . Cependant, jamais elle n’avait orienté ses pensées vers l’événement précis qui causerait sa perte.
Soupir découragé. Jusque-là, elle avait vécu au jour le jour. Préférant penser que son destin était tout tracé. Que quoi qu'elle entreprenne, quoi qu'elle fasse, elle mourrait à la date qu'avait choisit les Grand Esprits. S’imaginant sans doute, de façon inconsciente, une fin similaire à celle des contes Zëryens. Ceux où la jolie héroïne s’endort simplement en compagnie de son Invocation. Ceux où, allongée dans un magnifique parc fleuri et parfumé, elle ferme finalement les yeux, comme si elle se mettait à rêver, pour ne plus jamais leur laisser voir le jour.
Mains crispées. Mais maintenant qu’elle y pensait avec plus d’intérêt, elle se rendait compte combien elle était une femme naïve – Ou peut-être apeurée par la souffrance qu’elle serait amenée à supporter - . Vu la tournure des événements, elle mourrait probablement dans les prisons de l’Organisation Mirror. Peut-être de manque de nourriture, après de longues séances de torture mettant son corps à sang ou suite à de nombreuses expériences scientifiques plus horribles encore que celles qu’elle pouvait imaginer dans ses pires songes.

Le soulagement que Maya ressentit lorsque le pirate l’entraîna à l’extérieure était indescriptible. Un peu plus et elle se serait perdue dans ses idées noires. Elle ne put étouffer une exclamation de plaisir en sentant le vent frais de la nuit sur sa peau... Rapidement balayé par sa peur de l’eau qui cognait contre la coque du bâteau à intervalle régulier. Elle écarta légèrement les jambes, comme pour s’assurer qu’elles la supporteraient bien en cas de manœuvre brusque. Devinant le balancier du voilier, elle sentir son estomac se tordre dans son ventre et y appuya rapidement sa main en serrant ses dents. Comme si ces gestes empêcheraient une disgracieuse remontée digestive. Instinctivement, elle se rapprocha de Sazorys, le suivant de très près comme si elle était effrayée à l’idée de le perdre - Sur le pont d’un navire ! -. Il lui avait promis qu’elle était en sécurité sur l'Orage Céleste. S’il lui arrivait quoique ce soit, ce serait de sa faute !

- Lorsque vous… Etiez prisonniers aux mains de l’Organisation Mirror… Commença-t-elle dans un murmure en évitant de regarder son interlocuteur de peur d’aborder un sujet dont elle n’avait pas le droit de parler. Vous avez subi des… Expériences ? J’ai lu, à plusieurs reprises des témoignages effrayants, à propos des laboratoires notamment. Des conditions épouvantables. Des tortures atroces. Et je me rappelle précisément vos souvenirs que vous avez partagés lors de la fête de l’Ode aux Oiseaux il y a de cela plusieurs mois. Et… Et je me souviens avoir vu la manipulatrice de l’air de l’Organisation Mirror. Aubre. Dit-elle avec, instinctivement, une pointe de rage dans la gorge. Et je voulais savoir si vous… La connaissiez. En réalité, je m'intéresse à elle...

Elle leva son regard vers les étoiles étincelantes, respirant le plus calmement possible. L’une des caractéristiques des assassins était de se renseigner sur son adversaire avant tout agissement. Récolter le plus d’informations possible sur l’ennemi afin d’avoir toutes les cartes en main. Ne pas se jeter dans la bataille comme elle aurait tendance à le faire si jamais elle se retrouvait nez à nez avec cette femme répugnante. Elle devait se renseigner. Et elle arracherait par la suite de ses propres mains le cœur de la poitrine de cette garce. Elle s’en était faite la promesse. Elle inspira une grande bouffée d’air frais pour calmer sa rage. Il était inutile de s’énerver pour le moment.

- Comment avez-vous deviné que les îles flottantes étaient mon dessert préféré ? S’exclama-t-elle avec un sourire réjoui et un regard émerveillé. Les histoires à propos de vous sont donc vraies, vous êtes vraiment intelligent. J’imagine que vous aussi vous les aimez, non ? Ajouta-t-elle avec un sourire gourmand. Ca me touche beaucoup que vous acceptiez de fêter mon anniversaire avec moi… Je suis certaine que je passerai un très bon moment avec vous. Seulement si vous ne m’obligez pas à danser parce que je ne suis pas très talentueuse ni gracieuse…

Etonnée, elle haussa un sourcil en voyant Sazorys s’allonger à même le sol. Elle le dévisagea d’abord, se demandant s’il allait bien ou si c’était une habitude des pirates qu’elle ne connaissait pas. Cessant de se poser des questions, elle prit finalement place à ses côtés en prenant soin de laisser un espace relativement important entre eux deux. Et, en écoutant la Foudre Noire lui confiait certains de ses souvenirs, oubliant le clapotis perpétuel qui lui rappelait qu’elle voguait sur son pire cauchemar, elle observa à son tour la beauté de la courbe céleste.

- Les étoiles m’ont toujours fasciné. Avoua-t-elle en portant son attention sur les parties étincelantes de ce ciel d’un noir d’encre. J’aimerai tellement pouvoir les toucher de mes propres doigts, savoir la sensation qu'on pourrait ressentir, les voir de plus près. Dit-elle en tendant mécaniquement son bras droit aussi loin qu’elle en était capable. Mais qu’importe à l’altitude à laquelle je m’élève dans le ciel quand je vole avec Kerberos, je n’ai pas la réelle impression de m’en rapprocher… Déplora-t-elle en soupirant. J'y pense! Sazorys, avez-vous déjà volé ? Demanda-t-elle soudainement en tournant la tête vers lui, un sourire espiègle étirant ses lèvres.

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L'Air du Vent.
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Sazorys L. Sölreyn
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Origine : Garënor.

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Catégorie sociale - Budget : Classe moyenne
Statut dans la guilde : Capitaine d'un navire (L'Orage Céleste).
MessageSujet: Re: L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]   Jeu 1 Sep - 19:58

Sazorys ne manqua pas de remarquer la tracas qu’il venait de provoquer chez la jeune fille. Là n’était pas son but, et par-dessus le marché il n’était pas très doué pour réconforter. Il aurait mieux fait de se taire. Pourquoi partager ses craintes ? De toute façon, personne ne pouvait rien y faire. Bercé par le roulis des vagues, il ferma les yeux, plongé dans une réflexion silencieuse, et ne les rouvrit que plus tard, sûrement lorsqu’il eu obtenu la réponse qu’il cherchait.

- Ne crains pas la mort, murmura-t-il d’une voix sûre. Seuls des gens stupides et faibles comme moi sont assez lâches pour en être apeuré. Tu es une jeune fille adorable, tu n’as pas à te préoccuper de ce genre de chose. En temps qu’assassin, tu prends des vies, et même si viendra le jour où on prendra la tienne, mieux vaut ne pas y penser. C’est lorsque l’on s’enferme dans la peur de mourir que nous ne sommes plus vivants.
Il écouta calmement ce qu’elle avait à dire, à lui répondre. Oh bien sûr qu’on ne l’obligerait pas à danser. Un anniversaire devait être joyeux, pas source de honte ou d’angoisse, ce serait ridicule, si stupide que lui-même n’oserait pas malgré son esprit parfois défaillant du point de vue intelligence. Sazorys laissa échapper un petit rire.

- Un pirate qui danse n’est pas vraiment gracieux, tu sais. Nous ne sommes pas comme les nobles du continent avec leurs soirées mondaines et leurs diners incessants. Il lui adressa un clin d’œil et ajouta sur le ton du confident. Nous préférons nous amuser plutôt que de respecter l’étiquette.

Définitivement, les bonnes manières n’étaient pas pour lui. Il préférait renverser une coupe de vent sur la si compliquée coiffure d’une dame de la haute société plutôt que de le boire le petit doigt en l’air. Sans parler des mets ô combien raffinés, tellement fins qu’ils n’étaient même pas capables de couper la faim. Autant ne pas manger, ce genre de plats étaient parfaits pour les anorexiques, pas pour les hommes qui partent en mer pendant parfois plusieurs mois. Les seuls gestes qu’il empruntait volontiers aux paons de la basse-cour, c’était courbettes et révérences, à but tout aussi bien humoristique que charmeur.

- Disons que ton engouement pour ce dessert est assez évident, répondit le pirate à cette question. L’intelligence n’y est pour rien, je ne sais même pas lire une carte correctement. Ne croyez pas tout ce que les gens disent, jeune fille. Retour au vouvoiement de circonstance. Les rumeurs vont toujours bon train mais finissent toutes déformées, pour peu qu’elles ne soient pas erronées à l’origine même.

Il se redressa, se tenant à présent assis en tailleur sur le pont brillant. Ses hommes faisaient là un excellent travail. Mais s’ils n’étaient bons qu’à passer la serpillère, ils n’iraient pas bien loin. Le sujet de nouveau abordé lui plaisait bien que les moqueries des nobles, mais puisqu’il était son hôte, autant être courtois et accéder à ses quelques requêtes. Il entama dans un murmure empreint de mauvais souvenirs :

- Si j’ai subi des expériences ? Mon corps en témoigne toujours, sans tout cela j’aurais encore de longues années devant moi. Les témoignages ne sont pas grand-chose, il faut le vivre. Il n’y a rien de plus horrible que de perdre tout espoir … Son regard se fit douloureux, mais il chassa aussitôt ces souvenirs. Désolé mais je n’ai aucun nom, que des visages tout au plus, et Aubre ne me dit rien.

Bien heureusement la conversation dériva ailleurs, plus loin dans l’infini du firmament. Toucher les étoiles ? Le pirate n’y avait jamais pensé. Le ciel ne l’intéressait pas, il était un homme d’eau et de marées, et le craquement du bois d’un navire était à ses oreilles un son plus doux que le sifflement du vent dans ses cheveux. Sazorys leva les yeux vers cette multitude de points brillants à l’horizon, un peu rêveur.

- Un grand scientifique, un chercheur ou un astrologue serait capable de te dire de quoi est constitué une étoile. Moi, je ne peux pas. Mais peut-être les Grands Esprits sont-ils au courant de ce secret. Tu devrais les questionner sur ce sujet si tu en croise un.

Ce qui n’était pas gagné. On en parlait beaucoup, on les voyait peu. Ces derniers mois leurs noms étaient associés à celui de Mirror, et on craignait de les voir débarquer un beau matin pour disparaître entre les mains de tous ces monstres. Mais eux pirates préféraient rester en dehors de toutes ces querelles. Après tout ils ne portaient de guilde que le nom, ils étaient une famille libre et avaient toujours pris la parti de la neutralité dans les conflits. La politique, bien peu pour eux.

- Nous, marins et pirates, utilisons les astres pour naviguer, expliqua la Foudre Noire. On se repère dans l’immensité de l’océan grâce aux constellations, à l’Etoile du Nord, la position du soleil ou encore la force et la direction du vent. Nous nous servons de la nature pour nous mener là où nous le voulons. On voyage au gré des caprices de l’air marin.

Apprendre était difficile au début. Contrairement aux rumeurs, les pirates n’étaient pas que de simples ivrognes écervelés. Il en fallait dans la tête pour réussir à maîtriser toutes ces notions, les utiliser intelligemment et ne commettre aucune erreur. Dans la navigation, un faux pas lors d’un passage difficile pouvait signifier la mort. Perdus en pleine mer, ils n’avaient plu que leur foi pour les sauver.

- Non, je n’ai jamais volé. Je suis pirate, pas aviateur, ma place est sur l’océan et non pas dans les nuages. A sa remarque sur la distances des étoiles, il ne put s’empêcher de rétorquer quelques mots d’un ton plus sérieux. Il n’y a que les fous qui puissent atteindre le ciel, parce qu’il faut être fou pour vouloir se brûler les ailes. A trop approcher du soleil, on finit aveuglé par sa lumière, incapable de voir autre chose que sa propre perte.

Une vieille légende revint en mémoire à Sazorys qui vint s’adosser au mât, fixant toujours le ciel au dessus d’eux, le regard rivé sur la sœur du soleil.

- On raconte qu’il existait autrefois deux lunes. Un jour l’une d’elle est tombée amoureuse du soleil et a voulu s’en approcher, toujours plus près. Puis arriva le moment où, trop proche, elle se fissura. De ses entrailles jaillirent des milliers de dragons qui vinrent se nourrir du feu du soleil, puis le plus puissant d’entre eux, si grand, si beau, créa Zërya grâce à son souffle de braise, soutenu par un fragment de la lune et du soleil, un éclat d’étoile, la seule brise de l’Infini et une goutte d’eau solitaire.

Nërio, Käline, Këline, Hërya, Ahilen et Jaïnisse. Cette légende était-elle vraie ? Il n’en savait rien. Mais elle existait.

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Sazorys L. Sölreyn.
La rhapsodie funèbre du damné s'élève,
Mélancolique.


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L'eau ça mouille! [PV : Sazorys]
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